Institut de la statistique du Québec - Trois colloques pour une année internationale

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
L’un des thèmes abordés au congrès de l’Acfas est le développement de l’enfant.
Photo: - Le Devoir L’un des thèmes abordés au congrès de l’Acfas est le développement de l’enfant.

Ce texte fait partie du cahier spécial ACFAS 2013

« L’Année mondiale de la statistique vise à célébrer à l’échelle planétaire la statistique et son impact sur l’évolution des sociétés à tous les points de vue. Nous trouvions qu’il s’agissait d’une belle toile de fond pour participer au congrès de l’Acfas, d’autant qu’en novembre, nous célébrerons le centenaire de la création de la première agence de statistique publique au Québec, notre ancêtre, le bureau des statistiques », avance d’emblée Mme Debra Dollard, directrice générale adjointe aux services à la production statistique à l’Institut de la statistique du Québec.


C’est sous le thème Le devenir des enfants du Québec de la naissance à l’adolescence : l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ) que se tiendra les 6 et 7 mai le premier colloque auquel prendra part l’ISQ.


Lancée par des chercheurs universitaires du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant, dont le directeur est Richard E. Tremblay, et chapeautée par l’ISQ, l’ELDEQ recueille des données auprès de plus de 2000 nourrissons et leurs familles sur presque tout le territoire québécois depuis 1998. S’intéressant à une multitude de facteurs contribuant au développement physique, émotionnel, comportemental et cognitif de l’enfant, de la naissance à l’adolescence, l’enquête se veut une importante source de données pour de nombreux chercheurs.

 

Comportements perturbateurs


C’est à l’initiative d’un professeur de l’Université d’Ottawa, M. Raymond Baillargeon, qui mène un programme de recherche sur le développement de comportements perturbateurs chez les enfants, que l’ISQ et certains chercheurs associés à l’ELDEQ se réuniront pour discuter de différentes thématiques reliées à l’enquête, comme les problèmes de sommeil chez l’enfant et l’adolescent ou la préparation de l’enfant à la maternelle et le rendement scolaire à l’école. « J’espère que ce colloque nous permettra de faire consensus sur la pertinence d’une telle enquête », signale M. Bertrand Perron, directeur de la Direction des enquêtes longitudinales et sociales (DELS).


En outre, même si cela ne fait pas partie des objectifs officiels du colloque, M. Perron souhaite que celui-ci soit l’occasion de réfléchir à la pertinence de mener une seconde étude longitudinale auprès des enfants québécois. « Le temps est venu de réaliser une autre enquête, parce que les enfants de l’ELDEC sont des enfants de la transition. Ils ont vécu le début des CPE. Ça a beaucoup changé depuis ce temps. Ils sont aussi passés à travers le renouveau pédagogique, mais jamais à temps plein et complètement. Les congés parentaux ont aussi énormément changé depuis cette époque. En réalisant une nouvelle étude, on pourrait confirmer ou infirmer ce qu’on a appris grâce à l’ELDEQ. Ça nous permettrait de contrôler les effets de contexte », conclut-il.


Art et économie


Tenu les 9 et 10 mai et organisé conjointement par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), l’ISQ et l’INRS, le colloque Travail artistique et économie de la création sera l’occasion de se pencher sur les plus récentes études portant sur les travailleurs artistiques, leurs conditions de pratique et la protection sociale dont ils jouissent. Celui-ci mobilisera des intervenants locaux et internationaux provenant tant des sphères universitaire que gouvernementale et entrepreneuriale.


« Essentiellement, notre réflexion tournera autour de la sociologie de la création du travailleur culturel, de la profession artistique. C’est une réflexion qui est très certainement d’actualité dans le contexte où on se pose beaucoup de questions sur la capacité des gouvernements à soutenir la création », précise M. Dominique Jutras, directeur de l’OCCQ.


Ainsi, les participants s’interrogeront sur les caractéristiques atypiques du travail artistique et leur compatibilité avec les formes actuelles du travail. Ils réfléchiront également aux conditions de travail des artistes et au chemin parcouru au cours des dernières décennies au chapitre du statut professionnel. Pour sa part, l’OCCQ dévoilera son plus récent portrait des conditions socio-économiques des artistes du Québec en arts visuels. « J’espère que ce colloque contribuera à faire avancer notre vision du travail artistique, confie M. Jutras, et qu’au sortir de celui-ci, nous serons tous un peu plus enthousiastes face aux travaux qu’on réalise et à leur portée ! Pour l’Observatoire, c’est toujours intéressant de voir dans quelle mesure les études qu’on fait s’avèrent utiles et utilisées. »

 

Gouverne et recherche


C’est sous le thème Méthodes statistiques et statistiques publiques : éléments clés pour la recherche et la gouverne que se déroulera les 6 et 7 mai le troisième colloque auquel participeront des conférenciers de l’ISQ.


Dans un contexte où, grâce à l’évolution des sources et des technologies de stockage de l’information, le volume de données utiles à la recherche et à la prise de décisions augmente de façon exponentielle chaque année, ce colloque sera l’occasion de s’interroger sur le développement des méthodes statistiques pour exploiter pleinement les données disponibles.


Celui-ci permettra également aux participants de réfléchir à la protection de la confidentialité des informations personnelles, à la qualité des données provenant de nouvelles sources ou nouveaux modes de collecte, ainsi qu’à la transformation des modes d’interaction entre les différents acteurs du monde de la recherche : producteurs de données, chercheurs et analystes de politiques. « À l’échelle mondiale, on demande que les organisations publiques soient plus transparentes. Cela crée pour elles un besoin omniprésent de s’appuyer sur des enquêtes, des recherches et des analyses de données de qualité. Ça nécessite qu’on se questionne sur le devenir et le rôle des agences statistiques en appui à la gouverne et à la recherche », précise Mme Dollard.


La première journée de plénière s’adressera surtout aux spécialistes, aux chercheurs et aux universitaires. Les congressistes réfléchiront à différents enjeux méthodologiques liés à la production de statistiques, notamment aux besoins relatifs à la recherche basée sur l’analyse quantitative de données. Moins technique, la deuxième journée du colloque sera plus accessible au public. Les congressistes s’attarderont alors à l’impact des statistiques sur la gouverne et la recherche.


Mme Dollard espère qu’au final, ce colloque permettra à l’Institut de maximiser l’exploitation de ses données. Elle souhaite également qu’il permette aux scientifiques et à la population de mieux comprendre son rôle, lequel demeure somme toute méconnu. « On constate qu’il y a une méconnaissance du rôle de l’Institut, alors si on ne faisait que démystifier ce qu’il fait et avec qui il travaille, car on travaille en étroite collaboration avec de multiples partenaires, ministères, organismes, chercheurs et universitaires, ce serait déjà beaucoup. On aimerait également que ce colloque serve à orienter les gens vers nos services. »



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