L’«événement» québécois à l’étude

« Pourquoi, en 2012, un conflit qui porte au départ sur un enjeu traditionnel dans l’histoire des luttes étudiantes au Québec a-t-il déclenché un mouvement social d’une telle ampleur et en quoi et jusqu’où ce dernier transforme-t-il notre réalité collective ? »
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir « Pourquoi, en 2012, un conflit qui porte au départ sur un enjeu traditionnel dans l’histoire des luttes étudiantes au Québec a-t-il déclenché un mouvement social d’une telle ampleur et en quoi et jusqu’où ce dernier transforme-t-il notre réalité collective ? »

À la session dernière, les étudiants de l’Université Laval ont vu apparaître dans la liste des choix de cours le SOC-2116 Question spéciale de sociologie II : le printemps québécois. Une trentaine de curieux, plusieurs encore tout empreints d’un conflit dont ils avaient été, sinon les acteurs, du moins les spectateurs, ont participé aux cours-conférences. « Pourquoi, en 2012, un conflit qui porte au départ sur un enjeu traditionnel dans l’histoire des luttes étudiantes au Québec a-t-il déclenché un mouvement social d’une telle ampleur et en quoi et jusqu’où ce dernier transforme-t-il notre réalité collective ? »

Dans le plan de cours préparé par le professeur de sociologie Olivier Clain, cette immense question sert de préambule à un cours particulier qui, après avoir été donné « à chaud » alors que l’actualité de la crise était encore brûlante, ne sera pas offert de nouveau.


« Je tenais à ce que ce cours ait un caractère d’événement, raconte M. Clain en pleine session d’hiver. Et c’est exactement ce que ç’a été. Avec des conférences offertes par des collègues sur des questions qui étaient périphériques au conflit, nous avons réfléchi à la portée sociologique d’un tel événement. »


Il s’agissait donc d’un véritable cours de socio, sans teinte idéologique. On y a causé Plan Nord, puisque la validité de ce projet conçu par les libéraux était aussi au coeur des contestations étudiantes. On a parlé démographie, question de mesurer exactement le poids démographique étudiant dans la balance. On a tenté de suivre le destin des classes moyennes québécoises depuis la Révolution tranquille.

 

Crise sociale


Surtout, explique Olivier Clain, on a tenté de comprendre pour quelles raisons un conflit né d’une revendication dénuée de toute originalité (combien de luttes étudiantes dans l’histoire du Québec sur cette question des droits ?) s’est métamorphosé en une véritable crise sociale. « L’angoisse internationale associée à la crise, la grogne de partout dans le monde devant les inégalités, la mobilisation de la planète pour sauver les banques, tout cela a donné un contexte sociologique qui a rendu parfaitement insupportable pour les étudiants la hausse suggérée », ajoute le professeur.

1 commentaire
  • Larry Allan Swiniarski - Inscrit 25 mars 2013 14 h 38

    PAS SÛR

    M. Clain: Peut-être que ça a l'air plausible. Sauf que dès que les hausses partent, la paix revient. Donc la lutte pour la justice sociale, finie. Tout comme en quoi, 2003 +/-? Le gouvernement recule, la paix revient. Ça a pré-datée la crise, c'était bien avant les obscènes paiements aux banques mondiales - c'était même avant l'ilôt voyageur et Sarah Palin. Donc tout respectieusement, je trouve l'hypothèse difficile à accepter. Les associations des étudiants auraient pu s'associer plus tôt, mettons, avec les 'Occupons' et alia. Mais tout ce que j'ai vu, ce que je vois, c'est un intérêt des plus 'je, me, moi'. La mobilisation dont on parle dépendait possiblement autant du météo le 22 mars 2012 (une journée estivale) que de toute la grogne.