Collège Jean-de-Brébeuf - Une centaine d’élèves sont inscrits au volet international

Sarah Poulin-Chartrand Collaboration spéciale
Le collège Jean-de-Brébeuf offre une formation collégiale enrichie, le baccalauréat international. Ce programme est même offert maintenant dès le secondaire.
Photo: Collège Jean-de-Brébeuf Le collège Jean-de-Brébeuf offre une formation collégiale enrichie, le baccalauréat international. Ce programme est même offert maintenant dès le secondaire.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Développer l’ouverture nécessaire au monde moderne, se frotter à d’autres cultures et être un citoyen engagé dans sa collectivité. Ce ne sont là que quelques-uns des objectifs de la formation à vocation internationale du collège Brébeuf.

 

« Notre programme international n’est pas seulement axé sur l’enrichissement scolaire, mais il a aussi une philosophie humaniste », résume Jacques Lemaire, directeur des études au collégial à Brébeuf.

 

Un BI depuis 1982

 

L’établissement montréalais offre une formation collégiale enrichie, le baccalauréat international (BI), depuis 1982. Ce programme a été conçu par l’Organisation du baccalauréat international, dont le siège social se trouve au Royaume-Uni. Des étudiants de plus 120 pays dans le monde sont inscrits à un BI et, à Brébeuf, ils sont une centaine à obtenir ce diplôme chaque année.

 

La reconnaissance internationale du programme comporte des avantages certains pour ses diplômés. Le collège assure que toutes les facultés universitaires contingentées de la province reconnaissent la valeur du BI dans leur processus d’admission et dans les décisions d’octroi de bourses d’études. « Lorsque nos étudiants s’inscrivent à l’université, on ne considère pas seulement leur cote R, mais également leurs résultats aux examens internationaux », dit Jacques Lemaire.

 

La reconnaissance particulière du BI tient au fait que le programme est enrichi à plusieurs niveaux. « Les spécialisations sont plus poussées, explique M. Lemaire. Un étudiant inscrit en sciences de la santé, par exemple, aura plus de cours de chimie et de biologie. » L’aspect « international » se retrouve aussi dans les cours obligatoires. Ainsi, on abordera la littérature française et internationale dans le cours de français, en plus de se frotter aux auteurs québécois.

 

Un des aspects centraux du BI réside dans l’engagement communautaire de ses étudiants. « Certains font de l’aide aux devoirs, d’autres du bénévolat à Sainte-Justine, explique le directeur des études. Ils doivent s’investir durant 150 heures, réparties sur leurs trois premières sessions, mais plusieurs en font beaucoup plus, jusqu’à 500 ou 600 pour certains. » D’autres encore, volet international oblige, réalisent cet engagement en Amérique latine, puisqu’un programme permet aux intéressés de travailler bénévolement au Honduras.

 

Une formation en continu

 

Cette formation axée sur le monde, bien implantée au collégial depuis plus de trente ans, est maintenant offerte dès le secondaire. En 2012, une première cohorte de 35 garçons a fait l’expérience de ce nouveau programme enrichi. Dernière nouveauté du parcours international : ces jours-ci, une première classe de filles y fait son entrée en 1re secondaire. Tout un changement pour le collège, qui n’accueillait les filles qu’en 5e secondaire jusqu’à aujourd’hui.

 

Comme pour la formation enrichie du collégial, le parcours scolaire de ce programme secondaire est plus poussé. Les cours de français ou d’anglais, par exemple, font une grande place à la littérature. Et, comme dans tous les programmes internationaux, on doit y apprendre une troisième langue, soit l’espagnol dans le cas de Brébeuf. « Une autre facette de ce programme particulier est que les élèves se frottent à des thématiques internationales tout au long de leur cheminement », explique Jacques Lemaire. Les premiers élèves du programme ont été initiés aux notions d’économie l’an dernier. Cette année, on abordera l’environnement.

 

Ce programme met aussi l’accent sur un projet personnel. Dès leur 4e secondaire, les élèves doivent développer un projet en lien avec leurs intérêts, qui culminera en 5e secondaire. Ils peuvent organiser une campagne de financement, écrire une pièce de théâtre ou encore élaborer un projet de recherche scientifique. Au niveau collégial, l’équivalent de ce projet personnel est un mémoire à rédiger, en lien avec la spécialisation de l’étudiant, qu’il soit inscrit en langues ou en sciences de la nature.

 

Comme pour les étudiants collégiaux du baccalauréat international, les diplômés du programme secondaire sont récompensés pour leurs efforts supplémentaires. Jacques Lemaire explique : « Ces élèves sont nourris intellectuellement et ils sont habitués de bien performer. Lorsqu’ils font une demande d’inscription au collégial, le collège majore leur note de dossier de 5 %. »

 

Engagement et vocation

 

Au collégial comme au secondaire, les élèves intéressés ont la possibilité de participer à un échange étudiant. Cette année, cinq jeunes de 5e secondaire ont réalisé un échange avec des élèves de l’Australie.

 

Les étudiants du collégial, eux, accueillent ces jours-ci des confrères et consoeurs de Barcelone, qu’ils iront rejoindre dans six mois. Mais, attention, on ne parle pas ici de voyages de détente sur la Rambla ou les plages australiennes. « Ce sont des expériences peu communes, insiste le directeur des études. Les élèves s’imprègnent d’une culture différente, dans une autre famille. Ce sont des aventures humaines. Il faut que les élèves intéressés par les échanges soient motivés, car cela exige un grand engagement de leur part. »

 

À long terme, quel est l’impact de ces programmes internationaux ? Influencent-ils certains élèves dans leur choix de carrière ? « Bien sûr ! répond Jacques Lemaire. Cela peut modifier ou confirmer un choix de carrière, ou même susciter des vocations. C’est le cas chaque année. Par l’engagement dans la collectivité ou les échanges étudiants, ils sont parfois confrontés à des réalités qu’ils ne connaissaient pas. Certains de nos étudiants s’orientent vers une carrière à l’étranger ou dans des organismes qui oeuvrent à l’échelle internationale ».

 

 

Collaboratrice