Point chaud - «J’étais très conscient qu’on ne contrôlait rien du tout»

Gabriel Nadeau-Dubois, l’un des meneurs du printemps érable, étudie aujourd’hui la philosophie.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gabriel Nadeau-Dubois, l’un des meneurs du printemps érable, étudie aujourd’hui la philosophie.

Coin Saint-Denis-Maisonneuve, devant l’UQAM, Gabriel Nadeau-Dubois, avec sa verve passionnée, défend sa position sur la fiscalité et le contingentement dans les universités. Long manteau, mallette au bras, le jeune homme de presque 23 ans, qui effectue une mineure en philosophie à l’Université de Montréal, a l’air de n’importe quel étudiant de son âge.

Mais, signe que son passé de rock star du printemps érable le rattrape, l’ancien porte-parole de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) est interrompu par une horde d’adolescentes qui gloussent à l’idée de se faire photographier avec lui.

À la fois flatté et mal à l’aise, l’ancien porte-parole de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) s’exécute.

«J’assume les conséquences du choix que j’ai fait de me mettre à l’avant-scène», expliquera plus tard celui que plusieurs appellent GND. «Même si ça a de très mauvais côtés. La vie privée, ça n’existe plus.»

Avec des séminaires et des conférences partout au Canada, son horaire de premier ministre s’essouffle à peine dans sa vie post-conflit. Il dit pourtant être aujourd’hui un étudiant plutôt «low-profile» et studieux. Il est vrai qu’il est difficile de l’imaginer plus occupé qu’au printemps dernier. «Au début de la grève j’allais plus dans les assemblées, pas toutes, car il y en avait un nombre incroyable, et on commentait les résultats durant la journée», raconte Gabriel Nadeau-Dubois, de sa voix élimée, qu’on entendait sur toutes les tribunes il y a un an à peine. «À partir d’un certain moment, ma vie se résumait aux médias.»

De 5 h du matin jusqu’au soir, à l’émission 24 heures en 60 minutes, sa vie consistait à enchaîner les entrevues, se promenant entre les studios radio et télé, et répondant aux questions de la presse écrite lorsqu’il n’était pas en ondes. « Une fois, je me suis même endormi pendant une entrevue radio. J’étais à Québec. Renaud [Poirier St-Pierre son attaché de presse] m’avait donné le téléphone dans mon lit. J’étais tellement fatigué que j’ai manqué une question parce que je m’étais rendormi une fraction de seconde», raconte-t-il.

Il en profite pour rendre hommage à ses compagnons de lutte, l’exécutif et autres membres de la CLASSE, qui ont préparé le terrain pour les assemblées, organisé des actions, graissé la machine, quoi. «Cette vie-là, c’était comme ça pour l’exécutif et tous les militants de la grève, même les gens qui étaient dans les rues, qui bloquaient les portes d’une banque à 6 h, étaient à midi devant la CREPUQ et se rassemblaient à 14 h dans un square, dit-il. On avait un congrès chaque semaine et on se réunissait après pour faire le plan de la semaine. On avait nos habitudes de travail, chacun travaillait sur ses dossiers qu’on s’était bien répartis.»

Il parle avec respect de son attaché de presse, Renaud, sans qui il n’aurait jamais pu faire ce travail, confie-t-il. «Il a été ma courroie de transmission, non seulement avec les médias, mais avec mon propre exécutif.» Et même sa propre mère !

Pas le don d’ubiquité, mais presque. Gabriel Nadeau-Dubois était partout, comme le voulait la stratégie de la CLASSE. Stratégie qui s’est au fil du printemps retournée contre lui, ses partenaires de lutte l’ayant blâmé plusieurs fois parce qu’il se mettait trop en avant.

