Le milieu de l’éducation déplore le silence des partis politiques

La Fédération des cégeps et celle des commissions scolaires déplorent que le thème de l’éducation n’ait été que très peu abordé jusqu’ici dans la campagne électorale. Il faut cesser les débats de structures et se pencher sur des mesures concrètes, ont-elles soutenu.

 

Sujet tabou s’il en est un, le droit de grève des étudiants est une question que la Fédération des cégeps aimerait voir discutée sur la place publique. « Je ne peux pas croire qu’on ne ramène pas ça sur la table de travail des politiciens. On est les seuls à vouloir en parler, a dit Jean Beauchesne, le président-directeur général de la Fédération. Aucun parti ne veut toucher à ça. C’est malheureux car lorsque les conditions [d’une grève] seront réunies à nouveau, on va être dans un cul-de-sac. »

 

M. Beauchesne constate que les politiciens n’ont rien à y gagner politiquement. Pourtant, il faudrait profiter de l’accalmie actuelle pour « baliser la tenue du vote et la détermination du quorum des assemblées » et éviter les débordements et les injonctions qui ont marqué le printemps 2012. « Si on s’entend là-dessus, ça va éviter les débordements. Et la grève va se faire de façon civilisée. »

 

Dans la longue liste de demandes, les directions des collèges veulent que la priorité soit accordée aux cégeps en région. Selon les prévisions ministérielles, les cégeps enregistreront une baisse de 26 500 étudiants d’ici 2020. Financés en fonction des étudiants inscrits, certains cégeps pourraient être obligés de cesser d’offrir des programmes, croit la Fédération. « Maintenir la vitalité des cégeps en région est une chose, mais il faut aussi faire en sorte qu’il y ait des mesures concrètes. » L’une des solutions est l’augmentation du nombre d’étudiants étrangers.

 

Moins d’argent au privé

 

Pour la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), le sujet tabou que les partis politiques devraient avoir le courage d’aborder est le financement du réseau privé. « Alors que le réseau public d’éducation subit une forte pression, notamment en matière de reddition de comptes, la FCSQ constate que cela ne semble pas être le cas pour le réseau privé, dont le financement provient pourtant à 60 % de fonds publics », peut-on lire dans sa plateforme.

 

Tout comme les cégeps, les commissions scolaires aimeraient voir leur rôle être reconnu dans le développement économique régional. Elles sont des employeurs importants et offrent des services et des programmes de formation professionnelle qui contribuent à l’emploi dans leurs régions perspectives. Or, dit-elle, la formation continue n’est pas suffisamment financée et la formation professionnelle souffre de préjugés qu’il faut rectifier.

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