Voix dissidente au sein des commissions scolaires

Avec 52 000 élèves, la CSMB est l’une des plus grosses de l’île de Montréal. Elle jouit aussi de l’une des plus grandes diversités avec 61 % d’élèves allophones, dont la moitié passe par les classes d’accueil.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Avec 52 000 élèves, la CSMB est l’une des plus grosses de l’île de Montréal. Elle jouit aussi de l’une des plus grandes diversités avec 61 % d’élèves allophones, dont la moitié passe par les classes d’accueil.

Est-il possible de se serrer la ceinture tout en diminuant le décrochage scolaire ? Oui, dit Diane Lamarche-Venne, présidente de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, qui a atteint 79,7 % de taux de diplomation après sept ans, soit le meilleur taux de son histoire. Elle reconnaît que son discours n’est pas « politically correct », mais qu’il tranche sur celui des commissions scolaires, qui prétendent ne pas pouvoir si facilement favoriser la réussite de leurs élèves après avoir subi autant de compressions.

« Nous, on dit, que oui, c’est possible de faire plus avec moins. Ce n’est pas politically correct de le dire, mais on en fait la preuve », a indiqué au Devoir Mme Lamarche-Venne, consciente que les commissions scolaires disent actuellement le contraire.

 

Selon les données du ministère récemment publiées, le taux de diplomation pour l’année 2012-2013 de presque 80 % de la CSMB constitue une hausse de 4 points sur l’année antérieure. La prévision étant de passer de 71 % à 76 % en sept ans, l’objectif du plan stratégique 2010-2014 de cette commission scolaire est ainsi déjà atteint. L’effort sera à poursuivre pour atteindre 83 % de diplomation d’ici 2020, selon l’entente avec le ministère de l’Éducation.

 

Comment expliquer ces bons résultats ? Le plan stratégique relativement récent n’explique pas tout, reconnaît Mme Lamarche-Venne. La réorganisation de la commission scolaire en « territoires », et non plus en réseaux, favorise le dialogue entre les écoles primaires et secondaires d’un même secteur tout comme elle permet de résoudre des problèmes communs aux écoles dudit secteur. Une plus grande autonomie des écoles, l’utilisation des tableaux blancs intelligents (TBI), l’amélioration du suivi lorsqu’un élève passe du primaire au secondaire (38 % des jeunes choisissaient le privé pour le secondaire) sont d’autres facteurs qui expliquent la réussite des élèves, soutient Mme Lamarche-Venne.

 

Avec 52 000 élèves, la CSMB est l’une des plus grosses de l’île de Montréal. Elle jouit aussi de l’une des plus grandes diversités avec 61 % d’élèves allophones, dont la moitié passe par les classes d’accueil. La diplomation après cinq ans de secondaire sans interruption n’est pas chose facile, mais elle a néanmoins augmenté légèrement : le taux est de 64,5 %, comparativement à 63 % l’année précédente. « Si c’était notre bulletin, on se donnerait 100 % », a déclaré la présidente.

 

Économiser est possible

 

Mme Lamarche-Venne se garde de faire la leçon aux autres, mais elle ne croit pas qu’il est impossible de réaliser l’effort d’absorber les compressions comme le demande le gouvernement Marois. « Je n’aime pas le ton ni le message de la Fédération [des commissions scolaires du Québec]. Ce n’est pas pour rien qu’on n’est plus là », a dit la présidente, rappelant que la CSMB a annoncé en juin dernier qu’elle quitterait la FCSQ au printemps prochain. « Je ne crache pas dans la main qui me nourrit. Les commissions scolaires sont une création du ministère, il faut trouver une façon de se parler. Je trouve ça dommage ce qui arrive ».

 

Mme Lamarche-Venne convient que l’impact des compressions est à géométrie variable et que la situation de certaines commissions scolaires, notamment en région, est très difficile. Mais de là à dire qu’il n’y a rien à faire… « On aurait eu avantage à s’organiser en communautés de pratiques pour pouvoir échanger sur la façon de faire les choses », a-t-elle souligné.

 

La CSMB dit ne pas avoir eu grand mal à se serrer la ceinture et à absorber les 15 millions de réductions qui lui ont été imposées ces dernières années. « L’ajustement budgétaire, c’est très bienvenu », a dit Diane Lamarche-Venne. Au secondaire, par exemple, le transport des élèves handicapés vers leur école spécialisée a été coupé et des GPS ont été installés dans les camions de livraison. Une révision en profondeur de la paye des quelque 8600 employés permanents a permis d’éliminer les erreurs et les doublons. « Rien qu’avec ça, on a économisé des centaines de milliers de dollars ». Elle admet toutefois que les compressions ont été moins douloureuses étant donné que la clientèle a augmenté et qu’elles ont touché les projets spéciaux plutôt que les écoles directement.