Et dans toute cette frénésie printanière, impossible de garder le contrôle. «On savait quelles actions la CLASSE organisait, sinon l’exécutif m’informait de ce qu’il voyait passer sur Facebook et, des fois, on était capables de retracer qui l’organisait, note-t-il. Mais à un certain moment, on ne le savait pas. On n’avait aucune idée de ce qui se passait.»

La manifestation du 22 mars

Pour les étudiants, l’arrivée du printemps a été un véritable cadeau. Ça s’est passé le 22 mars. Sous un soleil jouissif et un mercure frisant les 20 degrés, des centaines de milliers de personnes de tous âges ont participé à cette grande «manifestation nationale», première d’une série de marches qui auraient lieu tous les 22 du mois. «Ça a été un moment charnière», se rappelle Gabriel Nadeau-Dubois. «Au sens où c’est à ce moment-là qu’on a pris conscience de l’ampleur du mouvement et de notre propre pouvoir comme génération.»

Surtout lorsque la vague humaine a déferlé jusque sous le viaduc Berri. «C’est là que, pour la première fois, la manif se voit elle-même et qu’on prend conscience de notre pouvoir. Il y a tout un gratte-ciel de préjugés qui s’écroule sur notre niveau de conscientisation comme génération. À partir de là, tout le monde au Québec comprend qu’il se passe quelque chose hors de l’ordinaire, qu’il y a quelque chose de plus gros qu’une grosse grève étudiante.»

Sur une note plus personnelle, Gabriel Nadeau-Dubois évoque aussi comme tournant décisif l’assemblée générale de l’association étudiante du Cégep Maisonneuve, qui a eu lieu fin février. «Il y a 3500 personnes à l’assemblée générale, c’est du jamais vu. On est installés dans deux gymnases un par-dessus l’autre. Avant de commencer, le directeur de la sécurité vient au micro et demande aux gens de ne pas bouger en même temps dans le gymnase et de ne pas sauter parce que le cégep n’a pas été construit pour accueillir autant de personnes et que ça pourrait être dangereux pour l’intégrité matérielle du bâtiment, raconte le jeune homme. L’institution elle-même n’avait pas été pensée ni conçue pour un tel niveau de mobilisation. On ne faisait pas juste surprendre les chroniqueurs de mauvaise foi, on surprenait aussi les murs de nos écoles. C’était le signe objectif qu’il y avait quelque chose d’extraordinaire qui était en train de se produire. La grève a été adoptée à 85 %. C’était un tsunami. Je me rappelle de m’être dit ce soir-là que la grève allait être sans précédent.»

À travers ces moments d’euphorie, d’autres, plus sombres, évoquent l’horreur, pour Gabriel Nadeau-Dubois. Victoriaville. «Je me rappelle que je me suis dit : “Oh, fuck”. L’affrontement ne peut plus continuer. Il y aurait pu avoir des morts et ç’aurait été une tragédie incommensurable. Je ne sais pas comment on aurait géré ça.»

Cette manifestation en marge du Conseil général du Parti libéral avait complètement dégénéré. Le bilan : une centaine d’arrestations et trois blessés graves dont un, qui a perdu un œil. Rien que de l’évoquer, Gabriel Nadeau-Dubois a la voix qui s’étrangle. Il a des regrets de ne pas avoir suffisamment condamné la violence de la répression. «Dans ma déclaration, j’ai reformulé mon mandat de congrès et je suis resté vague. J’étais troublé par ce qui se passait, mais je n’avais pas conscience du niveau de brutalité policière et de la répression. Avoir su, j’en aurais parlé.» C’était le 4 mai. «À ce moment-là, les gens avaient pris une autonomie importante par rapport à l’organisation du mouvement et encore plus par rapport à moi. J’étais très conscient qu’on ne contrôlait rien du tout», admet-il.

Tout ça pour ça ?


