Éducation: la fusion des ministères est perçue comme «un recul»

L’abandon de la structure double en éducation, qui séparait l’enseignement supérieur et la recherche du primaire et du secondaire, déçoit certains acteurs du milieu. Car, désormais, les deux ministères seront sous la responsabilité d’un seul ministre, soit le député de Jean-Talon, Yves Bolduc.

 

« Il y a une déception de voir que seront combinés les deux portefeuilles », a indiqué Tierry Morel-Laforce, président de la Fédération étudiante universitaire. « C’est décevant car ce sont deux réalités très différentes », a renchéri Éliane Laberge, son homologue au collégial.

 

La Fédération des cégeps avait aussi, comme les étudiants, réclamé publiquement le maintien de la structure établie par le gouvernement péquiste. « L’éducation, c’est le deuxième budget en importance après la santé. On pense qu’on aurait pu occuper deux ministres », a dit Jean Beauchesne, président-directeur général de la Fédération. Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, abonde dans son sens. « Plus le ministre a de dossiers, moins il a du temps à consacrer à chacun », a-t-elle souligné.

 

Pour Yves Gingras, historien des sciences à l’UQAM, la fusion des deux ministères est « un recul qui dilue l’importance de la recherche à un moment où partout dans le monde on valorise de plus en plus les universités et la recherche ».

 

Privé en éducation ?

 

Si la Fédération québécoise des professeurs d’université se désole de ce « retour en arrière », le plus gros syndicat des enseignants au collégial se dit « fortement » inquiet de l’arrivée de M. Bolduc, étant donné sa gestion du réseau de la santé lorsqu’il était ministre. « Aura-t-il tendance à imposer ces pratiques, largement inspirées du secteur privé, aux secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur ? », s’est interrogée la présidente de la FNEEQ-CSN, Caroline Senneville.

 

Du reste, si le milieu est plus ou moins surpris de la nomination de M. Bolduc, il se dit néanmoins heureux d’avoir enfin un interlocuteur pour faire avancer les dossiers prioritaires. « On accueille favorablement [la] nomination [de M. Bolduc], compte tenu de son expérience et de son savoir-faire », a soutenu la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard. La rectrice de l’Université de Sherbrooke, Luce Samoisette, a bon espoir qu’il va bien comprendre la réalité des universités. « On laisse la chance au coureur. »

 


Avec Pauline Gravel

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