Avec plus de 42 000 étudiants aujourd'hui - L’Université d’Ottawa souhaite poursuivre sa croissance

Martine Letarte Collaboration spéciale
On retrouve 14 000 étudiants francophones à l’Université d’Ottawa, un nombre appelé à augmenter dans les prochaines années.
Photo: Source Université d’Ottawa On retrouve 14 000 étudiants francophones à l’Université d’Ottawa, un nombre appelé à augmenter dans les prochaines années.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Plus grande université bilingue anglaise-française dans le monde, l’Université d’Ottawa compte aller chercher davantage d’étudiants francophones et francophiles ailleurs dans le monde. L’établissement voisin du Québec continue également son virage vers les cours en mode hybride et le développement de la recherche.

 

« Nous ouvrirons en avril le Complexe de recherche avancée, où nous regrouperons tous nos chercheurs en photonique, qu’ils soient en sciences ou en génie », indique Christian Detellier, vice-recteur aux études de l’Université d’Ottawa.

 

Le nouvel établissement sera à la fine pointe de la technologie et on y retrouvera le seul spectromètre de masse par accélérateur au pays. Avec cet appareil, on réalise des recherches dans les domaines de l’environnement, du climat, des ressources naturelles et de la santé. « Cela aidera le développement de la recherche et la formation d’étudiants gradués dans ces domaines », affirme M. Detellier.

 

Avec plus de 42 000 étudiants aujourd’hui, l’Université d’Ottawa souhaite continuer sur sa lancée. Depuis 2005, la population étudiante a connu une croissance importante, principalement aux cycles supérieurs, où celle-ci a atteint 40 %. Plus de 250 postes de professeur ont été créés, ainsi que 50 programmes d’études, principalement à la maîtrise et au doctorat. De plus, 50 chaires de recherche ont vu le jour.

 

« Nous nous classons toujours dans les 10 plus grandes universités de recherche au pays, précise Christian Detellier. Nous sommes très forts dans le domaine de la santé cardiovasculaire, en administration publique, en gouvernance, en matériaux et en psychologie notamment. Nous sommes en recrutement pour plusieurs de nos chaires de recherche. »

 

Internationalisation et bilinguisme

 

On retrouve 14 000 étudiants francophones à l’Université d’Ottawa, soit près du double du nombre d’étudiants de l’Université du Québec à Rimouski (6700) et plus que la population étudiante de l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui dépasse légèrement le cap des 12 000 étudiants. La majorité des cours s’offrent en parallèle en français et en anglais, ce qui fait que la plupart des programmes peuvent être suivis entièrement dans une langue ou l’autre. « Les francophones représentent une masse critique importante et nous souhaitons qu’ils soient encore plus présents dans les prochaines années », affirme Christian Detellier.

 

Pour atteindre cet objectif, l’Université d’Ottawa a annoncé que, dès septembre, elle amoindrissait partiellement les droits de scolarité des étudiants étrangers francophones et francophiles. « Ils payeront les mêmes droits de scolarité que ceux des étudiants canadiens, précise le vice-recteur aux études. Nous serons sélectifs, mais ce sera une façon d’augmenter la diversité culturelle sur le campus. »

 

L’Université d’Ottawa organise des missions de recrutement dans différents pays francophones pour attirer de nouvelles inscriptions. « Nous rencontrerons aussi les ambassadeurs de différents pays francophones, ici à Ottawa, pour leur expliquer notre mesure incitative », précise M. Detellier.

 

L’Université d’Ottawa se démarque aussi par son programme d’immersion et souhaite augmenter significativement le nombre des participants. « Plusieurs anglophones veulent suivre des cours en français pour devenir bilingues, alors nous leur offrons un accompagnement, explique M. Detellier. Notre programme d’immersion accueille en ce moment 1700 étudiants, dont près de 80 % sont des étudiantes, et le nombre est en constante augmentation. Notre objectif est d’atteindre 3500 étudiants dans les prochaines années. »


Mode hybride et bénévolat

 

Pour atteindre ses objectifs de croissance, l’Université d’Ottawa travaille à améliorer son expérience étudiante. L’établissement a décidé l’an dernier de prendre le virage de l’enseignement en mode hybride, en ligne et en présentiel, autant au premier cycle qu’aux études supérieures.

 

« En 2020, la très grande majorité de nos cours seront donnés en mode hybride, parce que nos données les plus récentes démontrent que c’est la façon la plus efficace d’enseigner à la nouvelle génération d’étudiants, indique M. Detellier. Ils ont envie de regarder la matière du cours au moment de leur choix, puis de venir en classe à l’occasion pour approfondir leurs connaissances avec les autres étudiants et le professeur. »

 

En ce moment, une cinquantaine de cours de l’Université d’Ottawa se donnent en mode hybride et le nombre ira en augmentant. « Les professeurs travaillent avec des technopédagogues pour mettre en place les nouveaux cours, explique-t-il. Ce virage nécessite un important travail de préparation. »

 

Pour se distinguer des autres établissements, l’Université d’Ottawa mise aussi sur l’apprentissage expérientiel via les programmes d’enseignement coopératif et le bénévolat. Le Centre d’engagement mondial et communautaire a notamment été créé pour aider les étudiants à connaître les possibilités de bénévolat à Ottawa et dans le monde. « En ce moment, 82 % de nos étudiants prennent part à une forme d’apprentissage expérientiel et, d’ici à 2020, nous souhaitons que ce soit la totalité », indique le vice-recteur.

 

Plusieurs étudiants sont aussi invités à s’engager auprès de plus jeunes universitaires par le programme de mentorat régional de l’Université d’Ottawa. « Dès qu’un étudiant d’une autre région est accepté à l’université, nous le mettons en contact avec un mentor originaire de la même région que lui, comme le sud de l’Ontario, la Gaspésie, le Nouveau-Brunswick, etc., explique M. Detellier. Le nouvel étudiant a ainsi de l’aide pour se retrouver dans sa nouvelle ville. Ce projet fonctionne très bien et nous pensons développer un volet pour nos étudiants internationaux. »

 

L’Université d’Ottawa souhaite accueillir 500 étudiants supplémentaires à chacune des cinq prochaines années.


Collaboratrice