Charte des valeurs - Conflit en vue entre Québec et les enseignants

La FAE considère qu’il est normal qu’un enseignant porte la kippa, la croix ou le hidjab dans le cas des enseignantes.
Photo: François Pesant Archives Le Devoir La FAE considère qu’il est normal qu’un enseignant porte la kippa, la croix ou le hidjab dans le cas des enseignantes.
Un conflit se dessine entre les enseignants et le gouvernement Marois autour du projet de Charte des valeurs québécoises. Défendant une laïcité dite ouverte, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a déclaré qu’elle usera de tous les recours, y compris légaux, pour défendre le droit de ses membres de porter des signes religieux.

« On va prendre tous les moyens possibles pour défendre nos membres », a dit Sylvain Mallette, président de la FAE, qui représente les tiers des enseignants (32 000), surtout dans la région de Montréal. « S’il s’avérait que le gouvernement va dans cette voie-là [l’interdiction], on fera des représentations et défendra nos membres de façon vigoureuse. »

Selon lui, l’État ne doit pas interdire le port de vêtements ou d’accessoires à connotation religieuse ou culturelle, car c’est le droit au travail qui est en jeu. « On considère qu’il est normal qu’un enseignant ou une enseignante porte la kippa juive, porte la croix ou le hidjab », a-t-il dit lors d’une conférence de presse où la FAE a dévoilé ses positions adoptées à son congrès de juin. « Peut-on convertir les élèves du simple fait de porter une croix dans le cou ? On pense que non. »

Interdire à un individu de porter un signe religieux ne garantit pas la laïcité de l’État, et c’est pourquoi elle devra s’appliquer aux institutions plutôt qu’aux individus, soutient aussi la FAE. Ces signes religieux ne devront toutefois pas contrevenir « aux règles de base de la sécurité et du professionnalisme », et quiconque recevra ou dispensera un service public devra le faire à visage découvert.

Une leçon de laïcité

La FAE exhorte le gouvernement à recentrer le débat sur la laïcité et à rejeter l’appellation « Charte des valeurs québécoises ». « Il y a un an, [la première ministre] nous disait que c’était un projet de Charte de la laïcité qu’elle soumettrait. On s’entend à ce qu’elle respecte cet engagement », a dit M. Mallette. Il lui donne aussi une leçon de neutralité en lui suggérant de déplacer le crucifix du Salon bleu pour le mettre ailleurs dans l’hôtel du Parlement. « C’est en contradiction totale avec [l’adoption d’une] Charte de la laïcité », a fait valoir Alain Marois, nouveau vice-président à la vie politique de la FAE. « Le gouvernement doit donner l’exemple. »

Selon la FAE, parler de « valeurs » risque d’entraîner des dérapages. « Ça ouvre un front et ça permet à des individus de tenir des discours d’intolérance qui sont fondés sur les préjugés », a indiqué M. Mallette. Et tel qu’engagé par une fuite dans les médias, le débat actuel, qui porte surtout sur le port de signes religieux ostensibles, est mal parti, concède-t-il. « La laïcité, ce n’est pas un meuble qu’on sort d’un bungalow et qu’on rentre dans un condo. C’est plus complexe que ça, c’est sensible. Ça fait référence à l’histoire d’une nation. »

Il laisse entendre que le gouvernement s’est contenté d’importer un modèle de laïcité qui ne colle pas au Québec. « Le modèle de laïcité québécois doit respecter le contexte historique dans lequel il s’implante. On ne peut pas importer des modèles d’ailleurs », a soutenu le président de la FAE. « Le Québec est une terre d’accueil, on doit accepter certaines manifestations, mais celles-ci doivent respecter certaines balises », a-t-il insisté.

Et la tradition et les spécificités culturelles du Québec, comme la fête de Noël, devront pouvoir s’exprimer aussi. « Quand c’est rendu qu’on est plus capables de parler de la fête de Noël… »

Pas de local de prière

La FAE exige par ailleurs que soit refusée toute demande de transformation d’un local pour en faire un lieu de prière et toute demande d’exemption ou d’adaptation d’un cours pour des motifs religieux. Quant aux congés religieux, ils devront absolument être négociés dans la convention collective de manière que tous les enseignants, religieux ou non, aient les mêmes privilèges, insiste le syndicat.

