Un ministre, deux ministères et un milieu perplexe

Yves Bolduc sera ministre de l’Éducation du Loisir et du Sport de même que ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de la Science
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir Yves Bolduc sera ministre de l’Éducation du Loisir et du Sport de même que ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de la Science

La confusion entourant les tâches et les ministères qui seront sous la responsabilité du nouveau ministre de l’Éducation continuait d’alimenter les discussions dans le milieu jeudi. Y a-t-il deux ministères ou une fusion des deux ? Quel ministère s’occupera de la technologie qui était jusqu’ici intégrée au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche de la Science et de la Technologie qu’avait créé le gouvernement péquiste ? « Non, ce n’est pas clair », soutient Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN). « Certains se demandent encore s’il y a un ou deux ministères », ajoute-t-elle.

 

Comme annoncé, Yves Bolduc sera ministre de l’Éducation du Loisir et du Sport, de même que ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science. La « technologie » sera intégrée au ministère de l’Économie, des Exportations et de l’Innovation, dirigé par Jacques Daoust.

 

Même si les deux structures ministérielles (Éducation et Enseignement supérieur) continuent d’exister, elles seront représentées par une seule et même personne. Ce qui revient à dire que les dossiers de l’enseignement supérieur n’auront pas autant d’attention que s’ils avaient eu un ministre responsable, souligne-t-on. « On est ravi que l’enseignement supérieur et la recherche restent ensemble dans un ministère. Mais on l’est moins que ça soit aux côtés de l’Éducation [du Loisir et du Sport], noyé dans un mégaministère, a indiqué Louise Dandurand, la présidente de l’ACFAS. On sait à quel point les questions du primaire et du secondaire sont importantes et à quel point le ministre va devoir y consacrer beaucoup de temps. En ce sens, c’est mieux d’avoir un ministère distinct [en enseignement supérieur] avec un ministre attitré. »

 

Pour Caroline Senneville, il était évident que ces derniers jours, lorsque le milieu de l’éducation a réclamé au gouvernement Couillard le maintien des deux ministères, il s’agissait aussi de nommer deux ministres. « Pour nous, c’était inclusif. Quand on demandait notre ministère de l’Enseignement supérieur, on demandait le ministre qui allait avec ! » Méfiante, la présidente de la FNEEQ ne serait pas étonnée que le gouvernement profite du changement législatif qu’il devra faire pour enlever la « technologie » et la rapatrier au ministère de l’Innovation pour créer un seul ministère. « Est-ce qu’ils vont en profiter pour fusionner les deux ministères et renommer le gros ministère autrement ? Ça se pourrait. »

 

Innovation et recherche vont de pair

 

Louise Dandurand ne comprend pas les remaniements ministériels et déplore que la technologie soit désormais séparée de la recherche et incluse dans le ministère de l’Économie et de l’Innovation. « Cette décision de faire la distinction entre la recherche et l’innovation m’apparaît pour le moins surprenante et un peu inquiétante, note-t-elle. J’attends des précisions du gouvernement à cet égard. »

 

Selon elle, dans tous les pays du monde, toutes les politiques liées à la science et à l’innovation ont toujours fait le lien intrinsèque entre l’innovation, la science et la recherche. « L’innovation s’appuie sur les résultats de la recherche et celle-ci se nourrit de l’autre. »

12 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 25 avril 2014 08 h 03

    Le joyeux choix

    Au ministère des finances, un ministre économiste.
    À la justice, un ministre avocat.
    À la santé, un ministre médecin.
    À l'éducation, n'importe qui.
    Voilà pourquoi l'éducation, c'est n'importe quoi.
    Et voilà pourquoi le peuple québécois n'a aucun avenir.
    J'en connais qui s'en réjouissent.

  • - Inscrit 25 avril 2014 08 h 07

    Saper le savoir !

    Il est très clair que l'éducationnel sera pas une priorité de ce gouvernement de médecins et de banquiers.

    Et pour ce qui est de l'histoire, on repassera. Simplement, il est dangereux pour l'option fédéraliste que les jeunes sachent l'histoire. Il y a trop de à perdre d'enseigner cette matière qui nous apprend comment nous avons été mis en état de minorité soumis au grand tout canadien, par l’entremise de nos élites collaborationnistes clérico-affairistes (LaFontaine, Cartier, Gouin, Taschereau...) et clérico-nationalistes (Bourget, H. Bourassa, Groulx, Duplessis...),

  • Roger Gobeil - Inscrit 25 avril 2014 08 h 39

    Pauvre éducation !

    Yves Bolduc au ministère de l'Éducation... misère!

    J'espère que ce n'est pas ce que voulait dire M. Couillard quand il a déclaré que le critère de la compétence sera majeur pour nommer quelqu'un à un poste!

