Commission sur le printemps érable - La SQ ne remet pas en question ses interventions

Le directeur de la SQ Mario Laprise témoignait jeudi.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le directeur de la SQ Mario Laprise témoignait jeudi.

À la manière du chef de police de la Ville de Montréal la veille, le directeur de la Sûreté du Québec, Mario Laprise, a défendu jeudi devant la commission Ménard le travail des agents lors des manifestations du printemps dernier. La SQ a tiré des leçons de l’émeute qui a éclaté à Victoriaville le 4 mai 2012 et souhaite améliorer ses pratiques, assure-t-il.

 

M. Laprise, qui est entré en fonction en octobre 2013, a souligné la « pression énorme » subie par les policiers de la SQ lors de leurs 473 interventions dans le conflit étudiant, étalées sur sept mois. « Seuls des événements totalement imprévisibles ont causé des dérapages », a-t-il avancé. Lors de la manifestation de Victoriaville, les forces de l’ordre ont, selon lui, été surprises par le degré de « violence » et de « brutalité ».

 

Agir en amont

 

C’est l’infiltration d’« anarchistes » au sein du groupe de manifestants pacifiques qui explique à son avis le résultat de la manifestation de Victoriaville : un violent affrontement entre policiers et manifestants, trois étudiants blessés gravement et 106 arrestations. Alors, pourquoi ne pas avoir procédé à des interventions préventives ? a demandé la commissaire Claudette Carbonneau. « C’est notre défi, a rétorqué M. Laprise. C’est-à-dire : trouver comment déceler les groupes [anarchistes] et comment intervenir avant qu’eux n’interviennent. »

 

L’actuel directeur de la SQ n’a toutefois pas été en mesure d’évaluer s’il était justifié de tirer des projectiles de plastique contre les manifestants alors qu’un épais nuage de fumée limitait la visibilité des policiers. Des spécialistes de la SQ pourront offrir des explications, s’est-il contenté de répondre.

 

Première semaine

 

En fin de journée, l’ancien vice-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Simon Harvey, a comparé le climat régnant à Victoriaville le jour de l’émeute à celui d’une « guerre civile ». Il croit que les policiers auraient pu cibler les casseurs s’ils avaient suivi le cortège de manifestants dès le début de la marche vers le Palais des congrès.

 

La Commission spéciale d’examen des événements du printemps 2013 a conclu jeudi sa première semaine d’audiences publiques. Celles-ci reprendront le lundi 21 octobre prochain à compter de 10 h.

11 commentaires
  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 27 septembre 2013 00 h 56

    AGENTS PROVOCATEURS.

    Qui ne se souvient pas à Montebello de ces trois policiers déguisés en provocateurs, et démasqués dans ce célèbre vidéo, lien ci-dessous:

    http://www.youtube.com/watch?v=m-P70EM0pEA

    C'est une tactique connue, la provocation policière. Lors de la crise d'octobre 1970, la plupart des tracs ( communiqués ) venaient des policiers.

    ( l’émission de 13 faux communiqués du FLQ en 1971, rédigés pour la plupart par l’informatrice Carole Devault, dans le cadre de la mise sur pied d’une fausse cellule du FLQ, la cellule André Ouimet. La fausse cellule revendiquera un attentat à la bombe incendiaire à la compagnie « Brink’s » de Montréal en janvier de la même année. )

    Il y a même un policier ( l'agent Samson ) dont la bombe qu'il allait poser lui a éclaté au visage.

    ( À Montréal en 1974, Robert Samson, un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) est arrêté après avoir été hospitalisé. La bombe qu’il posait lui ayant explosé dans les mains. Très vite, il semble que Samson soit corrompu et poseur de bombe occasionnel pour des membres du monde interlope. Interrogé en audience préliminaire en vue de son procès, il s’exclame : « J’ai fait bien pire pour la GRC ! » )

    Lors des manifestations du G 20 à Toronto en 2010, plusieurs grands provocateurs ont été identifiés par leurs bottes et leurs walkie-talkies de police à la ceinture, caché sous le t-shirt.

