Le PQ va de l’avant avec les chaires de recherche sur l’identité québécoise

Le ministre Pierre Duchesne soutient que le programme était annoncé dès l’an dernier.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le ministre Pierre Duchesne soutient que le programme était annoncé dès l’an dernier.

À quelques jours du lancement attendu de la campagne électorale, le Parti québécois entend consacrer quatre millions de dollars à la création de huit chaires portant sur l’identité, mais le ministre Pierre Duchesne insiste pour dire que cet axe de la Politique nationale de la recherche et de l’innovation (PNRI) était connu depuis avril 2013.

 

L’appel de propositions lancé dimanche prévoit dans un premier temps la création de six chaires, soit trois sur la langue française et trois sur l’histoire, qui seront mises en oeuvre en 2015 avec un financement annuel de 100 000 $ sur cinq ans. En ce qui concerne les deux autres chaires, un deuxième appel aura lieu plus tard en 2014.

 

Invité à dire s’il craignait de se faire accuser d’instrumentaliser la recherche universitaire à des fins politiques, en raison du débat autour de la charte de la laïcité et à l’approche d’une campagne, M. Duchesne a répondu que cet axe de recherche était connu depuis longtemps.

 

« Les trois axes de recherche, dont celui sur l’identité, ont été discutés il y a près d’un an lors des assises à Québec et il y avait 200 personnes du milieu scientifique », a dit M. Duchesne, accompagné de la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy. « Depuis janvier, il y a des appels d’offres concernant les divers programmes liés à la politique. Je comprends qu’il peut y avoir un contexte autre, mais notre démarche a été annoncée. Alors, il fallait simplement procéder. »

 

La PNRI, dévoilée en octobre 2013, prévoit l’investissement de 3,7 milliards en recherche et en innovation sur cinq ans. Le plan comprend 500 millions en argent frais. Outre le domaine de l’identité, la Politique d’innovation mise sur les changements démographiques et sur le développement durable. (Pour lire le document : mesrst.gouv.qc.ca/PNRI)

 

Lorsqu’on lui a demandé de préciser le message qu’une telle annonce envoie à l’approche du déclenchement attendu des élections, M. Duchesne a dit que les études québécoises sont importantes et qu’il faut « un financement à long terme ».

 

Selon M. Duchesne, il y a dans le monde « 3000 “québécistes”» et 150 centres, notamment au Brésil et au Japon, à beaucoup d’endroits. « Il y a des gens qui en font une carrière scientifique, mais on s’aperçoit qu’au Québec il y a un désintérêt. »

 

Selon le directeur scientifique du Fonds de recherche du Québec – Société et culture, Normand Labrie, ce désintérêt est lié entre autres à une question de sous-financement pour les sciences sociales. Il a aussi mentionné la décision du gouvernement Harper d’abolir le programme d’études canadiennes en 2012 qui, à l’étranger, permettait notamment l’étude de la réalité québécoise.

 

Philippe Couillard critique

 

De passage dans la circonscription d’Outremont pour la candidature d’Hélène David, le chef libéral Philippe Couillard a minimisé l’annonce du ministre Duchesne.

 

« On ne peut malheureusement pas faire confiance au Parti québécois pour mener des débats de ce genre sur la société québécoise dans leur arrière-pensée qui consiste à diviser la population et à nous amener vers un autre référendum », a dit M. Couillard selon des propos rapportés par La Presse canadienne.

 

« Ne nous faisons aucune illusion : toutes ces manoeuvres, depuis quelques mois, visent à préparer le terrain pour un autre référendum », a ajouté M. Couillard.

35 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 mars 2014 08 h 22

    Projet

    Tant qu'aux défenseurs de «Projets de société», il serait peut-être intéressant de savoir de quelle genre de société sommes-nous formés. Pour prédire où nous voulons aller, il serait peut-être intéressant de savoir «qui nous sommes».

    Je félicite M. Couillard de sa grande perspicacité. S'attendre qu'un parti indépendantiste veuille promouvoir l'indépendance un jour démontre une grande clarté d'esprit et une vision à long terme à toute épreuve ! Sauf que... Ne pourrions-nous pas nous attendre d'un si grand esprit que d'admettre que sa propre position sur l'avenir du Québec n'est pas plus appuyée que l'autre et qu'elle est tout autant divisive ?

    Si nous étions tous d'accord sur l'avenir du Québec, nous voterions tous pour le même parti. Mais il y a un mais : Ce ne serait peut-être pas le vôtre M. Couillard !

    Qu'avez-vous a nous offrir M. Couillard pour que tous, autant que nous sommes, s'abritent sous votre gouverne ?