Le gouvernement devra prendre ses responsabilités et édicter des balises nationales claires sur les accommodements raisonnables, pour éviter que ce fardeau ne repose sur les enseignants. « Trop souvent, le fait de refuser ou d’accepter un accommodement retombe sur nos membres qui n’ont parfois pas le courage d’affronter les parents », a dit Alain Marois.

La FAE a aussi sommé Québec d’assumer ses responsabilités lorsqu’il y a « conflit entre deux droits », quitte à avoir recours aux tribunaux, et d’arrêter de financer les écoles confessionnelles privées. Elle demande également au gouvernement Marois qu’il poursuive la « laïcisation » de ses institutions, notamment en abolissant le Comité des affaires religieuses, qui conseille le gouvernement sur la place de la religion dans les écoles.

La FAE reconnaît que les débats sur la laïcité ont fait l’objet de « chaudes » discussions à l’interne, mais elles ont débouché sur des consensus. Elle indique ne pas avoir été formellement consultée par le ministre responsable de l’élaboration de la Charte, Bernard Drainville, bien que des discussions aient eu lieu.

Pour sa part, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) dit attendre la proposition officielle du gouvernement avant de consulter ses membres et de se prononcer.
122 commentaires
  • Dominic Lamontagne - Inscrit 4 septembre 2013 12 h 36

    Faux débat

    Combien de québécois ont déjà vue pour le vrai quelqu'un avec une burca à Québec (pas dans les films...)

    Personne ne s'intéresse à cette idée (sondage léger marketing 7% s'intéressent à la charte des valeurs québécoises contre 51% des gens qui s'intéressent aux contrôles des dépenses de l'état)

    Encore un sujet pour promouvoir la souveraineté du Québec et des chicane avec le Canada....

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 4 septembre 2013 17 h 31

      Venez faire un tour à Montréal ou Brossard ou Pointe-Claire. Votre opinion va changer.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 4 septembre 2013 17 h 36

      La majorité des Québécois sont en faveur de la laïcité dans la fonction publique.

      Encore de la diversion démagogique et le refus de toute évolution sociale sous prétexte de «chicane».

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 4 septembre 2013 23 h 00

      M. Francoeur, vous croiser moins de 1% d'immigrant, mais vous donnez la moitier de votre salaire au gouvernement pour qu'il s'occupe de ce problème en priorité??

      M.Bouteu Démagogie ??? évolution sociale d'interdire ???

      Les soeurs catholiques aussi porte un voile....

    • Pierre Labelle - Inscrit 5 septembre 2013 07 h 07

      Que faites-vous de l'autre sondage M. Lamontagne...., vous choisissez les chiffres qui confortent votre opinion? Si comme vous l'affirmez, "personne ne s'intéresse à cette idée", expliquer-moi la provenance du 66% des francophones qui sont en faveur de cette Charte, celle que vous qualifiez "d'idée".... Votre dernière phrase nous dit clairement dans quel camp vous logez, alors au lieu de faire de la petite politique bassement partisanne, peut-être feriez-vous mieux de réfléchir à ce que vous voulez léguer à vos enfants et petits enfants.

    • Jean-Pierre Marcoux - Inscrit 5 septembre 2013 07 h 50

      Merci M. Lamontagne de votre commentaire, comme une copie conforme du propos de M. Harper.

      Je crois que les québécois tendent à exprimer le besoin légitime d'être chez eux dans une société où la religion s'exprime librement dans l'intimité et la discrétion du privé et du communautaire.

      Plus de propagande catholique, juive, protestante, musulmane, hindouiste, sikkhe et toutes les autres que j'oublie. SVP, finissons en avec les guerres de religions millénaires.

      Si vous voulez vivre avec Dieu à vos côtés, allez aux États-Unies d'Amérique. Leur Dieu à eux les suit partout sur la planète où ils croient devoir défendre leurs intérêts sacrés.