Gabriel Nadeau-Dubois, qui est en train d’écrire un livre dont la sortie est prévue pour octobre chez Lux Éditeur, dresse malgré tout un bilan positif du mouvement étudiant. Du moins sur le plan personnel. «Ça nous a vieillit beaucoup comme mouvement, ça nous a appris beaucoup de choses, reconnaît-il. Mais il faut comprendre qu’on baignait là-dedans. Comme le poisson qui ne sait pas qu’il est dans l’eau. […] Je sentais beaucoup de pression. Un congrès sur deux je me faisais ramasser, je me faisais pitcher des affaires pendant les manifs. On avait tellement peu de recul dans la situation, on était dans l’action-réaction. C’est ce que je regrette. On aurait été meilleurs si on avait pris du recul et le temps de réagir, ce que faisaient les libéraux, eux.»

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, Gabriel Nadeau-Dubois n’a véritablement croisé l’ex-premier ministre Jean Charest qu’une seule fois pendant le conflit. C’était le 31 mai, jour de son anniversaire et jour de la dernière négociation avec le gouvernement qui avait finalement échoué. Des proches lui avaient remis un gâteau à la sortie de la rencontre et il l’a gardé avec lui jusqu’au studio de la colline parlementaire où il accordait une entrevue à TVA. Le premier ministre était déjà en studio. «Les gardes du corps m’ont vu avec mon gâteau plein de crème fouettée et ils sont devenus très nerveux. Ils ont pensé que je voulais l’entarter.»

Il décrit comme très « différentes » les relations avec les deux ministres de l’Éducation qui se sont succédé pendant le conflit, Line Beauchamp — qui a démissionné le 14 mai — et Michelle Courchesne. Il décrit cette dernière comme «sympathique» sur la forme et de «redoutable politicienne» sur le fond. «D’un point de vue franchise et jasette, Courchesne avait quelque chose de plus fluide», fait-il remarquer. «Beauchamp, on la sentait plus angoissée et stressée. Elle était émotive», souligne Gabriel Nadeau-Dubois. «La seule fois où je l’ai rencontrée lors d’une négo, elle ne m’a pas regardé dans les yeux. Elle avait quelque chose de frêle. […] La loi spéciale, elle n’était pas capable de vivre avec ça.»

Mais Gabriel Nadeau-Dubois se garde bien de s’émouvoir devant la victimisation de certains acteurs du conflit. «Quand tu t’engages dans quelque chose, il y a des conséquences. Beauchamp, personne ne l’a forcée à être ministre. Il faut faire attention avec la victimisation», a-t-il laissé tomber. «Les vraies victimes, ce n’est pas Line Beauchamp, ce n’est pas Arielle Grenier [Une « carré vert », membre du Mouvement des étudiants socialement responsables] et c’est pas moi non plus. Ce sont les gens pris pour plusieurs années dans des procédures judiciaires parce qu’ils ont eu des tickets dans des manifs. Ce sont des gens qui ont été blessés, ont perdu un œil, ont été matraqués, se sont fait suivre et perquisitionner.»

Le récent Sommet sur l’enseignement supérieur organisé par le gouvernement péquiste s’est soldé par quelques consensus, mais surtout par une indexation de 3 % des frais afférents et des droits de scolarité. Tout ça pour ça ? L’air grave, Gabriel Nadeau-Dubois réfléchit longuement avant de répondre. «Je n’aime pas parler de déception parce que ce serait triste pour les gens qui ont lutté. […] On a fait une belle grande grève, et c’est important d’en faire un bilan positif », souligne-t-il, rappelant que la hausse de 1625 $ sur cinq ans des droits de scolarité a quand même été annulée.

Selon lui, découlent de cette lutte des «gains collectifs profonds», qui vont au-delà de la question des droits de scolarité. «Ça a l’air cliché, mais c’est fondamental. On dit que les générations se font quand elles ont 20 ans. Le plus gros mouvement social de l’histoire du Québec a marqué les esprits et ça a semé dans toute une génération une manière de voir la politique qui va être marquante pour le reste de leur vie. Comme s’il y avait eu quelque chose de semé et qui va pouvoir être réactivé à un certain moment donné», soutient-il. «Un vieux militant syndical m’avait un jour dit : “la politique, c’est pas comme un match de hockey, où la troisième période se termine et tu sais si t’as les deux points ou pas.” C’est plutôt une nouvelle lutte qui s’amorce et qui va se dérouler autrement, qui va être sur le long terme.»

