«On peut parler d’une continuité», croit le ministre Duchesne

Thierry Haroun Collaboration spéciale
L’une des recommandations du rapport, selon laquelle il importe pour les universités « d’innover et d’expérimenter », est très évocatrice encore aujourd’hui, souligne le ministre Pierre Duchesne.
Photo: - Le Devoir L’une des recommandations du rapport, selon laquelle il importe pour les universités « d’innover et d’expérimenter », est très évocatrice encore aujourd’hui, souligne le ministre Pierre Duchesne.

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation – rapport Parent

Le rapport Parent est l’une des grandes réalisations issues de la Révolution tranquille, juge Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, qui précise que les chantiers de travail en cours émanant du Sommet sur l’enseignement supérieur s’inscrivent en droite ligne avec l’esprit et la lettre des tomes de ce rapport produit il y a un demi-siècle.

 

« Le rapport Parent, c’est probablement la plus grande réalisation de la Révolution tranquille, avec la nationalisation de l’hydroélectricité. Écoutez, ce rapport annonçait la création du ministère de l’Éducation, puis la mise sur pied du réseau des cégeps à travers le Québec ainsi que du réseau de l’Université du Québec », note d’entrée de jeu le ministre Pierre Duchesne.

 

« La démocratisation de l’éducation » lui vient aussi à l’esprit quand on évoque le rapport Parent, « ce qui n’est pas peu », dit-il, d’autant « que nous étions une des sociétés qui avaient, surtout chez les francophones, un taux de scolarisation anormalement bas. Et on sait que tout progrès d’une société passe par le savoir. Et du moment qu’on peut partager ce savoir, en faire profiter le plus grand nombre, il s’ensuit indéniablement une économie plus riche et une société plus tolérante. » Ce rapport, dit-il, est un des éléments fondateurs d’un Québec qui passait à la modernité.

 

« On est passé d’une société qui était ultracatholique - l’enseignement passait par les communautés religieuses - à la sécularisation, et ce, d’une manière paisible et par étapes, ce qui a ainsi fait passer le Québec au statut de société moderne. Vous savez, les conséquences de ce rapport sont multiples et elles continuent à se faire sentir aujourd’hui. »

 

Toujours d’actualité

 

Dans l’un des tomes du rapport Parent, il est dit que l’éducation doit à la fois s’enraciner dans la tradition et se projeter dans l’avenir. Une phrase qui est toujours au goût du jour, selon le ministre Duchesne. « C’est d’actualité plus que jamais, parce qu’une société qui se modernise et qui se projette dans l’avenir doit aussi tenir compte de ce qu’elle a été, afin de ne pas répéter les erreurs du passé. Nous sommes, dans les faits, porteurs d’un passé. »

 

Par ailleurs, l’une des recommandations du rapport, selon laquelle il importe pour les universités « d’innover et d’expérimenter », est très évocatrice encore aujourd’hui, souligne le ministre. « On le savait déjà à l’époque. Et ce qui est lumineux dans ce rapport, c’est le fait de reconnaître que le savoir permettra à la société d’être riche à plusieurs égards. C’est vraiment d’actualité. Il s’agit de penser au réseau de l’Université du Québec. » Le rapport Parent évoquait aussi le souhait « que l’enseignement soit de bonne qualité partout et que, pour cela, on relève le plus rapidement possible le niveau de l’enseignement dans nombre de quartiers urbains, de régions rurales ou de centres éloignés qui constituent des secteurs particulièrement défavorisés ».

 

Accès à tous

 

Une réflexion n’est pas sans rappeler certains enjeux auxquels sont présentement confrontés les réseaux collégial et universitaire, juge le ministre Duchesne. « Il faut s’assurer que les cégeps en région puissent continuer à exister. Et c’est d’ailleurs une des suites que s’est données le Sommet sur l’enseignement supérieur [tenu les 25 et 26 février derniers], dont l’un des chantiers porte sur la formation collégiale, chantier qui doit évaluer et me proposer des outils pour assurer la solidité de certains cégeps. »

 

Pour ce qui est du réseau universitaire, le ministre rappelle une récente annonce qu’il a faite concernant l’établissement d’un pavillon universitaire à Sept-Îles, dont la livraison est attendue l’an prochain. « On sait que, lorsqu’on installe des établissements d’enseignement supérieur dans des régions, il y a une hausse de la diplomation. C’est important comme enjeu. »

 

Une suite logique au rapport

 

Le ministre est par ailleurs d’avis que les chantiers de travail émanant du Sommet sur l’enseignement supérieur s’inscrivent en droite ligne avec l’esprit et la lettre du rapport Parent. « On peut parler d’une continuité. Il faut dire que c’est 50 ans plus tard et dans un contexte qui évolue. On peut ainsi évoquer une suite au rapport, notamment sur le plan de l’accessibilité [de l’enseignement supérieur] dans l’ensemble du territoire et sur le plan de la reconnaissance de l’enseignement comme bien commun ».

 

Le ministre tient à faire remarquer qu’il avait tenu à ce que le sociologue Guy Rocher, l’un des signataires du rapport Parent en 1964, « soit invité au Sommet sur l’enseignement supérieur », notant que, lors de la première rencontre préparatoire du sommet, il tenait dans ses mains « le tome i du rapport que j’ai d’ailleurs cité ! »

 


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