Recours collectif - Une victoire aux yeux des étudiants

Même si ce n’est qu’un premier pas pour leur cause, l’autorisation par la Cour du recours collectif contre l’arrestation massive du 23 mai 2012 est une victoire en soi pour les manifestants et groupes d’étudiants. Ils espèrent que cette cause, qui sera entendue en 2014, servira de leçon à la police et en encouragera plusieurs à poursuivre leurs démarches de contestation.

 

« C’est une bonne manière de pousser les gens à aller au bout de leur poursuite, ce qui est dur quand on se fait judiciariser », a dit Justin Arcand, coporte-parole de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE).

 

C’est aussi un message clair envoyé aux policiers, croit-il. « On est en train de leur dire, vous ne pouvez plus faire ça pour le moment, a-t-il ajouté. La déontologie policière ne fonctionne pas, l’exemple de [l’agent matricule] 728 en est un bon. Aux dernières nouvelles, on n’a pas vu beaucoup de policiers et de policières devant la Cour, contrairement aux étudiants. On parle d’environ 4000 judiciarisés pendant la grève et un peu après. »

 

Jean-Pierre Lord, qui mène le recours collectif au nom des 508 personnes qui ont reçu un constat d’infraction pendant cette manifestation nocturne de mai et qui ont été séquestrées dans des autobus de la police et détenues durant de longues heures, est heureux de l’autorisation du recours. « Mais je m’attends à une lutte de dix ans », a-t-il dit, rappelant que la jurisprudence est faible : un seul cas de recours collectif dans le cadre d’une manifestation a été remporté. C’était en 1997, une cause défendue par l’avocat bien connu Julius Grey.

 

M. Lord, qui est militant au sein du Parti québécois, souhaite aussi que sa lutte ait un impact sur la police. « Je n’agis pas de manière revancharde. […] Je suis dans l’optique d’un dialogue, je ne suis pas là pour casser la ville », a-t-il indiqué, soulignant qu’il est allé plusieurs fois au poste de police pour dialoguer. Au coeur de son argumentaire, il tentera de faire valoir que l’arrestation de masse du 23 mai était une « commande politique ». « C’était juste après l’adoption de la loi spéciale. Comment ça se fait qu’on peut aussi rapidement mobiliser 17 autobus, des policiers des couronnes nord et sud et procéder à une arrestation massive ? L’opération était déjà montée », croit-il. Jean-Pierre Lord promet d’aller témoigner à la commission Ménard afin de faire valoir ce point.

3 commentaires
  • Jean-Yves Arès - Abonné 19 septembre 2013 08 h 27

    «Comment ça se fait qu’on peut aussi rapidement mobiliser 17 autobus»

    Il faut vraiment expliquer monsieur Lord ?

    Rendu a la xième manifestation ou le modus operandis des manifestant repose largement sur la défiance des règlements sur l'ordre public en quoi peut-il être surprenant que la police s'organise en conséquence?

    • Sylvain Auclair - Abonné 19 septembre 2013 10 h 13

      Ça me rappelle les arrestations à Québec. On avait réservé une prison complète, mais pas foutus d'avoir des juges pour que les droits des détenus à comparaitre soient respectés.

  • Sylvain Auclair - Abonné 19 septembre 2013 10 h 07

    Un message aux policiers?

    Vous me faites rire. La police se fout complètement de votre poursuite. Un: ils ont réussi leur coup, c'est-à-dire à casser la manif. Ce qui se passe un ou dix ans plus tard n'a pas d'importance.
    Deux: c'est la ville qui va payer. Aucun policier ne sera puni pour ce qu'il a fait.
    Trois: la ville, c'est nous tous.