Étude québécoise - Le quart des enfants qui entrent à la maternelle sont «vulnérables»

Les expériences en service de garde peuvent mieux préparer les enfants à faire leurs premiers pas à l’école.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Les expériences en service de garde peuvent mieux préparer les enfants à faire leurs premiers pas à l’école.

Le quart des petits Québécois qui entrent à la maternelle sont qualifiés de « vulnérables » par une enquête publiée par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) mercredi.

 

Mais quel est le portrait type de l’enfant vulnérable qui entre à la maternelle ? C’est un garçon dont la langue maternelle n’est pas le français ou l’anglais, qui est plus jeune que ses camarades de classe, provient de Montréal, de l’Outaouais ou de Laval - probablement d’un milieu défavorisé - et qui n’a pas profité d’un service de garde avant d’entrer à la maternelle. Des enfants comme lui, il y en a quelque 19 900 au Québec.

 

«Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est alarmant, mais c’est préoccupant si on considère qu’il y a des risques pour ces enfants-là d’avoir des difficultés dans les années ultérieures», souligne Nathalie Bigras, professeure titulaire au Département de didactique de l’Université du Québec à Montréal.

 

Fragilités

 

Dans l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle 2012 (EQDEM), la première du genre réalisée au Québec, l’ISQ souligne que 26 % des enfants à la maternelle sont vulnérables dans au moins un domaine de développement, mettant ainsi le doigt sur les facteurs de fragilité chez les enfants dans des champs de développement déterminés par un instrument de mesure reconnu.

 

Au rang des domaines de développement évalués par les 4000 enseignants engagés dans l’étude, on parle de la santé physique et du bien-être (ponctualité, propreté), des compétences sociales (autonomie et curiosité), de la maturité affective (capacité de réfléchir avant d’agir), du développement cognitif et langagier (maîtrise de la lecture et des mathématiques) et des habiletés de communication et des connaissances générales (capacité à raconter des histoires).

 

Service de garde

 

Lorsqu’elle a pris connaissance de l’Enquête, c’est l’aspect lié aux services de garde qui a le plus interpellé Nathalie Bigras, aussi directrice scientifique de l’équipe de recherche Qualité éducative. Selon le rapport, « les expériences préscolaires peuvent favoriser une transition réussie vers l’école ». « Ça apparaît une piste prometteuse pour les décideurs qui veulent essayer d’intervenir pour limiter la proportion d’enfants vulnérables et renverser les chiffres », souligne la chercheuse.

 

Mais attention, dit Mme Bigras. « Il faut comprendre la portée des résultats. Il ne faut pas que tous les enfants demain matin fréquentent les services de garde. Il s’agit quand même d’une enquête corrélationnelle. On ne peut pas attribuer un lien de causalité. Il se peut que les enfants qui ont fait partie de l’étude étaient moins vulnérables lorsqu’ils ont commencé à fréquenter le service de garde. Il se peut que les plus vulnérables ne se retrouvent pas aux services de garde », prévient-elle.

 

Néanmoins, les résultats diffusés mercredi par l’ISQ la confortent dans l’idée qu’il faut continuer à étudier cet aspect.