    • Louka Paradis - Inscrit 5 septembre 2013 08 h 14

      On dirait bien que la FAE a appris de J. Charest : un conflit fabriqué de toute pièce pour mousser sa cote de popularité. Quelle inconscience ! Pourquoi risquer de perturber l'année scolaire et le climat social ? Avant de monter aux barricades, ils pourraient attendre le dépôt de la charte et s'asseoir pour discuter. Personne n'est dupe. Les arguments de la FAE sont complètement incohérents : si c'est comme la Fédération des femmes du Québec, ils sont sûrement très noyautés par la fange radicale et militante islamiste, comme nous l'ont appris plusieurs membres sur les forums. ET QS n'est probablement pas loin derrière...
      L'inconscience bien-pensante de la gauche, c'est exactement ce qui a permis aux intégristes de s'imposer en Algérie : voir l'excellent essai de Mme Benhabib, Ma vie à contre-Coran.
      Louka Paradis, Gatineau

    • Yves Perron - Inscrit 5 septembre 2013 08 h 21

      Je ne voit pas où devrait être la chicane quand 75% des Québécois sont d'accord avec une charte et des balises claires. Pas compliqué à comprendre : tu arrives au Québec et ici la religion ça se passe dans les coeurs et les maisons on ne se déguise pas en panneau publicitaire lorsqu'on travaille pour la collectivité et on parle français...

    • Mireille Langevin - Inscrite 5 septembre 2013 09 h 51

      M. Lamontagne vous n'êtes pas sorti de Québec depuis longtemps. J'ai habité en pays musulman . Croyez-vous qu'on m'ait accordé des privilèges. Il ne faut même pas y penser . Voyez ce qui se passe en France. Enlevez vos oeillères. La fin de semaine dernière , je suis allée au Marché Central à Montréal. Vous y auriez été , vous auriez vu à peu près que des foulards et il y avait même des hommes barbusen robe . Quand vous en aurez autant à Québec, vous commenterez de nouveau.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 5 septembre 2013 12 h 35

      Je continue à penser que notre gouvernement présentement n'a pas le temps de s'occuper de quelques exceptions et de cours d'histoire nationale, mais devrais s'occuper d'économie.

      Ce n'est pas normal que ce soit ces sujets qui font la une de tous les journaux pour quelques petites exceptions. (combien de professeur présentement travaille avec une burca??) Les journaliste devrait nous parler d'économie un peu plus pour que les québécois soient d'accort a 75% qu'il faut réduire les dépense de l'état (notre dette est réelle...)

      J'aimerais que les québécois prennent leur imagination pour imaginer le futur du Québec économique au lieu d'imaginer que nos jeunes soient éduqués par des femmes voilé. Question de priorité

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 5 septembre 2013 13 h 50

      Réponse à MM Francoeur et Bouteu

      Je demeure à Montréal et dans les dernière annés, j'ai rencontré 5 ou 6 femmes portant la burqa. Une partie du problème c'est que celles qui sont musulmanes mais ne sont pas voilées passent innaperçues.

      Et combien de femmes indiennes portent le voile et ce depuis décennies et ça ne dérange personne, c'est tellement cute. Pourtant, et si je le savais déjà plusieurs l'ignorent ici, et auraient intérêt à lire les chroniques de M. Taillefer dans les pages du Devoir, malgré des apparences trompeuses basées sur son cinéma bonbon et ses politiques qui promouvoient une culture souvent religieuse et le tourisme, l'Inde est un des pays les plus misogynes au quotidien (comparerable avec l'Arabie Saoudite sur certains aspects), on le voit avec ces histoires de viols collectifs qui se répètent encore et encore. Immigrés ici ils amènent souvent cet univers avec eux, mariages arrangés, etc.

      M. Bouteu, vous m'étonnez: selon vous on devrait gouverner par sondages? Remarquez que c'est un peu le cas hélas. Mais le simple bon sens et surtout le soucis du bien commun suggèrent qu'on ne le fasse pas: la plupart du temps ça n'a aucune valeur et se base sur des préjugés ou des interêts plus ou moins personnels. Dans ce cas ci c'est pire qu'à l'habitude puisque l'opinion publique a été manipulée au dépens de la laïcité pour cibler la fibre identaire, je m'excuse, mais c'est ce que je pense, d'un peuple colonisé et frileux qui se sent toujours menacé, haï et j'en passe; cela au noms dedites valeurs floues qui nous seraient exclusives, et souvent sont loin d'être totalement appliquées, comme l'égalité hommes femmes justement.

