«Identités et engagement» - À propos d’histoire, de géographie et de sensibilisation à la citoyenneté

Pierre Vallée Collaboration spéciale
L’identité québécoise et canadienne sera au cœur du prochain congrès de l’AQEUS.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz L’identité québécoise et canadienne sera au cœur du prochain congrès de l’AQEUS.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’Association québécoise des enseignants en univers social (AQEUS) tiendra son congrès annuel du 16 au 18 octobre, au Domaine du Château-Bromont, sous le thème « Identités et engagement ». Entrevue avec la présidente, Lise Proulx.

 

L’AQEUS regroupe principalement les enseignants des niveaux primaire et secondaire qui enseignent les matières liées à l’univers social. « Au fond, ce qu’on appelle aujourd’hui dans notre milieu l’univers social, c’est ce qu’on appelait autrefois dans notre milieu les sciences sociales, précise Lise Proulx. Nos membres sont donc essentiellement des enseignants de géographie ou d’histoire et de sensibilisation à la citoyenneté. Nous comptons aussi parmi nos membres des conseillers pédagogiques ainsi que certains universitaires, principalement des didacticiens, donc des spécialistes de la pédagogie. »

 

L’AQEUS compte présentement environ 400 membres et sa création remonte à la fin des années 1960. « Lors de sa création, l’association portait le nom de Société des professeurs de géographie. Mais, en 2007, on a décidé de se moderniser et de s’ouvrir et le nom a été changé pour celui d’AQEUS, qui est plus représentatif de nos membres. »

 

Identités et engagement

 

La thématique retenue cette année est « Identités et engagement ». « Ça nous est apparu comme un thème intéressant et rassembleur. D’une part, l’engagement, c’est au coeur de ce qu’est l’univers social. Quant à l’identité, on a pris soin de l’écrire au pluriel, car il y a plusieurs paliers d’identité, par exemple l’identité linguistique, culturelle, citoyenne, etc. Elle n’est pas si facile à définir que ça, d’autant plus que les individus changent au long de leur vie. On a pensé qu’en combinant les deux, identités et engagement, on avait là un thème auquel la majorité de nos membres pourraient se rattacher. Nous essayons toujours de choisir des thèmes assez vastes qui permettent d’inclure tous nos membres. »

 

La conférence d’ouverture, portant sur ce thème, sera donnée par Michel C. Auger, journaliste chevronné aujourd’hui au micro de Radio-Canada, et Graham Fraser, ancien journaliste et actuel commissaire aux langues officielles du Canada. « Cela nous semble être un duo particulièrement intéressant. Nous avons hâte d’entendre ce que M. Fraser aura à dire du thème, car c’est un point de vue que nos membres n’ont pas souvent l’occasion d’entendre. »

 

De plus, une conférence pré-congrès sera donnée par Khalid Adnane, professeur et économiste associé à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. « M. Adnane est un spécialiste de la mondialisation et la mondialisation a aussi un effet sur l’engagement et les identités. » Khalid Adnane est aussi responsable du baccalauréat en enseignement au secondaire pour le profil « Univers social » à l’Université de Sherbrooke.

 

Et, comme il faut bien s’amuser un peu et que les congrès sont aussi une occasion de socialisation et de réseautage, un souper-spectacle suivi d’une soirée dansante est prévu à l’horaire. Il ne fait aucun doute que les spectateurs riront, mais intelligemment, car le spectacle a été confié à l’humoriste et animateur Boucar Diouf. « Nous n’aurions pas pu trouver quelqu’un de plus juste que Boucar Diouf pour aborder de façon humoristique la thématique des identités et de l’engagement. »

 

Les ateliers

 

Quant aux ateliers, on en compte une bonne cinquantaine. « On demande aux conférenciers et aux membres des groupes de discussion de se coller le plus près possible au thème retenu. Évidemment, ce n’est pas possible dans tous les ateliers. Par exemple, certains ateliers portent sur des expériences particulières vécues par des enseignants de l’univers social. Les didacticiens vont plutôt se servir de leurs ateliers pour présenter de nouveaux outils ou de nouvelles méthodes pédagogiques pour l’enseignement des matières de l’univers social. Nous avons même organisé un atelier portant sur le renouvellement du programme annoncé par la ministre de l’Éducation et qui vise le renforcement de l’enseignement de l’histoire. Comme ce nouveau programme aura un impact direct sur certains de nos enseignants, aussi bien s’y préparer et peaufiner notre point de vue. »

 

En plus des ateliers, on a aussi prévu à l’horaire quelques sorties à l’extérieur, afin de permettre aux congressistes de faire connaissance avec le milieu. « Il faut comprendre que nos congressistes sont des professeurs d’histoire et de géographie, et connaître les lieux historiques comme géographiques d’une région non seulement représente pour eux un intérêt particulier, mais cela peut aussi nourrir leur enseignement. » De plus, on a aussi organisé une exposition où se trouveront, entre autres, des éditeurs de matériel pédagogique.

 

Francophones hors Québec

 

Cette année, l’Association des études canadiennes s’est associée à l’AQEUS pour l’organisation du congrès. « Chaque année, l’Association d’études canadiennes choisit une association dont le mandat se rapproche du sien et elle s’y colle afin de participer à l’organisation de son congrès. Cette année, c’est l’AQEUS qui a été choisie. » L’Association d’études canadiennes y organisera même un atelier portant sur les 50 ans de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.

 

De plus, plusieurs de ses membres seront sur place et participeront aux ateliers. « C’est une occasion unique pour nous d’accueillir et de rencontrer des enseignants francophones hors Québec. Ces professeurs enseignent les mêmes disciplines que nous et, même si les programmes sont différents, ils enseignent tout de même, comme nous, à des enfants et à des jeunes qui, au fond, ne sont pas si différents des nôtres. »

 


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