Cinq universités, un seul programme

Marie Lambert-Chan Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation – rapport Parent

Le professeur Jean Bélanger en est bien conscient : sans le rapport Parent, il n’y aurait pas de doctorat réseau en éducation, un programme dont il est le directeur depuis trois ans. Unique dans la province, ce diplôme est offert depuis 25 ans par l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en partenariat avec quatre autres constituantes du réseau de l’Université du Québec (UQ), soit Rimouski (UQAR), Chicoutimi (UQAC), Trois-Rivières (UQTR) et l’Outaouais (UQO). Il permet aux étudiants d’avoir accès à plus de 200 professeurs issus d’une variété impressionnante de disciplines et de courants de pensée en éducation, tous aptes à encadrer leurs travaux de thèse.

 

« D’abord, si ce n’était du rapport Parent, les établissements de l’UQ n’existeraient même pas, observe Jean Bélanger, qui enseigne à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM. Par ailleurs, le rapport aspirait à donner une meilleure accessibilité aux études et à faire les choses autrement dans le système d’éducation québécois. En ce sens, la philosophie de ce document a marqué la définition de notre programme : nous accueillons les étudiants des quatre coins de la province, nous sommes les porteurs d’une vision interdisciplinaire et originale de notre champ scientifique et le travail de nos doctorants et professeurs contribue à l’évolution même de l’éducation. »

 

Le directeur se fait une fierté de la longévité de ce diplôme de troisième cycle, qui a formé plus de 230 étudiants. « Depuis toutes ces années, nous faisons la démonstration qu’il est possible qu’autant d’universités gèrent collectivement un programme, tout en gardant une bonne part d’autonomie. »

 

Le doctorat réseau en éducation permet à ses étudiants de bâtir une vision plus systémique de leur problématique de thèse grâce à son orientation interdisciplinaire, explique le professeur Bélanger.

 

« Théoriquement, on en fait des spécialistes beaucoup plus complets dans leur domaine d’expertise, car on les confronte à des points de vue diversifiés sur leurs travaux, déclare-t-il. C’est l’originalité et la raison d’être du programme. »

 

Ainsi, un étudiant qui travaille en didactique pourrait se faire critiquer pendant un séminaire par des professeurs et des étudiants ayant des champs d’intérêt aussi diversifiés que la psychologie, la sociologie, l’anthropologie, les arts, la sexologie, etc… « L’éducation est une science alimentée par plusieurs autres disciplines », remarque le directeur. En échangeant avec Jean Bélanger, on se rend vite compte que le terme « réseau » ne décrit pas uniquement le partenariat entre les constituantes de l’Université du Québec. La structure du programme favorise l’instauration d’un climat d’entraide entre les doctorants, même si ceux-ci habitent à des centaines de kilomètres les uns des autres.

 

Ce programme a bien des qualités, mais il n’est pas toujours évident pour un étudiant de Rimouski de concilier travail, famille et déplacements bihebdomadaires à Montréal, admet M. Bélanger. C’est pourquoi l’enseignement à distance est progressivement introduit dans les séminaires. Cet automne, pour la première fois, des cours sont donnés en vidéoconférence.

 

La tentative divise les doctorants. « Ils sont ambivalents. Certains le réclament. D’autres s’inquiètent, car, malgré la distance à parcourir, ils apprécient la compagnie de leurs collègues. C’est à nous de trouver les aménagements pédagogiques possibles qui ne nuiront pas à la qualité du programme », indique Jean Bélanger.

 


Collaboratrice

À voir en vidéo