      Je sais que c'est une comparaisons grossière mais elle n'en est pas moins vraie: si on avait fait des sondages en Allemagne ou... au Japon, dans les années quarante, l'un comme l'autre peuple auraient appuyé Hitler ou l'empereur sans réserve.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 5 septembre 2013 15 h 52

      Je répondais simplement au propos démagogique prétendant que les Québécois ne veulent pas de la neutralité religieuse vestimentaire des employés de l'état, alors que c'est faux, ils y sont très favorables.

      Il n'est pas question ici de gouverner selon les sondages, mais plutôt de respecter le principe de laïcité. Les heures de travail ne sont pas le moment pour faire du prosélitisme religieux ou politique en en affichant les symboles.

      Les symboles politiques sont déjà interdits dans la fonction publique sans que cela ne soit comparé à un réflexe de peur de colonisé ou avec l'Allemagne nazie et le Japon colonialiste.

    • Pierre Samuel - Inscrit 5 septembre 2013 17 h 56

      Bien d'accord avec vous, M. Lamontagne. Dans un sondage paru dans l'édition de l'Actualité (15 septembre 2013), actuellement en kiosque, où l'on demandait aux Québécois quelles devaient être les priorités du gouvernement Marois pour la session parlementaire automnale, 51% ont opté pour le contrôle des dépenses, 44% (baisse des tarifs d'impôt), 44% (lutte contre la corruption) et 38% (création d'emplois).

      Sur onze items mentionnés, l'adoption d'une charte, faussement appelée à mon avis, des «valeurs québécoises» plutôt que «charte de la laïcité», se retrouvait à l'instar de la gouvernance souverainiste aux derniers rangs avec respectivement 7% et 3%.

      Comment se fait-il que l'on se retrouve soudain avec cette urgence subite, concoctée de toutes pièces par ce gouvernement minoritaire, cherchant d'abord et avant tout à insécuriser les Québécois sur leur identité en atteignant justement cette «corde sensible» qui demeure au fond leur unique planche de salut pour une éventuelle réélection?

      Et dire que pendant ce temps, le novice ministre des Finances, Nicolas Marceau, ne sait plus à quel saint se vouer afin d'équilibrer son éventuel budget tout en évitant d'aggraver la dette du Québec...

      C'est ce qu'on appelle: l'art de la diversion.

    • khalid fargas - Inscrit 5 septembre 2013 19 h 26

      #Mireille Langevin, vous avez vus bcp de femmes voilée au marché centrale ? que verrez vous a van horne si ce n'est que des personne de religions juive avec des vetements de juif, au quartier chonois vous verrez que des chinois et des enseignes en chinois, à l'ouest de la ville vous entendrez que de l'anglais c'est que les metropole fonctionne mais , il n'y que le voiel qui vous derange, serais-ce de l'islamophobie? d'ailleur depuis que ce debat, qui d'ailleur concerne une multitude de signes religieux, kippa, turban, croix, voile...dans tout les medias on ne voie que la photo de femme musulmane en voile, pourtant c'est un infime minorité (chiffre officiels à l'appui), pire encore dans la fonction publique ou en ensegnement les arabes sont encore une infime minorité puisque malheureusement on a environ 43 % moins de chance au recrutement quand on a un nom de famille arabe (un des taux les plus elevés au monde !!) pas d'acces à l'emploi notament l'education...

    • Olivier Mauder - Inscrit 5 septembre 2013 19 h 54

      L'économie et la réduction des dépenses comme priorités. On a l'impression d'entendre les conservateurs ou les libertariens qui pullulent sur les sites. L'économie, c'est important mais il n'y a pas que ça non plus.

    • Martin Maynard - Inscrit 6 septembre 2013 07 h 51

      Merci Monsieur Lamontagne. Tout à fait juste.

      A ceux qui utilisent les sondages comme argument, je peux vous en afaire un sur internet qui va donner le résultat contraire. Ça vous permettra de juger vous mêmes de la valeur d'un sondage.

    • Martin Maynard - Inscrit 6 septembre 2013 07 h 54

      A M. Francoeur, j'habite la région de Montréal (rive-sud) et je ne suis pas offensé parce que je vois ... et je ne crois pas qu'une loi va changer le paysage dans nos endroits publiques ... peut-être plus de ghettos au contraire.
      On mélange beaucoup de choses ici.

