Chaire de coopération Guy-Bernier - Encore plus présente dans le milieu coopératif!

Florence Sara G. Ferraris Collaboration spéciale
L’UQAM possède une chaire de coopération dont le but est de mieux répondre aux coopératives.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir L’UQAM possède une chaire de coopération dont le but est de mieux répondre aux coopératives.

Ce texte fait partie du cahier spécial Recherche universitaire

À quoi bon être une coopérative en 2013 ? C’est la question à laquelle s’emploient à répondre les professeurs et les étudiants associés à la Chaire de coopération Guy-Bernier de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).


Au-delà du concept même qui établit la coopération, le titulaire de la Chaire de l’UQAM, Michel Séguin, désire cerner ce qui caractérise les coopératives aujourd’hui, afin de mieux répondre à leurs besoins. « Mon objectif est de présenter les avantages d’être une coop, lance le professeur du Département d’organisation et ressources humaines. De démontrer que la nature coopérative d’une entreprise peut lui permettre de tirer son épingle du jeu dans le système économique actuel. »


Avec ce but bien en tête, l’équipe du professeur Séguin se prépare à participer, à titre de partenaire institutionnel, au Sommet international des coopératives organisé par le Mouvement Desjardins, qui se tiendra à Québec en octobre 2014.


Présenté comme une tribune internationale par les organisateurs, le Sommet devrait permettre aux acteurs du milieu coopératif d’établir les enjeux contemporains et les futurs défis à relever qui sous-tendent ce monde entrepreneurial. Pour la Chaire de coopération Guy-Bernier, c’est une occasion en or de mettre de l’avant leurs travaux en cours. « Ce partenariat représente beaucoup pour nous, insiste Michel Séguin. C’est un peu comme l’aboutissement de tout le travail que nous avons fait au cours des dernières années. »


Il y a 25 ans


Fondée en janvier 1987 à la suite des efforts communs de Guy Bernier, le président et chef de direction de la Fédération des caisses populaires Desjardins de Montréal et de l’Ouest-du-Québec de l’époque (à qui la chaire doit son nom), de Marcel A. Gagnon, le directeur général de la Fondation de l’UQAM, et de Claude Corbo, l’ancien recteur de l’Université du Québec à Montréal, la Chaire de coopération Guy-Bernier est alors l’une des premières chaires de recherche à se pencher sur le monde des coopératives.


« Les écoles de gestion et de commerce présentaient le modèle capitaliste traditionnel », explique le professeur Séguin. Or, selon lui, la croissance et le développement du milieu coopératif dans les années 80 ont fait exploser la demande pour la mise en place d’outils spécifiques et la formation de professionnels pouvant répondre aux questions suscitées par les acteurs oeuvrant au sein des coopératives. « Il y avait clairement une lacune dans le monde universitaire, précise le chercheur. Quand on grossit, on ne peut plus se baser sur des techniques artisanales. »


La rapide progression des coopératives a donc obligé les experts à s’interroger sur les façons de concilier les outils existants avec la réalité de ces entreprises particulières, d’où le financement de la chaire à ses débuts.

 

Nouvelle approche


Son caractère unique a cependant été de courte durée. En effet, aujourd’hui, la quasi-totalité des écoles de gestion, de l’École des hautes études commerciales de Montréal (HEC) à l’Université Laval, en passant par l’Université de Sherbrooke, ont la leur. C’est en raison de ce constat que l’actuel titulaire de la chaire a décidé, à son arrivée en 2007, de retracer les grandes lignes du programme.


« Au moment de ma nomination, nous étions dans une période de stagnation, autant au niveau de la recherche que du financement, soutient-il. Nous sentions que nous avions besoin de nous redéfinir. » Ainsi, depuis sa prise en charge de la chaire, l’équipe axe son travail sur le capital humain, qu’on parle d’embauches, de relations professionnelles ou de motivation au travail. C’est ce créneau qui la distingue des autres chaires oeuvrant dans le même domaine et lui garantit une reconnaissance accrue dans le milieu.


Cette dernière leur permet d’avoir un accès plus facile au terrain - la principale difficulté pour les chercheurs dans le domaine de la gestion. Dans cette optique, que ce soit à la demande des coopératives elles-mêmes (dans environ 10 % des cas) ou de leur propre chef, les professeurs et les étudiants chapeautés par la Chaire Guy-Bernier ont un lien privilégié avec les coopératives qui acceptent aisément de se prêter au jeu de la recherche.


À preuve, six des huit projets actuellement en cours sont des initiatives de la chaire. « Au fil des années, nous avons acquis une certaine notoriété, rappelle Michel Séguin. Nous avons une bonne ouverture de la part des coops [que ce soit Desjardins ou Agropur], donc, lorsqu’on leur demande un terrain, elles nous le donnent. »

 

Recherches et partenariats


Le professeur tient cependant à souligner que ces partenariats ne sont jamais accompagnés de pressions afin d’acquérir les résultats obtenus par les entreprises avec lesquelles ses chercheurs travaillent. « C’est clair que nous leur remettons [nos] résultats, puisque ce sont souvent des stratégies qu’elles peuvent appliquer par la suite, laisse-t-il savoir. Mais c’est toujours à notre rythme, lorsque le travail est terminé. »


Cette relation de confiance, entretenue par la chaire et ses partenaires, fait en sorte que, même plus de 25 ans après sa fondation, le programme est toujours sollicité par les acteurs du milieu coopératif.



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