43 commentaires
  • RONALD LESAGE - Inscrit 18 mars 2013 09 h 04

    Encore se regarder le nombril .

    Les vraies victimes c'est les payeurs de taxe : citoyens dont les véhicules , commerces ou propriétés ont été vandalisés et ceux qui auront à compenser pour les dépenses encourus et les pertes de revenu leur municipalité , les compagnies d'assurance et les commerçants . GND a fait reculé le mouvement étudiant dans l'esprit de la majorité des citoyens et les a identifié comme étant égocentrique et détaché de la réalité . Malheureusement il n'a pas compris que tout se joue sur l'impression du public en politique et que même les meilleurs intentions peuvent finir par paver l'enfer .

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 mars 2013 10 h 19

      Vous confondez. Ça, ce sont les victimes de la politique gouvernementale - libérale - de refus de discuter.

    • Eric Allard - Inscrit 18 mars 2013 10 h 27

      M. Lesage, la vie n'est pas une télé-réalité, et le public a été très largement désinformé par le gouvernement de l'époque et sa machine. Donc pour analyser un événement comme celui du Printemps Érable, il faut aller beaucoup plus loin que seulement la perception du public.

    • Bernard Dupuis - Abonné 18 mars 2013 10 h 57

      La victime serait «les contribuables»?

      Comment se fait-il que ces contribuables s’offusquent des frais de scolarité alors qu’ils se taisent devant le fait qu’ils envoient la moitié de leurs taxes et impôts à Ottawa? Ont-ils reçu un service substantiel du gouvernement fédéral dernièrement? Pourtant, ils devraient réfléchir à ce qu’ils reçoivent des universités. Ils reçoivent de nombreux services dont ils ne sont pas toujours conscients et qui ne leur coutent pas si chers que cela. Pensez à la profession médicale : chirurgiens, oncologues, anesthésistes, etc., etc. Pensez aux pharmaciens, aux architectes, aux ingénieurs. Ces bons contribuables ont besoin de médicaments, de belles maisons, de toutes sortes de commodités dépendantes de la haute technologie (voitures, ordinateurs, téléviseurs HD, etc., etc.) En ont-ils pour leur argent? C'est tout de même mieux que la mafia dont ils savent maintenant qu'elle leur coute très cher...


      Si on considère ce que serait notre société sans les universitaires, où en serions-nous? Il me semble que nous sommes, en tant que contribuables, bien ingrats envers les universitaires. Relativement aux services qu’ils rendent à la société, nous en avons pleinement pour notre argent. Quant aux «payeurs de taxes» qui voudraient bénéficier de tous ces services sans en payer le prix, ils devraient plutôt protester contre la complaisance dont fait preuve notre société envers la mafia, la corruption, le travail au noir, les abris fiscaux, etc., etc.

      Bernard Dupuis,
      Berthierville

    • François Robitaille - Inscrit 18 mars 2013 12 h 52

      @Sylvain Auclair: Le vandanlisme n'est pas acceptable. Il ne l'a jamais été et ne le sera jamais. On ne peut accuser une personne tierce la responsabilité de ce genre d'actes, le gouvernement dans votre exemple. Rien ne justifie des actes de violence, même des frustrations.

      La liberté que nous procure la démocratie est entaché par ce genre d'actes et de pensées. N'oubliez jamais que dans un mon libre, cette liberté s'arrête là ou celle de l'autre commence.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 18 mars 2013 13 h 08

      «Ça, ce sont les victimes de la politique gouvernementale - libérale - de refus de discuter»

      A plusieurs reprises on a pu entendre, autant de la part de la vedette ci-haut que de son remplacant, qu'il ne faillait pas discuter mais bien exiger.

