PQ : Daniel Lebel quitte l’Ordre des ingénieurs dans la discorde

Pauline Marois a fait l’annonce de la candidature de Daniel Lebel dans Drummond–Bois-Francs. Elle a profité de son passage à Saint-Hyacinthe jeudi pour serrer quelques mains.
Photo: - Le Devoir Pauline Marois a fait l’annonce de la candidature de Daniel Lebel dans Drummond–Bois-Francs. Elle a profité de son passage à Saint-Hyacinthe jeudi pour serrer quelques mains.

Le candidat vedette du Parti québécois Daniel Lebel quitte la présidence de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) dans la controverse. Depuis son arrivée à la tête de l’OIQ en juin 2012, le nouveau candidat péquiste dans Drummond–Bois-Francs a rencontré beaucoup de résistance et de contestation dans ses tentatives pour redorer l’image ternie des ingénieurs.

 

Des centaines de membres mécontents de l’OIQ sont même allés jusqu’à obtenir la tenue d’une assemblée générale extraordinaire exigeant ni plus ni moins la destitution de l’exécutif. Ces ingénieurs s’opposent également à l’augmentation de 90 $ de leur cotisation pour l’année 2014-2015, qui est actuellement de 310 $, un des sept points à l’ordre du jour de l’assemblée du 6 mai.

 

Pour plusieurs, Daniel Lebel a pris des décisions qui allaient à l’encontre de la volonté des membres. « Il est très mal perçu. C’est quelqu’un qui prend des décisions de manière unilatérale et qui n’écoute pas ses membres. Ça a amené beaucoup de mécontentement et c’est ça qui était à l’origine de la demande d’assemblée générale extraordinaire », a dit Mario Joyal, membre de l’OIQ.

 

Il fait référence au rejet massif de la proposition d’augmenter la cotisation des ingénieurs lors de la dernière assemblée annuelle en juin dernier. « Elle a été rejetée aux deux tiers. M. Lebel a quand même persisté et il nous est arrivé avec une cotisation extraordinaire selon un règlement qui permet aux ordres de faire ça, a expliqué M. Joyal. C’est pas très éthique. »

 

«Opportuniste »

 

Comme lui, d’autres qualifient le candidat péquiste « d’opportuniste ». « L’Ordre devrait être une sorte de police de la pression, mais il sert à augmenter la visibilité des gens qui considèrent que c’est un tremplin pour leur carrière politique. Il y a eu Maud Cohen [qui s’est présentée pour la CAQ] et là, M. Lebel », a indiqué Giuseppe Indelicato, ancien administrateur et vice-président de l’OIQ.

 

Le directeur général de l’OIQ, André Rainville, soupçonne le « petit groupe d’ingénieurs » derrière les sept projets de résolution de l’assemblée du 6 mai de vouloir un « relâch[ement de] certains contrôles pour la protection du public ». Or, selon lui, l’Ordre n’a pas le choix de se donner les moyens pour relever les défis qu’il a à affronter. « On a demandé une commission d’enquête pour faire ressortir les problèmes et maintenant que ces problèmes-là sont mis au jour, nous, on est en mode d’une part de sanctionner ceux qui auraient pu en être à l’origine, et d’autre part de trouver des solutions à la crise. »

 

Intègre et dévoué

 

L’OIQ a salué le dévouement de Daniel Lebel qui « a amené l’Ordre à prendre des décisions difficiles afin de remplir adéquatement son mandat de protection du public et de repousser les limites du système professionnel dans un contexte de crise », a indiqué le vice-président Stéphane Bilodeau, qui assure l’intérim.

 

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a décrit son candidat vedette comme un homme « d’une grande compétence », « intègre » et « engagé envers le Québec et envers sa région ». « C’est grâce à son travail et à celui de beaucoup d’autres au Québec que nous avons tous ensemble réussi à faire reculer la corruption », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Drummondville jeudi matin.

 

L’ancien président de l’OIQ s’est dit « très fier de tous les efforts investis pour rétablir l’intégrité » au sein de la confrérie des ingénieurs québécois. « Les ingénieurs québécois sont des professionnels consciencieux de grande qualité. Il ne faut jamais le nier. [La] crise sans précédent sur l’intégrité [a été] causée par une minorité d’individus », a-t-il toutefois insisté.

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