Inspiration printanière

C’était une référence à la fabrique de Mai 68, l’École de la montagne rouge a été créée au tout début du mouvement de grève par des étudiants du Département de design graphique de l’UQAM. Le documentariste et producteur Maël Demarcy les a suivis dès leurs balbutiements jusqu’à leur mort autoproclamée, le 7 septembre 2012.« Je faisais une maîtrise en cinéma et j’ai tout de suite été tenté de faire un film pour poser une mémoire sur eux. J’ai pensé que c’était important qu’on laisse une empreinte visuelle de leur façon de penser », explique-t-il.

Son documentaire Aujourd’hui pour moi, demain pour toi a été présenté aux Rendez-vous du cinéma québécois et sortira à l’automne en salle. Au fil de leurs séances de remue-méninges, de la création de slogans et d’affiches, et des manifestations les plus importantes, il dresse le portrait d’un collectif de jeunes artistes en design, inspiré par le printemps. « Je voulais des gens qui avaient une innocence et une candeur par rapport à la problématique, mais qui allaient entrer dedans à 100 %, poursuit-il. Je voulais laisser une trace de vécu et non une trace passéiste. »


Cinéma direct


Influencé par le cinéma direct de Pierre Perrault, Maël Demarcy croit à l’importance des témoignages filmiques, sans quoi certains événements tomberaient dans l’oubli ou vieilliraient à la merci des souvenirs déformés par le temps des protagonistes. Les vidéos YouTube diffusés par les étudiants à travers les réseaux sociaux ont un grand pouvoir de dénonciation, reconnaît-il. « Mais on s’inscrit dans une logique d’instantanéité et on perd une partie de la réflexion », soutient-il. Le documentaire, lui, inscrit les souvenirs dans leur contexte. « C’est un devoir de mémoire qui est primordial. »