    À date, la seule phrase que vous ayez prononcée qui était pleine de sens fut : «Nous formons le seul groupe homogène en Amérique du nord», mais ça s'est gâté légèrement un peu plus loin dans votre discours. C'est étrange que je fasse le lien mental direct entre celle-ci et celle de Harper qui stipule que le peuple québécois est une société distincte.

    Réflexion oblige.

    Bonne journée.

    PL

    • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 4 mars 2014 00 h 03

      groupe homogène?!?

  • Gilles Théberge - Abonné 3 mars 2014 08 h 49

    Plus ça va plus c'est clair

    Il n'a pas fini de faire sourciller Philippe Couillard. Il prétend que le gouvernement actuel ne peut pas mener des études de ce type.

    Le problème c'est que l'on sait exactement comment lui, il orienterait les débats s'il était aux commandes. Rappeleons son leit motiv : «I am canadian first and foremost».

    C'est ça qu'il pense Philippe. Ça tombe mal c'est de ça que nous ne voulons pas. Parce que ça mène au rapetissement final. Et c'est le contraire que nous voulons, grandir et nous épanouir.

    • Pascal Normandin - Inscrit 3 mars 2014 15 h 33

      Bonjour monsieur Théberge

      Ce qui est agréable depuis l'élection du nouveau gouvernement (par 1,4 million d'électeurs sur les 7,9 millions de Québécois, soit... 18% de la population), et ensuite la Charte, c'est que maintenant il y a des gens qui se sentent entièrement légitimés de parler pour "Nous"

      . . .

      Monsieur Théberge, quelle serait votre réaction si un gouvernement libéral commendait un nouveau programme d'histoire au ministère de l'Éducation?


      Ah bon?

    • André Le Belge - Inscrit 3 mars 2014 21 h 16

      Monsieur Théberge,
      Qu'a fait le gouvernement Charest avec ce pseudo cours d'histoire du Québec par compétences? Rien. Il a laissé les connaissances se réduire comme peau de chagrin pour de pseudo compétences plus faciles à administrer, je ne dis pas enseigner, par les nouveaux enseignants ayant peu de connaissances hsitoriques. Les compétences doivent être étayées par de fortes connaissances et pas le contraire.
      Je vois mal les professeurs de français demander à leurs élèves de rédiger un texte sur l'hiver au Québec sans bien connaître la grammaire.
      Il est vrai que notre époque finira par se contenter d'un texto de 140 caractères...

    • Gilles Théberge - Abonné 3 mars 2014 22 h 30

      Bonjour monsieur Normandin

      Mais c'est précisément ce qu'il a fait le gouvernement de Jean Charest monsieur Normandin. Et c'est pourquoi le gouvernement actuel est obligé de remettre les choses en place.

      Quant à la représentativité du gouvernement, il n'en tient qu'à vous si vous voulez que les gouvernements élus le soient d'une façon plus légitime, avec par exemple 50% plus un vote au moins pour être déclaré élu.

      Je vous invite à militer pour changer le système électoral de façon à ce que vous puissiez ensuite constater que le gouvernement est légitime parce qu'élu par la majorité des votes exprimés.

  • Jean Lapointe - Abonné 3 mars 2014 08 h 56

    Il y a tellement de choses à faire.

    « Ne nous faisons aucune illusion : toutes ces manoeuvres, depuis quelques mois, visent à préparer le terrain pour un autre référendum », a ajouté M. Couillard.»

    Ce qui est encore plus grave c'est le fait qu'un candidat au poste de premier ministre du Québec ne se sente absolument pas concerné par l'avenir du peuple québécois.

    Il ne faudrait quand même pas qu' on se retrouve avec un premier ministre qui programmerait notre disparition comme peuple pour plutôt nous noyer dans le grand tout canadien multiculturel.

    Ce n'est encore pas pour en venir à cela que nous nous battons pour survivre comme peuple depuis 1760.

    Je ne peux pas croire qu' il y a des Québécois qui sont prêts à voter pour un tel individu sans envergure.

    C'est incroyable qu'on en soit encore à de telles craintes à cause de ce parti politique qu'est le Parti libéral du Québec qui est devenu l'ombre de lui-même.

    Il y aurait pourtant tellement de choses à faire.

    Quand enfin allons-nous donc décoller pour de bon?

    C'est parfois désespérant de voir ces gens aller.

  • michel lebel - Inscrit 3 mars 2014 08 h 58

    La politique!

    C'est quoi c'est histoires de Chaires pré-électorales sur l'identité! Je comprends très bien qu'on étudie le Québec à l'étranger. C'est très bien. Mais de telles Chaires au Québec même! C'est pour le moins étrange, je dirais, nombriliste! Si les Québécois ne se connaissent pas encore, il y a là un sacré problème! Mais politique oblige!