      Comment peut-on encore nous sortir ce mauvais théatre comme quoi que le GV ne voulait pas discuter, GV qui a accorder concession par dessus concession.

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 mars 2013 18 h 44

      Monsieur Robitaille,
      Je reste convaincu qu'une bonne part des actions violentes que vous condamnez a été le fait d'agents provocateurs de la police. On a eu trop de témoignages d'arrestation de masse où l'on laissait passer les éléments violents.
      D'ailleurs, combien de policiers ont été mutilés pendant ces événements? Au moins un manifestant a perdu un œil.

    • François Robitaille - Inscrit 19 mars 2013 08 h 32

      Alors pourquoi personne ne condamnais les gens violents? C'était même presque encouragé, c'est là que je décroche.

      Si les portes-paroles des étudiants avaient dénoncé les actes violents de leur groupe (ou infiltrés), ils auraient eu bien plus d'appuie. Il s'en sont plutôt servi, c'est ça que je dénonce.

  • Denis Hébert - Inscrit 18 mars 2013 09 h 22

    Réalisme et maturité

    Ce sont les deux mots qui me viennent immédiatement après la lectire de ce texte. Très loin de l'image d'écervelé, d'enfant gâté que certains chroniqueurs tentaient et tentent toujours, avec mépris, de lui accoler.

    Je ne peux que lui dire bravo et merci pour le travail qu'il a effectué l'an dernier. Il a su par sa verve démontrer que les jeunes sont loin d'être apathiques et nombrilistes comme les dits chroniqueurs aiment le croire, mais surtout le faire croire.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 18 mars 2013 12 h 36

      Vous avez raison, il est mature et conscient maintenant de ce qu'il a fait. Une chance qu'il y a eu des poursuites contre lui et il est chanceux qu'on lui refile pas la facture de ce que sa coûté. On apprend dans la vie.

    • Yves Claudé - Inscrit 18 mars 2013 15 h 15

      ... combattivité et responsabilité : Un leader historique du mouvement étudiant !

      Il faut rendre justice et hommage à Monsieur Nadeau-Dubois, pour le rôle historique qu’il a joué en tant que leader étudiant, dans une crise qui fut aussi sociopolitique. Il a "tenu le fort" dans un contexte où l’unité du mouvement étudiant était à la fois problématique mais indispensable, alors que la répression du mouvement, comme partie intégrante d’une stratégie de tension et de capitalisation politique, était habilement mise en œuvre par le gouvernement Charest.

      Il a eu - apparemment - la claivoyance de quitter le navire de la CLASSE au moment où celui-ci était déjà en train de couler sous le poids d’un dogmatisme intégral, tel qu’il s’est très lourdement et fantasquement formalisé dans le pompeux «Manifeste de la CLASSE»… et dans d’autres dérives idéologiques ou factuelles.

      Alors que la CLASSE … ou à présent l’ASSÉ, dans un mouvement de reflux favorable à l’emprise groupusculaire, s’est enfermée dans un radicalisme sans perspectives, Monsieur Nadeau-Dubois aurait eu de plus en plus de difficulté à assumer cette conjonction de combattivité et de responsabilité qui a donné au mouvement étudiant le meilleur de lui-même.

      Il ne faut pas oublier enfin le fait que la répression judiciaire amorcée en 2012 menace toujours ce ex-leader, et que la solidarité à son égard, doit être entière et concrète !

      Yves Claudé

    • Solange Bolduc - Inscrite 18 mars 2013 17 h 04

      J'approuve ce que vous dites, M. Claudé!

  • Francois Gougeon - Inscrit 18 mars 2013 09 h 24

    Les victimes!