 

Mais son appel à l’effort ne doit pas être un argument pour l’abolition. Au contraire. Après plusieurs changements (réformes, bulletins, etc.), Mme Lamarche-Venne plaide plutôt pour plus de stabilité dans les commissions scolaires. « Il y a des choses qui fonctionnent bien. Alors, pourquoi tout rebrasser ? »

9 commentaires
  • Chris G. Eustace - Abonné 22 octobre 2013 04 h 49

    Est-ce que vous écoutez Commission scolaire Lester-B.-Pearson?

    22 octobre 2013


    « Je trouve ça dommage ce qui arrive »


    « Une plus grande autonomie des écoles.....»


    Bravo, Diane Lamarche-Venne ...

    Est-ce que vous écoutez Commission scolaire Lester-B-Pearson?

    Président Suanne Stein Day en Chine: revenir, revenir vous avez manqué à la réunion du Comité exécutif hier ... J'ai des questions sur le budget ....

    (Pour le gouvernement: Nous sommes anglais, nous ne sommes pas spécial) ....

    Le gouvernement doit enquêter sur les finances: nous avons besoin d'un nouveau système - peut-être quelque chose comme ceci:


    Parlons du financement. Il est grand temps que les commissions scolaires rendent compte au contribuable sur le plan financier. Les mesures suivantes en matière de contrôle et de comptabilité ouverte devraient être effectuées régulièrement :

    - Une fois par année, un rapport complet des activités financières de la commission devrait être publié sur le site Web de cette dernière. Cette tâche devrait être confiée à un cabinet d’expertise comptable indépendant

    - Tous les trois ans, une enquête de vérification judiciaire complète devrait être effectuée et les résultats publiés sur le Web. Tous les contrats publics et les informations pertinentes quant aux appels d’offres devraient être conservés dans une base de données.

    Ces mesures devraient, espérons-le, éviter le gaspillage des fonds publics et la mauvaise gestion financière.


    lundi soir, le 28 Octobre 2013, regardez la charade du Budget:


    "Avis au public (dans le journal) - Public Notice

    2012-2013

    États financiers / Rapport du vérificateur ..Financial Statements/ Auditor's Report



    Merci Diane Lamarche-Venne pour votre honnêteté et la sincérité - un bon exemple pour nos enfants

    10/10


    Chris Eustace

    (Enseignant retraité)

  • Pierrette L. Ste Marie - Inscrit 22 octobre 2013 06 h 54

    Bravo!

    Il est temps que les commissions scolaires fassent preuve d'un leadership d'expertise... si elles veulent survivre

  • Michel Savoie - Inscrit 22 octobre 2013 06 h 57

    De bien beaux chiffres...

    Que voilà un bel article contenant de belles nouvelles! Voici donc ce qu'est devenu l'éducation dans notre belle société de consommation: des pourcentages sur la réussite, des données, des chiffres... Mais où sont passés les élèves, ces futurs citoyens, dans cette culture d'entreprise où le rendement prend le dessus sur l'humain? 79,7 % de taux de diplomation? C'est très beau sur papier, mais dans la réalité, je serais extrêmement curieux de vérifier si les enfants qui obtiennent leur diplôme sont vraiment plus préparés à affronter ce que l'avenir leur réserve et à résoudre les problèmes que nous leur laissons. Malheureusement, j'en doute...

    Lorsqu'il est question de statistiques, les commissions scolaires sont passées maître dans l'art de nous berner.

  • Jérôme Rousseau - Inscrit 22 octobre 2013 07 h 05

    Une commission scolaire pertinente ?

    Il est rare de voir cette structure scolaire efficace et pertinente! Il n'en demeure pas moins que leur disparition devra être toujours considérée comme solution.

    • Régine Pierre - Inscrite 22 octobre 2013 08 h 29

      Ce serait une très mauvaise solution! La centralisation au Ministère de l'éducation est déjà trop grande. On a vu avec la réforme 2000 les conséquences catastrophiques que cela donnerait si le Ministère avait encore plus de pouvoir. Les Commissions scolaires sont près de leurs milieux, elles coordonnent les ressources et elles ont accumulé un champ d'expertise extrêmement important que l'on perdrait si on les éliminait. Ne pas céder au discours démagogique de François Legault, le Ministre auquel on doit la réforme 2000.

  • Stanislas Vézina - Inscrit 22 octobre 2013 08 h 12

    J'en suis certain

    Une bonne gestion est davantage une question de succès que d'investissements non pertinents.