«Philosopher» et Grandes Rencontres - Dynamiser l'apprentissage

Au niveau collégial, certains enseignants savent prendre d'heureuses initiatives pour varier le menu des cours de philosophie. Deux exemples parmi d'autres: les Grandes Rencontres présentées au Cégep Limoilou et le concours «Philosopher» ouvert à tous les étudiants du Québec.

Hubert Reeves, Philippe Breton, Ricardo Petrella, Edgar Morin et Louise Vandelac... Qu'ont en commun ces personnalités, outre leurs compétences reconnues? C'est qu'elles ont été parmi les conférenciers invités aux «Grandes Rencontres», un projet initié en 1997 au Cégep Limoilou par Réal Roy, professeur de philosophie, et François Godbout, responsable du socioculturel. «L'idée maîtresse des Grandes Rencontres, explique M. Roy, c'est, liant sciences, culture et philosophie, de donner une vue aux étudiants sur les débats fondamentaux d'aujourd'hui. Nous voulons leur apprendre à penser, à penser le monde, contribuer à ce qu'ils deviennent des citoyens de leur époque. Voilà le rôle de la philosophie.» À la rencontre de grands penseurs, les étudiants sont invités à réfléchir à des problématiques sociales, éthiques ou politiques. Ils doivent remettre au professeur un travail de synthèse ainsi que des commentaires critiques.

Dans un premier temps, les Grandes Rencontres visent principalement les étudiants en philosophie de Limoilou. Ultérieurement, filmées in extenso, les conférences sont disponibles sous forme de vidéocassettes, en tant que matériel pédagogique, dans le réseau des cégeps. Le catalogue comprend 140 titres.

Le prochain invité des Grandes Rencontres est le physicien français Jean-Marc Lévy-Leblond. Sa conférence, intitulée «Science, imaginaire, éthique», aura lieu le mercredi 19 novembre à 19 heures au campus de Charlesbourg. Dans le cadre du «Bar des sciences», M. Lévy-Leblond débattra aussi de la question «À quoi sert l'enseignement des sciences» avec André Girard, conseiller scientifique chez EXFO, et Roger A. Lessard, directeur du département de physique, de génie physique et d'optique de l'Université Laval. Deux dates à retenir: le 18 novembre, au Barouf, rue Saint-Denis à Montréal, et au Café Loft, 291, Saint-Vallier Est, Québec.
- http://www.climoilou.qc.ca/fr/fs00/fs00.html

Y a-t-il un âge pour philosopher?

«Le divertissement est-il le nouvel opium du peuple?» C'est à cette question éminemment actuelle que devaient tenter de répondre cette année les participants au concours «Philosopher». Les lauréats seront dévoilés au Cégep du Vieux-Montréal, le 21 novembre, Journée mondiale de la philosophie.

«"Philosopher" est un des concours annuels les plus populaires au niveau collégial, s'enthousiasme Patrick Daneau, professeur de philosophie au Cégep François-Xavier-Garneau, à Québec. Ça a pourtant commencé modestement. La première année, en 1988, nous avons reçu entre 30 et 40 textes. Cette année, 155 étudiants ont participé. L'ensemble des cégeps publics et privés du Québec est inscrit, moyennant une participation financière.»

Les étudiants doivent présenter une dissertation de 2000 mots; les textes sont lus trois fois chacun par 15 professeurs de philosophie, qui les analysent selon le respect du thème, la rigueur de l'argumentation, l'originalité et l'apport philosophique. Quinze textes sont retenus. Le grand gagnant reçoit un prix de 1000 $ et son essai est publié dans Le Devoir; viennent ensuite, dans l'ordre, un deuxième prix de 600 $, trois de 300 $, cinq de 200 $ et cinq de 100 $.

Après la remise des prix, le

21 novembre, la fête se déplacera à l'hôtel Crown Plaza, où le président d'honneur, Jim Corcoran, partagera ses idées sur le sujet. «C'est un bachelier en philosophie et il nous représente de façon admirable», souligne M. Daneau. Un repas gastronomique sera suivi d'un spectacle de musique et de poésie auquel participeront, entre autres, Corcoran, Claire Pelletier, Marc Chabot et Jean-Guy Lacroix.

Le thème du prochain concours «Philosopher» sera «L'individualisme est-il un signe de déclin ou de progrès?» Si la formulation exacte reste, dit-on, à peaufiner, même dans son énoncé actuel, la question ne manque pas de pertinence.