Philanthropie - McGill récolte 1 milliard

Leader québécoise en matière de philanthropie, l’Université McGill persiste et signe : au terme d’une campagne de financement qui a duré neuf ans, l’université a recueilli 1,026 milliard, sur un objectif de 750 millions.


« C’est un énorme record », s’est réjouie la principale sortante, Heather Munroe-Blum, qui a soutenu cette vaste collecte d’argent qui aura duré presque les dix années son mandat, qui prendra fin le 30 juin. Elle est d’autant plus satisfaite de cet objectif dépassé que la campagne s’est déroulée lors de crises, dont une importante récession économique.


Au total, 96 000 donateurs ont contribué à la campagne de financement « inventer l’avenir », dont la moitié vient du Québec et l’autre moitié, du Canada et d’ailleurs dans le monde. La plupart des contributeurs sont des diplômés McGillois, toutefois, 10 % des fonds recueillis viennent de gens qui n’ont aucun lien direct avec l’université.


Les dons proviennent surtout des poches des particuliers (60 %), mais également des fondations (26 %) et des entreprises (14 %). Des 96 000 donateurs, la grande majorité (83 %) des donateurs a fait un don de moins de 1000 $ et un peu plus de la moitié des donateurs s’exécutait pour la première fois. « C’est très important d’avoir de nouveaux donateurs, pas seulement pour McGill, mais pour toutes les universités québécoises », a dit Mme Munroe-Blum, qui ira passer sa première année post-McGill à l’Université Stanford en Californie, où elle a des projets de recherches.


Ce milliard supplémentaire ne suffit-il pas à pallier le financement manquement ? Non, insiste la principale. « C’est très important que le gouvernement ait comme priorité l’investissement dans les universités. La philanthropie n’est pas une source de fonds pour le fonctionnement des universités. Pas un dollar ne va au budget des opérations de l’université », rappelle-t-elle, soulignant qu’il y a toujours un manque à gagner dans les budgets des universités.


Bourses et services


Les fonds ainsi amassés serviront à financer des services spéciaux pour les étudiants, comme des bourses de mobilité ou pour des étudiants talentueux qui n’ont pas les moyens, notamment ceux de première génération (ils sont 1 sur 4 à McGill). Ces fonds paieront également les coûts d’infrastructure de la recherche et de l’enseignement, ce que ne couvre pas le financement par personne du gouvernement. « C’est clair que si le gouvernement n’investit pas [à la hauteur] de sa capacité, il y aura un problème dans l’avenir », a averti la principale, qui est pour une hausse des droits de scolarité.


Mme Munroe-Blum ne croit pas que McGill ait vidé les poches de tous les donateurs potentiels des autres universités du Québec. Au contraire. Le succès de sa campagne de financement aura un effet catalyseur, croit-elle. « Le succès de notre institution ne signifie pas l’échec d’une autre. […] Ça hausse la culture de la philanthropie et le désir des autres [universités] d’investir dans leur institution. »

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