  • Yves Côté - Abonné 4 septembre 2013 12 h 39

    Equilibrées et républicaines...

    Ces recommandations m'apparaissent plutôt équilibrées.
    Par exemple, la laïcité annoncée plutôt que des valeurs toutes aussi difficiles à décrire avec précision, cela me semble aller dans le bon sens. Et découler du bon sens...
    Pas de lieux de prière ni d'accomodement dans le domaine de l'enseignement public est une mesure équitable pour tous les croyants et non-croyants. Pour celles et ceux qui ne se sentent pas à l'aise avec ces mesures de laïcité, il leur restera le secteur privé.
    Avec le port de signes ostentatoires d'appartenance religieuse, pas de problème. L'école public et le Québec appartiennent en égalité aux Québécois, sans égard, ni non-plus priorité, à leur religion.
    La laïcité n'est en rien l'absence obligée de ces signes, mais c'est l'égalité républicaine en droits de toutes les pratiques religieuses; bien entendu, aux conditions qu'elles ne nient les droits humains de personne, n'avilissent quiconque (à l'intérieur comme à l'extérieur des dites religions) et ne présentent aucune forme de risque possible pour la société et les personnes (comme le port d'une arme ou celui d'un voile qui, dans les strictes faits, masquant le visage, empêche toute identification libre d'une personne).

    • Olivier Mauder - Inscrit 5 septembre 2013 19 h 55

      les lieux de prière dans les universités existent déjà, je pense.

  • Pierre Cloutier - Abonné 4 septembre 2013 13 h 10

    Sans voile s'il-vous-plait

    Déception ! La religion n'a rien à faire dans les écoles. Si nous avons sorti la religion catholique qui est une religion encore pratiquée par une (courte) majorité de québécois, il est impensable de laisser entrer l'islam qui n'est pratiquée que par une toute petite minorité. Où est la logique ?

    Je comprends qu'une enseignante voilée n'est pas un prof de religion musulmane mais c'est tout comme. Ce voile est un étendart et il faut faire comprendre aux musulmans québécois qu'il dérange beaucoup de gens pour qui la vue d'une femme voilée dans les rues de Montréal en 2013 est une incongruité.

    Bienvenue au Québec mais sans voile s'il-vous-plait.

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 4 septembre 2013 16 h 16

      Le Québec n'a guère changé depuis 1910. Toujours un grand village qui cultive le ragot. Grandes assemblées homogènes qui répètent les vieux gestes en pestant contre l'Altérité survenante.

      Soyez tous libres...de faire comme moi.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 4 septembre 2013 23 h 02

      Mes parents ont été enseignés par des soeurs voilé catholique.....

    • Nicole Bernier - Inscrite 5 septembre 2013 05 h 38

      Qu'allez-vous faire contre les professeurs catholiques qui sont incapables d'enseigner la neutralité ou contre les professeurs athées qui veulent imposer leurs dogmes? Vous pensez que de faire disparaitre le voile de quelqu'un (une religieuse ou une femme musulmane) ou la kirpa va faire que l'individu va devenir neutre.
      Incroyable le niveau d'ignorance sur ce qu'est la nature humaine. Ce n'est pas parce que quelqu'un n'affiche pas de manière visible ses croyances qu'il va prendre des décisions impartiales; n'est-ce pas ce qui devrait être l'objectif de tout fonctionnaire ou de tout enseignant, c'est-à-dire offrir un espace où des personnes de croyances différentes peuvent s'exprimer sans subir la violence de leurs pairs.

      Il y a encore des hôpitaux et des écoles publiques qui ont des chapelles, allons nous les détruire pour des fanatiques athées. Allons nous nous faire imposer un tas de comportements dogmatiques de la part de ceux qui méprisent toutes croyances religieuses. Les musulmans ont droit, quand c'est possible, à des locaux pour leur prière; ils ont les mêmes droits que nous avons réclamés comme athées quand le système nous forçait à inscrire nos enfants comme catholiques alors que nous ne les avions même pas fait baptiser... Je me rappelle des conflits que j'ai eu à l'école publique parce que je refusais d'inscrire mon enfant comme catholique, et que les représentants scholaires de cette institution me répondaient, si tu n'es pas contente va-t'en chez les protestants anglophones, eux ils acceptent n'importe qui.