    GND pourrait aussi parler de tous les étudiants à faible revenu qui n'ont pas pu suivre le programme condensé parce qu'ils doivent travailler. Il y en a une bonne gang qui ont abandonné les études, temporairement ou pour de bon. Tout ça pour qu'une majorité d'élèves venant de familles aisées puissent continuer à avoir des études pas trop cher
    C'est comme à la guerre. Les généraux sont restés en arrière pendant que les bons petits fantassins payaient le prix. Puis maintenant c'est les généraux qui récoltent : député avant d'avoir terminé le CEGEP, consultant pour une centrale syndicale avec un livre en chemin, etc. On a pas à s'inquiéter de l'avenir de nos leaders (désolé, représentants) étudiants. Déjà qu'eux aussi partaient avec une longueur d'avance (leur parents pouvant se permettre le secondaire privé)
    On pourrait aussi parler d'une autre catégorie de victimes : tous les jeunes de milieux défavorisés qui n'ont jamais même l'occasion de mettre les pieds à l'université. On s'est tapé un soi-disant débat sur l'éducation sans jamais parler de tout ce qui cloche au primaire et au secondaire (l'éducation "inférieure"), sans jamais parler de décrochage. Non, la priorité au Québec, c'est de pas payer son bac trop cher.

    • Gérard Laverdure - Inscrit 18 mars 2013 12 h 31

      Un "général" qui se tient en arrière... Il était présent lors des marches et occupations de lieux symboliques dont la Tour de la Bourse, avec tous les risques de prendre des coups que cela implique. Et il a été poursuivi pour incitation à la désobéissance civile. Trouvez vous un job après avoir été autant médiatisé et démonisé dans les média. Les "généraux" sont ailleurs dans de grands bureaux de politiciens et de grandes corporations à encaisser le cash. C'est justement pour permettre aux plus appauvris de la société dont les enfants des petits travailleurs et même de la classe moyenne inférieure que ces étudiant-es ce sont battus. Beaucoup de "généraux" ont suivi les "combats" à la télé, auchaud dans leur salon... Gérard Laverdure, Montréal.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 18 mars 2013 12 h 37

      GND défendais le 1%....

    • Chantal Poulin - Inscrite 18 mars 2013 12 h 59

      C'est LBB de la FECQ le député, pas GND en passant.

      Et concernant votre commentaire, des étudiants universitaires de milieux défavorisés de première génération, ça existe. C'est justement eux qu'on veut défendre par une baisse des droits de scolarité. Vous pensez qu'on se bat pour nous-mêmes, pour notre petit nombril ? Pas du tout. Comment sortir ces jeunes défavorisés de leur situation ? Oui, en combattant le décrochage au secondaire, mais aussi en gardant le CEGEP gratuit et en baissant les frais universitaires. C'est comme ça qu'on combat la pauvreté, pas autrement.

    • Maxime Gaboriault - Inscrit 18 mars 2013 13 h 31

      Il est malhonnête de ne considérer que Léo Bureau-Blouin et Gabriel Nadeau-Dubois dans votre exemple, ne serait-ce que parce qu'ils n'ont pas représenté tous les étudiants ce printemps-ci (encore aurait-il fallu mentionner Élianne Laberge, Martine Desjardins, Camille Robert et Jeanne Reynolds, pour au moins comprendre les trois associations principales), mais aussi parce que même considérant ces autres chefs passés sous silence dans votre commentaire, ils et elles n'ont pas eu à être représentatif/ves de la démographie étudiante d'un point de vue social ou économique. Ils ont été nommé/es à ces "postes" simplement parce que le corps étudiant estimait - à raison, selon-moi - qu'ils étaient les plus structurés et les plus charismatiques des candidats qui se sont présentés. La même chose pourrait être dite du PLQ à l'époque, et aujourd'hui du PQ. D'ailleurs, l'argument économique ne tient pas la route pour la raison très simple que la quasi-totalité du débat tournait autour de la question d'accessibilité aux études, dans l'optique de rendre l'université moins chère. Si la hausse était passée, ne pensez-vous pas que ces mêmes étudiants, plus limités fiscalement, auraient pu continuer à fréquenter les universités ? Permettez-moi d'en douter.
      Et petites rectifications : Léo Bureau-Blouin a non seulement fini son cégep avant d'être nommé député, il a commencé ses études en Droit à distance en même temps que son mandat au gouvernement du Québec. Aussi, Gabriel Nadeau-Dubois n'a pas été consultant, il n'aurait été, à la rigueur, qu'un simple archiviste, dans le cadre d'un travail d'été à la CSN, et son livre, si même il méritait d'être considéré comme une avancée sociale pour cet homme, est tout de même d'un certain intérêt collectif compte tenu de la teneur historique dont s'est prévalu le mouvement et de l'espace qu'y a occupé Gabriel Nadeau-Dubois.

