L’ASSE envisage un retour en force

« Il est plus facile de mobiliser [nos membres] lorsque les libéraux sont au pouvoir, en raison de leur tendance à couper dans les services publics », selon Justin Arcand, porte-parole de l’ASSE.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir « Il est plus facile de mobiliser [nos membres] lorsque les libéraux sont au pouvoir, en raison de leur tendance à couper dans les services publics », selon Justin Arcand, porte-parole de l’ASSE.

La centaine de délégués de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) réunis en congrès annuel samedi et dimanche ont choisi de recentrer leur campagne nationale. Après avoir abordé le grand thème de l’austérité pour l’année scolaire 2013-2014, ils se concentreront sur la lutte contre la marchandisation de l’éducation.

 

« Il est plus facile de mobiliser [nos membres] lorsque les libéraux sont au pouvoir, en raison de leur tendance à couper dans les services publics, a indiqué au Devoir Justin Arcand, porte-parole de l’ASSE. Donc, on a une volonté de revenir en force en septembre », notamment à travers des manifestations.

 

« Les annonces du Parti libéral du Québec [quant aux coupures dans les services publics] laissent un goût amer pour les mois à venir », a poursuivi le porte-parole.

 

« Parler d’éducation, c’est notre domaine, c’est ce que nos membres connaissent le plus », a indiqué M. Justin Arcand.

 

« À la suite des millions de dollars de coupures qui ont été faits dans le domaine de l’éducation [au fil des années], on se doit d’exiger un réinvestissement, puis on abordera les coupures dans les autres domaines. »

 

Droits de scolarité à l’ordre du jour

 

Sans surprise, la question du gel des droits de scolarité et de la gratuité scolaire ont été au centre des discussions. « C’est logique de parler de gel pour s’en aller vers une réduction progressive des frais de scolarité et éventuellement atteindre la gratuité, a affirmé Justin Arcand. On sait que la gratuité [scolaire] n’arrivera pas demain. »

 

L’ASSE aura aussi comme cheval de bataille les droits de scolarité des étudiants français, dont ils contestent l’augmentation annoncée par le gouvernement libéral, et les négociations de la convention collective des secteurs publics et parapublics à venir, qui concernent directement les conditions de travail des enseignants.

 

Pour le professeur de philosophie et chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques, Éric Martin, le « détournement des finalités de l’enseignement » vers la « logique économique » est un des dossiers pressants à aborder.

 

L’Association ne vise pas à faire table rase de la campagne précédente, précise Justin Arcand. « Ça va se faire en continuation avec la campagne sur l’austérité, mais davantage autour de la qualité de l’accessibilité aux services publics dans le contexte d’austérité. »

 

Il admet que la mobilisation a tardé l’année dernière, alors que les premières manifestations ont été peu suivies. L’ASSE tentera de corriger cette faiblesse cette année.

 

Le congrès annuel était aussi l’occasion d’élire le nouveau conseil exécutif de l’ASSE, qui entrera officiellement en poste au mois de juin. Les nouveaux porte-parole seront quant à eux élus d’ici le début de l’été.