Cégep - La littérature reste essentielle, assure le ministre Duchesne

Le programme arts et lettres ne disparaît pas, mais il se modernise et change de nom, a tenu à préciser le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne. Il répondait ainsi aux inquiétudes suscitées par le nouveau programme d’étude collégiale culture et communication, dont Le Devoir a présenté les grandes lignes mercredi. « On rebaptise le programme culture et communication et, dans les options, il y a toutefois l’option littérature », a-t-il assuré.


M. Duchesne admet toutefois que, pour ce programme pré-universitaire « redessiné », le nom « culture et communication » était davantage « rassembleur ». « Dans culture et communication, il y a communication, qui était un concept qui semblait être plus rassembleur », a dit le ministre.


À ceux qui craignent que l’enseignement de la littérature ne diminue, Pierre Duchesne se fait rassurant, rappelant que 30 heures seront ajoutées aux formations spécifiques, donc à chacune des options (théâtre, multidisciplinaire, cinéma, langues, médias, littérature, arts). « N’y voyez pas une volonté de dévaloriser la littérature et les arts, ce n’est vraiment pas l’objectif. Je dirais qu’au contraire, dans la formation générale qu’on va donner au cégep, en lien avec le futur cours d’histoire, la littérature est essentielle parce qu’on a au cégep de jeunes adultes et ils doivent comprendre dans quelle société ils sont. »


Actuellement, le programme arts et lettres, à moins que l’étudiant ait choisi le profil création littéraire ou lettres, ne comprend pas des cours de littérature autres que les quatre cours de français obligatoires du tronc commun. Il en sera de même pour le nouveau programme rebaptisé culture et communication, qui entrera en vigueur dès 2014 dans certains petits cégeps, mais en 2015 pour la majorité des établissements.

 

L’histoire obligatoire


S’il réitère la place de la littérature, le ministre a également rappelé qu’il souhaite imposer un cours d’histoire obligatoire pour les cégépiens. « Ça peut prendre de deux à trois ans », a précisé le ministre en indiquant que plusieurs scénarios sont à l’étude. Actuellement, ce ne sont pas tous les étudiants qui font de l’histoire au cégep, à moins de choisir un cours complémentaire dans le domaine. Un étudiant en arts et lettres peut obtenir son diplôme d’études collégiales sans jamais avoir suivi un cours d’histoire.


Par ailleurs, en entrevue à Radio-Canada, le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, croit qu’il était nécessaire qu’un programme « vieux de 15-20 ans », comme celui d’arts et lettres, se mette au « goût du jour ». Il reconnaît toutefois les défis liés à son implantation. « Notre défi, c’est de s’organiser d’ici 2015-2016 pour avoir toute l’organisation scolaire et les enseignants pour dispenser [les cours] », a-t-il soutenu.


La Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui représente de nombreux profs de cégeps, souligne qu’elle n’était pas « au jeu » ni directement consultée dans la refonte du programme. Amorcée il y a deux ans, cette révision s’est faite à travers des comités consultatifs nationaux, auxquels siégeaient des représentants des cégeps et, à l’occasion, des enseignants.

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