Commissions scolaires - L’école pour tous!

Caroline Rodgers Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation – rapport Parent

Si l’impact général de la grande réforme issue du rapport Parent a été très positif, quelques aspects sont toutefois moins reluisants, constate Josée Bouchard, directrice de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

 

La commission Parent a-t-elle changé la société québécoise?

 

Cela a été le déclencheur du modèle qu’on a aujourd’hui et de la démocratisation de l’enseignement au Québec, l’accès pour tous à l’école. Cela annonçait l’entrée des Canadiens français, comme on les appelait à l’époque, dans un système qui leur a permis d’évoluer et de se démarquer dans des sphères où ils n’arrivaient pas à le faire jusque-là, contrairement à la communauté anglophone, par exemple dans le milieu des affaires. La commission a marqué le pas d’un développement social et économique foudroyant.

 

Et la vie scolaire?

 

Cela a ouvert la voie à la participation des parents dans la gestion et la vie de l’école. Aujourd’hui, on appelle cela des conseils d’établissement. C’est un rôle qui a évolué avec le temps. À partir de cette époque, les parents ont commencé à suivre de plus près la vie scolaire, à former des comités d’école. C’était un signal que l’éducation n’est pas seulement l’affaire de l’école, mais aussi l’affaire de tous.

 

Des impacts négatifs?

 

Ce qui a le plus été remis en question par la suite, c’est le modèle des polyvalentes, où on a accueilli des nombres d’élèves très élevés. On entendait dire que les élèves se sentaient comme des numéros. Il a fallu ensuite réfléchir à l’importance du sentiment d’appartenance à l’école comme facteur d’engagement dans sa réussite. C’est un côté qui a d’abord été un peu évacué, avant qu’on ne se réajuste.

 

Et la formation professionnelle?

 

La fermeture des écoles de métiers a eu des effets pervers. En transférant la formation professionnelle et technique dans les collèges ou les polyvalentes, on a pratiquement évacué la valorisation de ces métiers. Pendant plusieurs années, la formation professionnelle est devenue l’enfant pauvre du système scolaire et on en subit encore les conséquences aujourd’hui. On a besoin de beaucoup de gens de métier pour répondre aux besoins du marché de l’emploi actuel, et on se retrouve avec une pénurie dans plusieurs domaines, parce que ce n’est pas valorisé. Au temps des écoles de métiers, les élèves étaient très fiers. Aujourd’hui, les parents en général vont dire qu’ils veulent que la société encourage les métiers. Par contre, ils ne souhaitent pas que ce soit leur propre enfant qui en pratique un ! L’ouverture extraordinaire survenue dans la foulée du rapport Parent a fait en sorte que plus de gens souhaitent que leurs enfants fréquentent l’université. Le résultat est une adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail.

 

Les commissions scolaires sont-elles toujours pertinentes en regard des objectifs du rapport Parent?

 

Les commissions scolaires ont permis de concrétiser les idées du rapport Parent à travers l’organisation des services. La valeur fondamentale en fonction de laquelle s’orientent les décisions est l’équité, c’est-à-dire la répartition équitable des services, l’accès à tous les services scolaires dont on a besoin pour devenir un citoyen à part entière, avec le même niveau d’éducation. C’était un grand défi que de donner à tous les Québécois un accès à une éducation gratuite et de qualité, et les commissions scolaires ont contribué à cette réussite.

 


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