      Je suis contre toute loi ou charte qui fera que nos descendants diront que nous avons été des racistes ou des sexistes...

      Il y a eu aussi des lois racistes au Québec et au Canada contre les autochtones, contre les juifs, contre les noirs, contre les femmes (lois que je connais) et, là, on veut inscrire, encore une fois, notre intolérance contre des groupes 'visibles' par leurs différences, je ne marche pas dans les pas de cette intoléra

    • Cyril Dionne - Abonné 5 septembre 2013 07 h 45

      D'accord avec vous M. Cloutier. Il ne faut pas se leurrer, les enseignants, qu'ils le veuillent ou non, ont une influence très importante envers leurs élèves. Et si ceux-ci font la publicité de leur croyance personnelle via des signes ostentatoires, ce comportement sera capté par un auditoire très réceptif puisque que cela vient de la personne qui a l'autorité en salle de classe.

      À l'école primaire et secondaire en incluant le CPE, les apprenants pour la plupart, n'ont pas encore atteint un seuil d'indépendance cognitive, sociale et émotionnel. En d'autres mots, ils n'ont pas encore la faculté de bien filtrer l'information reçue pour prendre une décision éclairée. Ils ne sont pas encore assez subtils dans leur jugement et sont facilement influençables aux discernements et préjugés des adultes. M. Cloutier, plusieurs croient encore au Père Noël.

      Je suis moi-même enseignant et l'école se doit d'être neutre. Et ceux qui disent le contraire n'ont jamais mis les pieds dans une salle de classe en tant que pédagogue.

    • Pierre Schneider - Abonné 5 septembre 2013 10 h 53

      Les enseignants catholiques ont laissé tombé leurs robes et soutanes pour se conformer à l'esprit laïque de la société québécoise. Que tous les autres en fassent autant. Laïcité ouverte, mais quelle invention ridicule...

    • Grégoire Malette - Abonné 5 septembre 2013 11 h 52

      Madame Bernier, ce que vous souhaitez n'est pas un État laïque, mais bien plurireligieux. Que tout le monde tire la couverture de son côté pour avoir sa "place". Évidemment, ceux qui crient le plus fort et on le plus de moyens (pour se payer des avocats) en auront plus! C'est bar ouvert, la loi du plus fort quoi.

      Des lieux de prière dans les édifices publics? Pourquoi pas, on est tolérants! Pourquoi pas une salle par confession dans chaque école? On doit être équitable non? Le jugement de la prière à Saguenay, tant décrié, était justement dans cette optique de laïcité ouverte.

      Vous voyez bien que votre raisonnement ne tient pas. Vous criez à l'intolérance et au racisme, alors qu'il ne s'agit que de neutraliser la religion dans l'espace public pour des questions d'égalité.

      Cessez de vous égossier et réfléchissez à l'incohérence de vos propos. La religion, dans un état laïque, est une croyance personnelle, tout comme l'appartenance politique.

      Si vous souhaitez que les institutions publiques deviennent plurireligieuses, vous devez effectivement vous sentir frustrée en ce moment.

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 5 septembre 2013 14 h 04

      ­ @M. Grégoire : votre raisonnement est fautif. Il est possible d'instaurer des principes qui empêchent le règne de la loi du plus fort. C'est d'ailleurs ce qui se fait présentement, mais au compte-goutte, alors que le rapport Bouchard-Taylor plaidait pour des balises claires.

      Ces balises sont d'abord essentielles au niveau institutionnel. La prière au conseil municipal est une expression institutionnelle, pas individuelle, et se trouve du coup aller à l'encontre de la laïcité défendue. En revanche, l'expression individuelle est à régler différemment : l'enseignant n'est pas le réseau scolaire, ne prête pas sa profession de foi à l'institution.

      Le débat sur la Charte est un débat sur la façon dont nous voulons accueillir les immigrants et sur notre vision de nous-mêmes. Et c'est mal parti, puisqu'on se définit faussement comme homogène et qu'on décide, sans discuter, de la signification politico-oppressive du voile.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 5 septembre 2013 15 h 56

      La répétition incessante que le principe de laïcité appliqué aux employés de l'État sur leurs heures de travail serait «raciste» n'en fera quand même pas autre chose qu'une sottise même si vous la répétez encore mile fois.