    Ce ne sont pas les anarchistes ( probablement plusieurs policiers provocateurs et déguisés dans ce groupe ) qui ont été visés par les balles de caoutchouc, mais des étudiants.

    La police avait même placé une ''palette'' de briques près de l'hotel où se réunissaient le P.L.Q. pour inviter les manifestants à faire déraper la manifestation.

    La majorité du temps, la police fait du bon travail, mais quand elle utilise des tactiques illégales pour provoquer une émeute, c'est criminel.

    • Hélène Paulette - Abonnée 27 septembre 2013 10 h 47

      des victimes attribuées au FLQ ont été causées par de fausses cellules de la GRC, dont celles de la Place de la Bourse....

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 27 septembre 2013 14 h 02

      À Victoriaville, ce n'était pas des balles de caoutchouc, c'était du plastique très dur, et c'était assez rapide pour arracher une dentition ou causer une hémorragie interne majeure, comme ils en ont fait la démonstration sur le terrain. Le soir et le lendemain, les témoignages qui circulaient sur le web étaient absolument terrifiants (en particulier ceux des ambulanciers).

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 28 septembre 2013 00 h 08

      C'est vrai que c'était des projectiles de plastique dur. Et ces engins très très dangeureux peuvent être manipulés par des hystériques comme l'agent 728 ( Stéphanie Trudeau ).

      Alors le droit de manifester existe, oui, mais avec les provocateurs policiers infiltrés ( et reconnus par leurs pairs ) et les policiers hystériques en armure et armés, c'est dangeureux même pour une personne manifestant pacifiquement.

      La décision de te tirer dessus par balles de caoutchouc, grenades assourdissantes, matraques, poivre de cayenne etc etc, est laissée au bon désir des policiers. Et certains se plaisent dans ce jeu.

      Dommage, très dommage, car les grecs nous ont légué l'Agora, l'espace public pour s'exprimer, mais les policiers ne sont pas portés sur la philo.

  • Jacques Boulanger - Inscrit 27 septembre 2013 06 h 19

    C'est écrit dans le ciel !

    Demander à un chef de police de témoigner sur le travail des membres de son corps policier, c’est comme demander à «Mom» Boucher de témoigner sur le travail des «pushers de rue». Ça va nous apprendre ben des choses.

  • Hélène Paulette - Abonnée 27 septembre 2013 09 h 51

    Victoriaville, 4 mai 2012

    Ont été vus, lors du rassemblement de la manif face au Walmart, une demi-douzaines de personnes cagoulées à la caisse du Maxi au grand étonnement de la caissière et à la barbe des agents de sécurité et d'un détachement de la SQ...

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 27 septembre 2013 14 h 03

      Et ensuite, qu'est-ce qui est arrivé ?

    • Hélène Paulette - Abonnée 27 septembre 2013 22 h 24

      Il est arrivé que, plus tard à la manifestation, des casseurs se sont mis en première ligne et ont lancé des pièces pyrotechniques sur les policiers malgré les protestations des manifestants et s'en sont même pris à des caméramans.
      Mais le but de ma démonstration est qu'ils auraient pu facilement être interpellés par les policiers avant la manif...
      Essayez d'entrer dans un commerce cagoulé pour voir...

  • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 27 septembre 2013 12 h 43

    "Lors de la manifestation de Victoriaville, les forces de l’ordre ont, selon lui, été surprises par le degré de « violence » et de « brutalité »."

    Hahahahahahahahhahahaha ! Quel sans-gêne, quand même...
    Ce qui est fascinant, c'est qu'on accorde encore de la crédibilité à ces gens-là.

  • Bernard Pottier - Inscrit 27 septembre 2013 13 h 27

    ...

    Ouf, démoniser les anarchistes, c'est tellement nouveau, tellement original. Du même souffle, vite, confirmons que le profilage politique n'existe pas!

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 27 septembre 2013 21 h 00

      Malheureusement, le ridicule ne tue pas.