Les enseignants des cégeps s’inquiètent de la mise en oeuvre du nouveau cours d’histoire

Un nouveau cours d’histoire du Québec à bâtir à « coût zéro ». Une baisse démographique préoccupante pour les établissements en région. De plus en plus d’étudiants aux besoins particuliers. Telles sont les préoccupations de la Fédération des enseignants de CEGEP (FEC-CSQ) qui soulignaient, vendredi, la Journée mondiale des enseignants.

 

Au moment de faire le bilan sur les multiples chantiers de travail lancés par le Parti québécois depuis son arrivée au pouvoir, le président de la FEC-CSQ, Mario Beauchemin, rappelle que les cégeps et le gouvernement ne s’entendent toujours pas sur le dossier de l’heure : la mise en application du nouveau cours d’histoire nationale dont l’implantation est prévue à l’automne 2014.

 

Pour l’instant, le gouvernement propose de retirer des crédits dans la formation générale complémentaire afin d’ajouter ledit cours d’histoire.

 

Plutôt que de remplacer un cours pour un autre, il faudrait simplement bonifier la formation, avance Mario Beauchemin, qui s’inquiète notamment de la perte d’emplois chez certains des membres de la fédération « les plus précaires ».

 

« Le gouvernement veut que ça se fasse à coût zéro. Pour faire les choses adéquatement, il devrait dégager de l’argent pour ajouter ce cours-là dans les différents programmes », un ajout qui coûterait 12 millions de dollars et demanderait 250 postes supplémentaires, selon les calculs de la Fédération.

 

Recrutement

 

Autre enjeu relevé par les cégeps : la baisse démographique étudiante dont les effets se font surtout sentir dans les régions.

 

D’après M. Beauchemin, le gouvernement semble assez réceptif aux propositions de la FEC-CSQ. À la Fédération, on suggère entre autres la mise en place d’incitatifs financiers à la mobilité pour encourager les jeunes à choisir un cégep hors de la métropole.

 

Si les effectifs étudiants sont en baisse, le nombre de jeunes arrivant au cégep avec des besoins particuliers, lui, est en hausse fulgurante, enchaîne le président de la FEC-CSQ.

 

« 400 % d’augmentation », signale Mario Beauchemin, citant un rapport de la Ligue des droits et libertés. Face à l’arrivée massive de ces étudiants aux besoins particuliers, les cégeps ne sont pas équipés.

 

« Les mesures qu’on a instaurées au secondaire ont fonctionné. Ces étudiants [aux besoins particuliers] réussissent davantage, donc ils peuvent s’inscrire au collégial. » Mais lorsqu’ils arrivent au cégep, on les laisse à eux-mêmes, sans ressources. C’est comme si « tout [était] à refaire », analyse Mario Beauchemin.

 

Pour lui, c’est une question d’attribuer les ressources nécessaires à l’achat de logiciels spécialisés, par exemple.

 

Cette proposition, comme bien d’autres, sera discutée lors d’une rencontre avec le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, le 18 octobre prochain.

1 commentaire
  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 octobre 2013 08 h 33

    «Plutôt que de remplacer un cours pour un autre, il faudrait simplement bonifier la formation, avance Mario Beauchemin».

    Ce qui veut tout aussi «simplement» dire alourdir les grilles de cheminement scolaire dans tous les programmes.

    Or, théoriquement, chacune de ces grilles est déjà optimisée, les programmes devant même pour ce faire se résigner à consacrer moins de temps qu'il serait utile à l'une ou l'autre des disciplines de la formation spécifique.

    Si une extension des grilles étaient envisageable, il n'est donc pas du tout évident que les membres de sa propre fédération trouveraient si «simple» de le faire au profit de l'enseignement de l'histoire.

    Cela, monsieur Beauchemin le sait très bien, mais il est tellement plus «simple» de mettre en cause le refus de dépenser, «simplement», les douze millions de dollars qui permettraient de créer des emplois permanents. Car qui peut être contre cela, n'est-ce pas...