Rentrée scolaire retardée à l’école Victor-Doré

L’école Victor-Doré accueille quelque 170 enfants âgés de 4 à 13 ans et la demande ne cesse d’augmenter.
Photo: - Le Devoir L’école Victor-Doré accueille quelque 170 enfants âgés de 4 à 13 ans et la demande ne cesse d’augmenter.

Les élèves de l’école Victor-Doré, un établissement montréalais pour enfants lourdement handicapés, n’ont pas pu rentrer en classe comme tout le monde, le 28 août dernier. La grève dans la construction et, surtout, des travaux plus importants que prévu, notamment pour désamianter, ont obligé à reporter de deux semaines la rentrée des classes, a appris Le Devoir.

 

Selon la directrice Anne Alexandre, il n’était pas question de faire rentrer les enfants à l’école s’il y avait des risques pour leur santé. Les élèves de Victor-Doré, une sorte d’« école-hôpital » qui compte sur le soutien de l’hôpital Sainte-Justine, ont des handicaps moteurs ou des déficiences intellectuelles sévères. Certains doivent être gavés à l’aide d’une sonde.

 

« Il fallait s’assurer que l’ensemble des nouveaux locaux et même les anciens avaient été nettoyés de fond en comble et que la qualité de l’air soit recommandable pour nos enfants qui ont des problèmes de santé divers », a expliqué Mme Alexandre, ce qui n’était pas le cas la semaine dernière. « Mais le 16 septembre, c’est clair qu’on va être prêts ! »

 

Tests sur la qualité de l’air

 

Elle affirme toutefois que des tests de qualité de l’air ont été régulièrement menés et que les enfants ont toujours eu un air respirable et raisonnablement sain durant toute l’année qu’auront duré les travaux d’agrandissement de l’école en partie installée dans des roulottes temporaires.

 

« La qualité de l’air n’a jamais vraiment présenté un défi. C’est plutôt le bruit qui a été le plus polluant et le plus ennuyeux », a-t-elle indiqué.

 

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) confirme qu’un retard de dix semaines a été enregistré, et quasi résorbé, en raison de divers imprévus. Des problèmes de sol instable, qui ont nécessité des travaux d’excavation et des aménagements supplémentaires, sont responsables de la moitié du retard du chantier. À lui seul, le désamiantage, plus important que prévu, a ralenti les travaux de trois semaines.

 

« En ouvrant les murs, c’est sûr qu’il y a plus de désamiantage à faire », a indiqué Alain Perron, porte-parole de la CSDM. Les coûts liés à ce retard demeurent jusqu’ici inconnus, a-t-il ajouté.

 

Et les enfants ?

 

Constatant que l’école ne serait pas prête, la direction a avisé tous les parents dès la mi-août. « On demandait aux parents quels étaient leurs besoins. Ce n’est pas évident d’avoir les enfants toujours à la maison. Certains avaient besoin de répit », a expliqué Lise Dupont, présidente du conseil d’établissement et maman d’un garçon atteint de paralysie cérébrale. Il leur a été proposé d’envoyer leurs enfants à l’école Joseph-Charbonneau, qui a un mandat similaire à celui de Victor-Doré, mais accueille les jeunes de 13 à 21 ans. Une vingtaine de parents se sont prévalus de l’offre.

 

Ce camp de jour, qui a lieu dans le gymnase, permet ainsi aux enfants de reproduire la routine des jours d’école, ce qui les sécurise. « Si mon fils n’était pas retourné à sa routine d’école, j’aurais eu une crise », confie Mme Dupont. « Les enfants aiment se retrouver, ils se reconnaissent. »

 

En 2010, Michelle Courchesne, alors ministre de l’Éducation, avait annoncé un investissement de 16 millions pour l’agrandissement et la rénovation de ces deux écoles pour enfants handicapés, qui doivent desservir tout l’ouest du Québec en raison de leur caractère « suprarégional ». L’école Victor-Doré accueille quelque 170 enfants et la demande ne cesse d’augmenter.

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