Voix dissidente au sein des commissions scolaires

Avec 52 000 élèves, la CSMB est l’une des plus grosses de l’île de Montréal. Elle jouit aussi de l’une des plus grandes diversités avec 61 % d’élèves allophones, dont la moitié passe par les classes d’accueil.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Avec 52 000 élèves, la CSMB est l’une des plus grosses de l’île de Montréal. Elle jouit aussi de l’une des plus grandes diversités avec 61 % d’élèves allophones, dont la moitié passe par les classes d’accueil.

« Nous, on dit, que oui, c’est possible de faire plus avec moins. Ce n’est pas politically correct de le dire, mais on en fait la preuve », a indiqué au Devoir Mme Lamarche-Venne, consciente que les commissions scolaires disent actuellement le contraire.

 

Selon les données du ministère récemment publiées, le taux de diplomation pour l’année 2012-2013 de presque 80 % de la CSMB constitue une hausse de 4 points sur l’année antérieure. La prévision étant de passer de 71 % à 76 % en sept ans, l’objectif du plan stratégique 2010-2014 de cette commission scolaire est ainsi déjà atteint. L’effort sera à poursuivre pour atteindre 83 % de diplomation d’ici 2020, selon l’entente avec le ministère de l’Éducation.

 

Comment expliquer ces bons résultats ? Le plan stratégique relativement récent n’explique pas tout, reconnaît Mme Lamarche-Venne. La réorganisation de la commission scolaire en « territoires », et non plus en réseaux, favorise le dialogue entre les écoles primaires et secondaires d’un même secteur tout comme elle permet de résoudre des problèmes communs aux écoles dudit secteur. Une plus grande autonomie des écoles, l’utilisation des tableaux blancs intelligents (TBI), l’amélioration du suivi lorsqu’un élève passe du primaire au secondaire (38 % des jeunes choisissaient le privé pour le secondaire) sont d’autres facteurs qui expliquent la réussite des élèves, soutient Mme Lamarche-Venne.

 

Avec 52 000 élèves, la CSMB est l’une des plus grosses de l’île de Montréal. Elle jouit aussi de l’une des plus grandes diversités avec 61 % d’élèves allophones, dont la moitié passe par les classes d’accueil. La diplomation après cinq ans de secondaire sans interruption n’est pas chose facile, mais elle a néanmoins augmenté légèrement : le taux est de 64,5 %, comparativement à 63 % l’année précédente. « Si c’était notre bulletin, on se donnerait 100 % », a déclaré la présidente.

 

Économiser est possible

 

Mme Lamarche-Venne se garde de faire la leçon aux autres, mais elle ne croit pas qu’il est impossible de réaliser l’effort d’absorber les compressions comme le demande le gouvernement Marois. « Je n’aime pas le ton ni le message de la Fédération [des commissions scolaires du Québec]. Ce n’est pas pour rien qu’on n’est plus là », a dit la présidente, rappelant que la CSMB a annoncé en juin dernier qu’elle quitterait la FCSQ au printemps prochain. « Je ne crache pas dans la main qui me nourrit. Les commissions scolaires sont une création du ministère, il faut trouver une façon de se parler. Je trouve ça dommage ce qui arrive ».

 

Mme Lamarche-Venne convient que l’impact des compressions est à géométrie variable et que la situation de certaines commissions scolaires, notamment en région, est très difficile. Mais de là à dire qu’il n’y a rien à faire… « On aurait eu avantage à s’organiser en communautés de pratiques pour pouvoir échanger sur la façon de faire les choses », a-t-elle souligné.

 

La CSMB dit ne pas avoir eu grand mal à se serrer la ceinture et à absorber les 15 millions de réductions qui lui ont été imposées ces dernières années. « L’ajustement budgétaire, c’est très bienvenu », a dit Diane Lamarche-Venne. Au secondaire, par exemple, le transport des élèves handicapés vers leur école spécialisée a été coupé et des GPS ont été installés dans les camions de livraison. Une révision en profondeur de la paye des quelque 8600 employés permanents a permis d’éliminer les erreurs et les doublons. « Rien qu’avec ça, on a économisé des centaines de milliers de dollars ». Elle admet toutefois que les compressions ont été moins douloureuses étant donné que la clientèle a augmenté et qu’elles ont touché les projets spéciaux plutôt que les écoles directement.

 

Mais son appel à l’effort ne doit pas être un argument pour l’abolition. Au contraire. Après plusieurs changements (réformes, bulletins, etc.), Mme Lamarche-Venne plaide plutôt pour plus de stabilité dans les commissions scolaires. « Il y a des choses qui fonctionnent bien. Alors, pourquoi tout rebrasser ? »

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