    • - Inscrit 25 avril 2014 09 h 31

      Tout a fait d'accord. Quel mauvais choix. Il fallait bien caser ce docteur, alors pourquoi pas l'éducation ?

      Comme ministre de la Santé, M. Bolduc a fait étalage du grand étendu de son incompétence. Il a tout laissé dans la désolation (finances, incurie des GMF, formation et rémunération des infirmières), maintenant il hérite comme ça d'un ministère majeur du gouvernement !

      Je doute que les profs décrocheront le pactole du 10% d'augmentation que ses fieffés confrères médecins ont réussi à lui soutirer !

    • François Dugal - Inscrit 25 avril 2014 10 h 43

      Correctif.
      Le pactole des médecins spécialistes est une augmentation de 40%.

  • Jean Lengellé - Inscrit 25 avril 2014 08 h 46

    Le nouveau Ministre jouit cependant d'un avantage majeur indéniable

    Cet avantage c'est d'être issu d'un milieu de formation tant scolaire qu'universitaire où l'exigence majeure était et est toujours une sélection impitoyable au mérite des élèves et des étudiants. Cela lui donne une bien meilleure perspective sur les conditions nécessaires à la "performance" que n'en avait son placoteux de prédécesseur.
    Pour réussir la prétendue "société du savoir" le mot d'ordre doit être la rigueur, de la maternelle au Doctorat, et pour bien l'exiger encore faut-il l'avoir expérimenté soi-même.
    Quelques pistes:
    La fin de l'actuelle formation des enseignants pour le secondaire avec le retour à un premier grade (BA ou BSc) dans la discipline, ce qui permettrait à la fois de retrouver un niveau satisfaisant dans les programmes de sciences dites pures, mais aussi en sciences humaines pour en évacuer le blabla et les éternels conflits sur le programme d'histoire, la qualité du français etc etc., et bien évidemment l'établissement de quotas dans les "sciences du vague".
    La fin des admissions sur base prétendue "adulte à l'université permettant de sauter allègrement la formation collégiale, voire même secondaire au nom du clientélisme.
    La décroissance de l'utilisation abusive des chargés de cours, et le retour des professeurs chevronnés au premier cycle universitaire.
    La fin des comités de parents dans les écoles pour redonner l'école aux enseignants.
    La fin de la présence des socioéconomiques sur les Conseils d'Administration des universités, pour redonner leur place aux professeurs bien mieux placés pour comprendre ce qui est dans le meilleur intérêt des étudiants.
    Enfin, demander à l'UPAC d'enquêter sur les dépenses pharamineuses en équipements informatiques dans le milieu de l'éducation pour débusquer fraudes et qui sait, pots de vins, et tant qu'à faire sur les contrats de recherche effectués dans les universités en lien avec les firmes de génie conseil!
    Bonne chance!

    • François Dugal - Inscrit 25 avril 2014 09 h 27

      Monsieur Lengellé, vous seriez surpris du nombre d'élèves qui trichent aux examens du collégial afin d'obtenir la fameuse «cote R» donnant accès aux facultés contingentées; toute une «sélection impitoyable».

    • Simon Chamberland - Inscrit 25 avril 2014 19 h 56

      M. Lengellé,

      Je ne suis pas du milieu scolaire mais avez-vous des preuves qu'au secondaire la formation actuelle cause des problèmes ou c'est juste des suppositions ? Selon ce que j'ai pu lire, les programmes d'enseignement seraient multidisciplinaires, du moins en science, depuis les années 1990 et la formation des enseignants serait aussi multidisciplinaire.

      Peut-être avez-vous des études sur le sujet.

  • Guy Desjardins - Inscrit 25 avril 2014 10 h 17

    M. Yves Bolduc ministre de l'Éducation excellent!

    Le système de l'Éducation est très malade tous en conviennent. M. Couillard, M. Barette et finalement M. Yves Bolduc le trio parfait de médecins, je suis certain qu'ils ont trouver le vaccin miracle pour remettre sur pied le système de l'Éducation défait par les Péquistes, il y a quelques années. Donnont leur la chance d'opérer et une convalescence dans une classe plutôt que dans un corridor.

    • - Inscrit 25 avril 2014 10 h 38

      Quand dans une société, on accorde autant de crédit aux médecins, comment ne pas voir en effet que cette société est malade et hypocondriaque ?

      Quand loi "mourir dans la dignité" est la seule à faire la presqu'unanimité comment ne pas y voir un sens métaphorique ?

      Nous en sommes avec, ce gouvernement de docteurs et de banquiers à la phase pathologique et pingre de notre histoire.

      J'espère que les Québécois se relèveront avant que les prochaines vedettes politiques ne soient des entrepreneurs de pompes funèbres !