    Michel Lebel

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 3 mars 2014 11 h 06

      @ michel lebel
      @ guy Joly

      Et pourquoi pas au Québec..(.McGill a bien ses "chaires" d'études canadiennes...Moncton a ses "chaires" d'études acadiennes...etc)
      ce n'est pas du nombrilisme mais de la "recherche" identitaire...
      Une société qui se respecte prend les moyens de faire connaître son
      identité ...sociale,culturelle, linguistique etc. et ces "chaires" servent
      à ca...

    • Gilles Théberge - Abonné 3 mars 2014 11 h 19

      C'est tout simplement monsieur Lebel, parce que l'on réalise qu'il y a de moins en moins d'études sur l'histoire politique du québec dans nos universités. C'est un vide, un manque qu'il faut combler. Alors le ministre répond.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 3 mars 2014 11 h 41

      Mme Sévigny, pour M Lebel, ce n'est jamais pareil quand il s'agit du gouvernement supérieur, "national", du Canada. Ce pays avec une constitution reconnaissant la suprématie de Dieu, et enfoncée de force dans la gorge des Québécois contre la volonté de ces derniers.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 mars 2014 12 h 27

      À tout prix évitons de parler de nous des fois qu'on comprenne la fâmeuse phrase de Couillard : «Nous formons le seul groupe homogène en Amérique du nord !» Ça pourrait réveiller quelques endormis.

      PL

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 3 mars 2014 13 h 43

      @M. Lebel. Je comprends mal votre indignation. Les dernières années ne vous ont pas fourni moult exemples de l'ignorance des Québécois sur eux-mêmes, sur leur histoire, sur la complexité de leur trame sociale, sur leur système politique?

      Je comprends la crainte que ne soit instrumentalisé ces recherches, ou qu'elles ne sombrent dans le mépris béotien des Québécois envers ce qui est universitaire, mais le projet lui-même mérite sa chance. Qui sait si, dans 20 ans, notre citoyenneté ne sera plus éclairée et dynamique, lorsque les questions d'"identité" ne seront plus la chasse-gardée de regroupements politiques plus insipides et condescendants les uns que les autres?

    • Claude Champagne - Inscrit 3 mars 2014 15 h 29

      Pour donner un exemple simple mais véridique, M. lebel à l'école ils ont demandé à un élève qui est Champlain, la réponse fut un pont quelque part au Québec. M. Théberge disait le vide, c'est ça le vide, tout un pan de notre histoire aux oubliettes.

    • michel lebel - Inscrit 3 mars 2014 15 h 58


      Autant j'apprécie grandement l'Histoire(nationale et autres), autant j'apprécie l'importance de l'éducation, mais j'ai beaucoup de réserves face à la partisanerie et à la politisation de l'Histoire et de l'éducation. Et les gouvernements péquistes, un gouvernement de professeurs... me semblent avoir un sacré don à politiser ces choses! C'est leur dada, l'histoire, la "bonne"Histoire évidemment! C'est pourquoi, ces Chaires "préélectorales" me laissent bien songeur...


      Michel Lebel

    • Lucien Cimon - Inscrit 3 mars 2014 17 h 43

      Il est étonnant de voir jusqu'à quel point les fédéralistes purs et durs sont opposés à tout ce qui pourrait permettre d'augmenter notre conscience de ce que nous sommes comme peuple. Ils aimeraient que nous soyons uniquement nourris par la vision de nous-mêmes qu'ils nous imposent, à coup de millions puisés dans nos impôts, pour nous faire accepter notre dépendance après nous avoir convaincus, pour conforter leurs intérêts, de notre petitesse et de notre impuissance.
      Lucien Cimon

  • Jean Martinez - Inscrit 3 mars 2014 09 h 06

    Couillard, le diviseur en chef

    On s'attendrait à ce que le chef du PLQ Philippe Couillard s'élève un peu et parle de sujets qui "unissent" comme l'éducation, la santé ou l'économie. Nous aimerions savoir comment il entend réparer les pots cassés par Jean Charest. Mais non, même quand ce n'est pas pertinent, il invente des sujets qui divisent comme le (très) hypothétique référendum!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 mars 2014 12 h 30

      Mais où avez-vous vu ça que ces sujets -l'éducation, la santé ou l'économie- unissent ? Personne n'est d'accord sur le comment les régler.

      PL

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 3 mars 2014 13 h 46

      M. Couillard n'a pas à parler de la santé, son plan est connu, et Gaétan Barrette en sera la figure de proue : augmenter le salaire des médecins. Ça donne peu de résultat mais ça, on ne le verra qu'à long terme.

      Autrement, l'éducation et l'économie, c'est bien gentil, mais lorsque même le gouvernement n'en parle pas et attire toute l'attention pré-électorale sur l'immigration, ce n'est pas un parti désorienté qui viendra les remettre au centre de l'attention.

      Les partis tracent les enjeux pré-électoraux, pas la population.