    • Grégoire Malette - Abonné 5 septembre 2013 19 h 17

      @ M. Alexis.

      Vous faites erreur, le jugement sur la prière à Saguenay est tout à fait dans l'esprit de la laïcité ouverte et dans le sens du rapport Bouchard-Taylor puisque cette prière est considérée (par le juge) comme oecuménique, rassembleuse et patrimoniale.

      Le signe de croix par contre est vu comme trop "engagé", donc proscrit.

      Je vous invite à lire le texte de Louise Mailloux à ce sujet (http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religio

      Vous parliez de "balises claires". Désolé...

      Je crois que vous vous méprenez la multitude d'interprétations que l'on peut faire du concept de "laïcité ouverte" tel que proposé par Bouchard et Taylor. De plus, vous restez vague sur la possibilité de se prémunir contre "la loi du plus fort". Pourtant ici, l'exemple de Saguenay est parlant à ce sujet.

      Finalement, si vous croyez réellement que les professeurs ne représentent pas leur établissement et l'État, alors on voit comment votre conception de l'école ne se résume qu'à une coquille vide.

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 5 septembre 2013 23 h 19

      Les deux commissaires ont clairement affirmé leur opposition au jugement Mailloux, ajoutant que si des principes basés sur leurs recommandations avaient été instaurés, ce jugement n'aurait pu être émis.

      Ensuite, concernant l'éducation, je connais assez de bons enseignants pour savoir que le mieux qu'ils peuvent transmettre est la curiosité et l'esprit critique. Pour les réponses, il y a toujours Wikipédia.

  • Franklin Bernard - Inscrit 4 septembre 2013 13 h 12

    La FAE joue son rôle

    Sans trop réfléchir aux conséquences de ses paroles.

    Je serais curieux de savoir combien de parents seraient heureux, de nos jours, d'entrer dans la salle de classe où étudie leur enfant, et de constater que son/sa professeur/re arbore un gros crucifix sur la poitrine.

    Partons de là pour réfléchir dans ce débat.

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 4 septembre 2013 16 h 20

      Oui, c'est connu, le crucifix impose la religion aux consciences. Reste ensuite à comprendre comment le Québec est «sorti» de la religion malgré la profession de foi des enseignants.

      Je crois qu'on pourrait accomplir de grandes choses si les enseignants avaient le tiers de l'influence et de l'autorité que leur prêtent les missionnaires de la laïcité rigide.

    • Marc Bourdeau - Abonné 5 septembre 2013 07 h 46

      Quant à moi, je serais choqué et porterais plainte!

    • Reynald Du Berger - Inscrit 5 septembre 2013 08 h 58

      LES DRACULA DE L'ESPACE PUBLIC
      Combien d'enseignants portent de gros crucifix sur leur poitrine en classe en 2013? Combien d'enseignantes en classe en 2013 portent le foulard islamique ou le tchador? Ces Dracula québécois sont terrassés tels des vampires devant lesquels on brandit un crucifix, une bible ou une statue de la Vierge Marie. Leur front brûlera sûrement sous une giclée d'eau bénite. Ce crucifix offense comment? il est un plébiscite pour les croisades et l'inquisition? Il ne serait pas plutôt un rappel doulourex de ce que l'Église aurait fait baver à ces Dracula dans leur enfance de vampire? Et pourquoi pas une tresse d'ail dans les chambres d'hôpitaux et les classes pour éloigner ces vampires? Ces vampires québécois sont incapables d'énoncer clairement en quoi tel ou tel symbole, religieux ou non, est offensant. Leur inculture religieuse et historique les rend incapables de choisir entre svastikas, croix, kirpans, turbans et tchadors, ils préfèrent qu'on bannisse tout en vrac. C'est pour eux cette charte, pas pour moi.