    • Hélène Paulette - Abonnée 18 mars 2013 15 h 03

      @Gougeon et les autres... votre analyse (si on peut employer ce mot) est tronquée et biaisée par l'information/poubelle dont vous avez été victime. Les étudiants ont été sacrifiés à l'autel de la réussite financière et abandonnés par les nantis dans leur refus de payer "leur juste part"... Quelle belle bande d'aliénés dont la réussite sociale ne tient qu'à leur asservissement à la société de consomation....

    • Francois Gougeon - Inscrit 18 mars 2013 16 h 49

      @Chantal Poulin :
      Je sais, je parlais des deux.
      Les étudiants défavorisés sont bien mieux servis par une hausse accompagnée d'une augmentation encore plus grande des prêts et bourses. Les problèmes d'inégalité sociale débutent bien avant l'université et ils n'ont pas été abordés de façon constructive par les représentants étudiants
      @Maxime Gaboriault :
      Les étudiants défavorisés auraient très bien pu continuer à fréquenter l'université si des prêts et bourses compensatoires avaient été mis en place. C'est justement de faire croire au gens que l'accessibilité passe par des frais de scolarité bas que je reproche à ces représentants. Les étudiants universitaires représentent les enfants les plus choyés de notre société. Pas tous, oui, mais en moyenne. Alors il est illogique de tous les subventionner pour en aider quelques uns.
      Quand les écoles d'Hochelaga seront débarassées de moississures, on parlera de gratuité scolaire, ou plutôt universitaire.
      @Helene Paulette :
      La plupart des étudiants font partie (ou feront prochainement partie) de ces nantis que vous décriez. Réveillez-vous! Vous défendez une révolution de bobos

    • Lydia Anfossi - Inscrite 18 mars 2013 18 h 29

      Réveillez-vous, une société instruite profite à tous, même à vous monsieur Gougeon. Qui vous soigne lorsque vous êtes malades, qui fait de la recherche pour la maladie d'Alzheimer qui nous guette tous, qui écrit les livres que vous lisez, etc. Tous , nous avons besoin des gens instruits , capable de regard critique. La gratuité scolaire ça profite à tout le monde, même si vous n'allez pas à l'Université . Comme nous avons besoin des plombiers, même si vous ne l'êtes pas vous-mêmes!

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 18 mars 2013 20 h 45

      Connaissez vous quelqu'un qui n'a pas les moyens d'aller à l'université??

      Le système de prêt étudiant est parfait pour le Québec ou personne ne souffre de ne pas aller à l'université

      Arrêter de chercher des faux problèmes SVP...

    • Denis Hébert - Inscrit 18 mars 2013 22 h 34

      Les prêts et bourses est la meilleure façon de nuire à l'économie ! Êtes-vous au courant qu'il est impossible de faire faillite d'une dette étudiante ? Mais possible pour une dette de gambling ou parce que vous surconsommez de façon irresponsable?

