Le programme Arts et lettres change encore de nom

«Je trouvais important suite à des critiques que j’ai trouvées étonnamment virulentes de faire le point et de dire aux gens qu’on était [à l’écoute]», a déclaré au Devoir Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur.
Photo: - Le Devoir «Je trouvais important suite à des critiques que j’ai trouvées étonnamment virulentes de faire le point et de dire aux gens qu’on était [à l’écoute]», a déclaré au Devoir Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur.
Devant le tollé suscité par le changement de nom du programme Arts et lettres en «Culture et communication», le ministère de l’Enseignement supérieur se ravise… et le rebaptise. Ce programme d’études collégiales s'appellera désormais «Arts, lettres et communication».

«L’avantage des controverses c’est que ça permet de revenir sur le fond des choses. Je trouvais important suite à des critiques que j’ai trouvées étonnamment virulentes de faire le point et de dire aux gens qu’on était [à l’écoute]», a déclaré au Devoir Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur.

Le comité ministériel qui a travaillé trois années durant à la révision du programme avait pourtant perçu depuis un certain temps l’ampleur du mécontentement au sein du corps enseignant, avait appris Le Devoir. Un forum public sur Internet (le blogue parleprof.blogspot.ca), créé pour discuter de la révision du programme, faisait état de toute la grogne suscitée par ce changement de nom.

Le ministre Duchesne n’en avait pas entendu parler. «Dans l’analyse ministérielle que j’ai reçue, on n’a pas identifié la controverse liée aux deux mots «Arts et lettres» […] J’ai réalisé cependant rapidement qu’il y avait controverse et que c’était un symbole important pour des gens du monde littéraire », a-t-il dit. Le ministre ajoute que son intention n’était pas de dévaloriser les lettres et la littérature dans l’enseignement.

«On se réjouit du maintien de l’intitulé Arts et lettres et de l’écoute du ministre», s’est contenté de dire Elisabeth Nardout-Lafarge, professeur au département des littératures de langue française de l’Université de Montréal, qui rassemblait les voix les plus critiques à l’endroit de ce nouveau nom. En assemblée, les professeurs avaient adopté un texte, signé jusqu’ici par plus de 450 personnes, pourfendant sévèrement la décision du ministre. Une pétition sur le sujet avait aussi récolté 2200 signatures.

Enseignant de littérature au Cégep du Vieux-Montréal, Luc Bouchard croit aussi que le compromis du ministre est acceptable. «Ça ressemble beaucoup à ce qu’on avait proposé soit Arts, lettres et médias et qui avait été proposé par les différents départements lorsqu’on nous avait consultés pendant la grève », note-t-il. Il dit comprendre l’idée d’origine qui était de donner une plus grande place à la communication, mais selon lui, le nom «Culture et communication» ne voulait rien dire et n’était pas «représentatif» de ce qui était enseigné dans ce programme.

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