Printemps érable: une étudiante blessée pourrait bientôt poursuivre la SQ

La manifestation qui a tourné à l’émeute à Victoriaville le 4 mai 2012.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La manifestation qui a tourné à l’émeute à Victoriaville le 4 mai 2012.

L’une des blessés graves du printemps étudiant pourrait très bientôt déposer sa poursuite contre la Sûreté du Québec (SQ) et le procureur général du Québec. Lors de la manifestation qui a tourné à l’émeute à Victoriaville le 4 mai 2012, Dominique Laliberté, une étudiante de Québec, dit avoir été atteinte à la mâchoire par une balle de plastique tirée par un policier de la SQ.

 

Ses démarches, entamées depuis plusieurs mois avec le cabinet de l’avocat Jean-Pierre Ménard, pourraient donner lieu à un recours civil mais le processus n’est pas terminé, a indiqué l’un de ses avocats, Me Jean-François Leroux. Si elle aboutit, ce serait une première, a-t-il ajouté.

 

Témoignant mardi devant la Commission d’examen sur le printemps 2012, Mme Laliberté, qui se considère comme une manifestante pacifique plutôt «suiveuse de foule», a livré le récit de l’incident. Elle a expliqué qu’elle s’était éloignée de l’hôtel, où avait lieu un congrès du Parti libéral, car des bombes lacrymogènes avaient été tirées et la tension montait d’un cran. Un projectile qui l’a alors atteint lui a fracturé la mâchoire à deux endroits et lui a fait perdre des dents. L’étudiante a été opérée et récupère tranquillement depuis. Elle en a pour des milliers de dollars et plusieurs années de traitements en orthodontie.

 

Dominique Laliberté a indiqué aux commissaires qu’elle avait été sous pression lors d’un interrogatoire mené par deux enquêteurs de la Sûreté du Québec. Ceux-ci tentaient de lui faire préciser sa position exacte, la SQ ayant déjà allégué que la jeune femme se trouvait trop loin pour avoir été touchée par un projectile policier.

 

Un haut niveau de violence

 

Plus tôt dans la journée, le directeur adjoint de la Sûreté du Québec, Marcel Savard, a décortiqué les opérations tactiques de son service de police devant la commission. Il reconnaît que la balle de plastique verte retrouvée près de la victime était celle utilisée par les policiers mais ne veut pas confirmer ou infirmer que c’est ce qui l’a atteint.

 

Selon lui, son équipe était bien préparée et avait bien évalué le niveau de risque, qui est passé de «moyen» la veille à «élevé» et qui s’est finalement avéré «extrême», dit-il. «Il n’y a pas eu du tout de désorganisation sur les lieux, il y a eu de la violence sur les lieux, du chaos mais la sûreté du Québec n’était pas désorganisée». M. Savard qualifie le travail de ses troupes d’«excellent».

 

Il a par ailleurs insisté sur le haut niveau de violence de certains manifestants. En l’espace de quelques minutes, tout a dégénéré, a-t-il noté. «En 4 minutes, on met les clôtures à terre, on a un langage violent, […] on a des projectiles pyrotechniques de lancés vers l’hôtel et sur le toit», explique M. Savard. «Nos gens sont équipés, entraînés et formés mais ce ne sont pas des Robocop. Ce sont des êtres humains et un roulement à bille lancé avec ça, même avec une protection, ça peut tuer», a-t-il ajouté, en montrant un lance-pierres saisi le soir de la manifestation.

 

M. Savard a en outre reconnu que la SQ aura des améliorations à faire, notamment sur le plan de la communication et de son équipement.