Compressions : les services aux élèves en difficulté écopent

Serge Lefebvre et Amélie Pelletier ont témoigné mardi des conséquences des compressions.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Serge Lefebvre et Amélie Pelletier ont témoigné mardi des conséquences des compressions.

Malgré les importantes hausses de taxes scolaires que les propriétaires québécois ont subies, des compressions frappent encore les services aux élèves handicapés et en difficulté.

 

Des comités de parents, des syndicats de professionnels de l’éducation et des directions d’établissements scolaires ont rencontré les médias ensemble, mardi à Montréal, pour dénoncer une nouvelle fois les compressions dans les services directs aux élèves en difficulté.

 

Bien que le gouvernement ait soutenu que les compressions budgétaires imposées aux commissions scolaires n’affecteraient pas les services directs aux élèves, la réalité sur le terrain est tout autre, assurent ces représentants.

 

« On a beau nous dire que les services ne seront pas touchés, dans les faits c’est le contraire qui se produit. Aucun élève ne devrait subir les effets négatifs des décisions politiques », a martelé Gaston Rioux, président de la Fédération des comités de parents du Québec.

 

Suppression de postes

 

Le groupe rapporte la suppression de postes de techniciens en éducation spécialisée, des compressions dans le transport pour élèves handicapés, une réduction des heures de soutien à l’intégration et une diminution des sorties éducatives, par exemple. Les taxes scolaires ont pourtant été considérablement augmentées cette année, dans le but, justement, de compenser ces compressions gouvernementales.

 

Amélie Pelletier, dont la fille éprouve de telles difficultés, relate que sa fille, qui sera bientôt en 4e année, ignore d’année en année de quels services elle pourra disposer, à quels spécialistes elle aura affaire. « C’est l’incertitude totale et l’instabilité pour notre enfant, déplore-t-elle. Il y a beaucoup de mouvement dans le personnel qui va intervenir auprès de notre enfant », déplore celle qui se décrit comme une mère engagée.

 

Elle ne blâme pas la commission scolaire ni l’école de sa région de Chaudière-Appalaches pour les choix qui ont été faits. «L’école fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a», justifie-t-elle.

 

En attente

 

Johanne Pomerleau, présidente de la Fédération des professionnels de l’éducation, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec, rappelle que le programme du Parti québécois proposait pourtant d’ajouter des postes de professionnels dans le réseau pour venir en aide aux enseignants. « On les attend toujours », affirme-t-elle. Il y a bien eu des ajouts de personnel, les années passées, mais « cette année, on voit des suppressions de postes de professionnels », assure la syndicaliste.

 

Le groupe rapporte des compressions gouvernementales qui totalisent 500 millions depuis deux ans.

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