      Savez-vous ce que c'est que de payer plus de 300$ par mois pour un prêt étudiant lorsque l'on a un salaire de 1500$ par mois, sans compter le loyer, la nourriture...? Pensez-vous que ce ne serait pas mieux pour l'économie que de l'injecter dans une hypothèque? Dans des fins de semaine passées dans un Gîte du passant dans une région du Québec? Dans l'achat d'électroménager de meilleur qualité et moins énergivore? De le mettre dans un REER ou dans un autre placement? Dans des soins chiropratiques pour redresser une colonne vertébrale qui fait souffrir? Finalement dans le mieux être d'un humain qui est peut-être votre voisin?

      Les prêts étudiants ne profitent qu'aux banques, à leurs actionnaires et à personnes d'autres, encore moins à l'économie!

    • Maxime Dion - Inscrit 18 mars 2013 23 h 34

      @Dominic Lamontagne

      <<Connaissez vous quelqu'un qui n'a pas les moyens d'aller à l'université??

      <<Le système de prêt étudiant est parfait pour le Québec ou personne ne souffre de ne pas aller à l'université>>

      Moi, je n'en ai pas les moyens, et je souffre ne pas pouvoir y retourner où je n'ai pu compléter qu’un certificat.

      Et puis, en ce qui a trait aux prêts-étudiant, le remboursement de ceux-ci auprès des institutions financières grève le budget de certaines familles au détriment d’enfants qui la composent.

      Le régime de prêts et bourses que vous encensez est insuffisant pour certains étudiants qui n’arrivent plus, et qui se voient forcés d’abandonner leurs études en cour de route. Parlez-en aux responsables de l’Aide-financière dans les institutions d’enseignements.

  • Danielle Dubuc - Inscrite 18 mars 2013 09 h 49

    Le courage de nos idéaux...

    Le courage de nos idéaux, c'est ce que je retiens de cette histoire qui passera à l'histoire. Et ne serait-ce que pour ça cela aura valu la peine. Car rien n'est toujours gagné ou perdu dans l'histoire des peuples, on l'aura compris. Mais tant pour un peuple que pour les individus qui le composent, c'est la vivacité d'y croire qui pousse en avant, qui anime, qui grandit; c'est ça vivre. Ceci dit, il y a les idéaux et il y a la réalité, et toute choses étant égales, c'est la balance des deux qui fait un monde. Ainsi la balance des choses aura donné son résultat, printemps érable inclus. Il faut s'y résoudre car ce résultat est la somme résultante des deux forces mises en présence. Toute redondance ne serait que cela : une redondance et n'amènerait donc rien de plus, voire au contraire, pour chacun et pour tous. Cela serait régressif. La raison est également importante dans le monde réel et se doit de citer pour que le courage de nos idéaux s'inscrive positivement dans ce monde...

  • Gérard Laverdure - Inscrit 18 mars 2013 10 h 19

    Fier de GND

    Je suis très fier de ce jeune homme, de ses valeurs, de son engagement pour la justice sociale et de son audace. J'ai beaucoup participé aux marches étudiantes (35) et j'ai vu la beauté d'une jeunesse (puis des citoyens aux casseroles) qui en ont soupé du tout à l'argent, de la marchandistion de tout, de l'éducation à la santé. Très sain de ne pas s'adapter à cette société d'inégalités croissantes, de magouilles érigées en système politique et de manque de démocratie. Les leaders étudiants dont GND ont fait preuve d'intelligence, de respect, de modération, de dignité devant des politiciens hystériques et méprisants, devant des chroniqueurs aussi condescendants et méprisants et la féroce répression policière et judiciaire. Faut le faire. Les jeunes du printemps érable comme ceux et celles d'Occupons Montréal, m'ont donné de l'espoir et encouragé à marcher et travailler pour un monde beaucoup plus juste et plus humain. MERCI! Gérard Laverdure, Montréal.