    • Franklin Bernard - Inscrit 5 septembre 2013 12 h 33

      M. Du Berger, pas besoin d'être un vampire (on voit la mesure et la charité dans le choix de vos qualificatifs) pour être dérangé par les images et symboles de la religion catholique dans les espaces de l'État. La brutalité de vos propos prouve à quel point les tenants de la laïcité ont raison. «En quoi tel ou tel symbole religieux est offensant»? demandez-vous? Relisez-vous, vous comprendrez. Votre commentaire montre que l'intolérance n'est pas là où on croit. Il résume les excès historiques et contemporains d'oppression menaçante (quand ce n'est pas de sévices corporels dans cette vie, c'est de l'enfer dans l'autre) dont est capable le christianisme, totalement détourné de son propos originel par les fanatiques de tout poil.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 5 septembre 2013 19 h 52

      Réponse à M. Schneider

      "Les enseignants catholiques ont laissé tombé leurs robes et soutanes pour se conformer à l'esprit laïque de la société québécoise."

      Vous parlez d'enseignants. Il ne s'agissait pas d'enseignants,ceux ci étaient laïcs et habillés comme n'importe quel fonctionnaire, mais de religieux. Je le sais j'y étais, pas née de la dernière pluie. Ces religieux et religieuses enseignaient avec leur accoutrement religieux. Ils l'ont enlevé suite au Concile vatican II qui le demandait, pas juste au Québec donc, et ce ne fut pas toujours accepté, en France surtout, et il y a même eu quelques dérives.

      Donc l'abandon en question fut obligé et rien à voir avec une laïcité quelconque, québécoise ou pas. Faut pas trafiquer l'histoire.

    • Martin Maynard - Inscrit 6 septembre 2013 07 h 58

      M. Bernard, vos peut-être mieux avoir quelqu'un qui s'affiche ... que de découvrir après coup à qui on a affaire. C'est pas en enlevant un symbole qu'on change la personne ... et c'est pas en enlevant un Crucifix qu'on va avoir un meilleur gouvernement.

  • Pierre-E. Paradis - Inscrit 4 septembre 2013 13 h 12

    Au nom de l'intégration, ramenons l'uniforme !

    Je vois mal comment une école pourra tolérer les accoutrements religieux des minorités, et du même coup refuser les nombrils à l'air, les piercings, les t-shirts heavy metal et autres caprices vestimentaires de la majorité.

    Les minorités ont-elles des privilèges que d'autres n'ont pas? C'est la question que la majorité se posera inévitablement. Encore une fois, l'enfer sera pavé des bonnes intentions des bien-pensants de la FAE. Et le contribuable paiera la note des nombreuses contestations qui ne manqueront pas de survenir.

    La seule manière de trancher cette question une fois pour toutes est d'imposer l'uniforme de la 1re année au 5e secondaire, tant pour les enseignant(e)s que les élèves. Fini les caprices individualistes ou communautaristes des uns et des autres!

    • Paul Vaughn - Inscrit 5 septembre 2013 09 h 30

      Oui, bien sûr! Pour un uniforme bleu, un hijab bleu; pour un uniforme vert, un hijab vert; et pour la GRC, un turban de la même couleur que le chapeau conventionnel et pour l'armée un turbant vert kaki. Comme ça se fait déjà ici et ailleurs. Et ça ne pose pas trop de problèmes dès lors que tous ces gens adhèrent aux valeurs et la mission institutionnelle.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 6 septembre 2013 11 h 27

      À M. MAYNARD

      "c'est pas en enlevant un Crucifix qu'on va avoir un meilleur gouvernement.". Mais une meilleure société à n'en pas douter. Ce serait une façon que l'état se dissocie définitivement des ententes du gouvernement avec l'église catholique qui a mené à ceux qu'on a appelé les orphelins de Duplessis: de graves injustices doublées encore une fois de dérives de l'ordre de la pédophilie religieuse,

      Y a des fois où ça fait du bien de tourner la page, ne serait-ce que pour les survivants, et... pour avoir l'air moins niaiseux ou moins racistes.

    • Martin Maynard - Inscrit 7 septembre 2013 04 h 15

      A Mme Massicotte,

      Je ne vous suis pas. En enlevant le crucifix on aura une meilleure société?

      Enlever un symbole n'efface pas le passé. Si c'était si facile, on n'aurait qu'à enlever les différents rappels de mémoriaux, la polytechnique, le débarquement ...