Cégep - L’ajout d’un cours d’histoire obligatoire coûterait 17 millions

«Nous, on veut que ce soit bien fait. On ne veut pas que ce soit une répétition de ce que les étudiants auront vu en 3e et 4e secondaire », a averti Éliane Laberge, de la FECQ à propos de l'implantation d'un cours d'histoire du Québeec au cégep.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir «Nous, on veut que ce soit bien fait. On ne veut pas que ce soit une répétition de ce que les étudiants auront vu en 3e et 4e secondaire », a averti Éliane Laberge, de la FECQ à propos de l'implantation d'un cours d'histoire du Québeec au cégep.

L’ajout d’un cours obligatoire d’histoire au cégep coûterait 17 millions. C’est le calcul que fait la Fédération des cégeps, constatant qu’un nouveau cours de 45 heures nécessiterait l’équivalent de 250 enseignants à temps plein. « C’est facile. On sait ce que ça prend comme équivalent à temps complet pour les autres cours et on fait une règle de trois », a expliqué Jean Beauchesne, le président-directeur général de la Fédération des cégeps.

 

Il accueille positivement l’annonce faite lundi par le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, de concert avec sa collègue ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, qui promet des changements en histoire au primaire et secondaire. Mais la « bonne nouvelle » vient surtout du fait que le ministre ait indiqué que l’implantation du cours au collégial, prévue pour l’automne 2014, pourrait être reportée si nécessaire. « Il y a une ouverture à ce que le cours ne se donne pas dès l’an prochain, on est assez rassurés », a confié M. Beauchesne.

 

Si elle salue l’annonce, la Fédération étudiante collégiale (FECQ) consultera ses membres pour connaître leur opinion détaillée. Mais d’emblée, elle s’inquiète de la place qu’occupera un tel cours obligatoire au sein de la formation générale aux côtés de cours comme philo, anglais, éducation physique et français, M. Duchesne ayant précisé qu’il n’était pas question de supprimer l’un de ces cours. « Rajouter un cours de cinq heures [3 heures + les heures à mettre hors du cours], c’est beaucoup pour quelqu’un qui étudie déjà 50 heures par semaine », a soutenu Éliane Laberge, présidente de la FECQ. Les étudiants en techniques dites « lourdes » comme la thanatologie, par exemple, ont des horaires très chargés.

 

Le ministre Duchesne n’a pas non plus écarté la possibilité de transformer l’un des deux cours complémentaires en cours d’histoire obligatoire, mais, interroge Mme Laberge, qu’arrivera-t-il des étudiants en techniques, qui n’en ont déjà qu’un seul ?

 

Un peu rapide

 

Une implantation à l’automne 2014, « c’est rapide », convient la FECQ. « Nous, on veut que ce soit bien fait. On ne veut pas que ce soit une répétition de ce que les étudiants auront vu en 3e et 4e secondaire », a averti Mme Laberge.

 

Jean Beauchesne dit faire confiance au ministre quant aux démarches légales à faire. Il rappelle toutefois que techniquement, selon l’article 17 du Régime des études collégiales, le collège doit faire connaître à l’étudiant la description des programmes offerts, et ce, dès l’admission, en mars. « Mais si la souplesse [du ministre] est là, pour moi, il n’y a plus rien d’impossible », a-t-il conclu.


 
6 commentaires
  • Roxane Bertrand - Abonnée 4 septembre 2013 08 h 35

    Investir

    De l'argent en éducation c'est un investissement dans la population, même pour des cours d'histoire.

    Un peuple instruit s'enrichi!

  • Hélène Thompson - Abonnée 4 septembre 2013 08 h 42

    ah économie!

    Aujourd'hui, lorsqu'on parle d'éducation, on parle avant tout d'économie. Allez, parlez moi de ce cours d'histoire...

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 septembre 2013 08 h 29

    Règle de trois? pas si simple

    Comme le souligne Éliane Laberge, il ne serait pas pertinent d'alourdir les grilles de cheminements scolaires... quels que soient les programmes, qui sont tous aussi «lourds» les uns que les autres pour qui s'y investit vraiment. Le nouveau cours devra donc en remplacer un autre, probablement un complémentaire, sauf peut-être dans les programmes de sciences humaines où les élèves ont déjà des cours d'histoire?

    Quant aux coûts, comme on n'ajouterait pas de nouveaux cours... on n'augmenterait pas non plus le nombre total de professeurs, mais la discipline à laquelle ils appartiennnent. Plus de professeurs d'histoire, un petit peu moins de profs d'autres disciplines (pour la part de cours complémentaires qu'ils ne pourraient plus donner). La bonne nouvelle: ces profs d'histoire verront leur accès à la permanence grandement facilité. La mauvaise, un bon nombre de professeurs non-permanents perdront tout bonnement partie ou totalité de leur emploi. Mais au final, l'ajout de ce cours devrait se faire à coût à peu près nul.

    Quant à la pertinence d'ajouter ce cours au collégial, j'en doute. Non que l'histoire nationale ne soit pas importante, mais qu'aux études supérieures, les savoirs culturels de base -dont en histoire- devraient déjà être acquis, la vocation de la formation générale étant de consolider la maîtrise et l'intégration de ceux-ci. Qu'on mette davantage l'accent sur notre histoire nationale au cégep dans les cours de philo, de français ou de langue seconde est non seulement faisable, mais nécessaire... et à mon avis suffisant.

  • Anne-Marie Courville - Abonnée 5 septembre 2013 08 h 31

    Connaître son histoire

    Connaître sa histoire n'a pas de prix.
    Hier Madame Marois parlait en entrevue de ses objectifs mais jamais on a entendu le mot EDUCATION. Pourtant c'est le mot que l'on prononce quand on parle des priorités quand il y a des élections.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 5 septembre 2013 14 h 11

    Raconter l'histoire, ou se raconter des histoires?

    On ne se raconte pas des histoires en avançant que le coût pour l'ajout de 250 professeurs à temps plein ne coûte que 17 millions$ ?

    J'aimerai bien voir une ventilation complète du sujet.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 septembre 2013 15 h 15

      250 profs à 68,000$. Mais comme je l'ai signalé, si on ne fait que réaménager l'offre de cours, on n'introduit pas de nouvelles ressources. Le chiffre avancé ne vaut que si on décidait d'ajouter un cours, ce qui n'est pas l'hypothèse la plus probable.