Sommet sur l'enseignement – «La crise sociale est derrière nous», soutient Marois

Dans le cadre du Sommet, Québec a survolé en deux jours quatre thèmes d'importance liés à l'avenir des collèges et des universités, et retourné à cinq chantiers de travail le mandat de creuser les questions à la fois les plus litigieuses et les plus complexes, comme la révision de la formule de financement des universités.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Dans le cadre du Sommet, Québec a survolé en deux jours quatre thèmes d'importance liés à l'avenir des collèges et des universités, et retourné à cinq chantiers de travail le mandat de creuser les questions à la fois les plus litigieuses et les plus complexes, comme la révision de la formule de financement des universités.

Malgré les déceptions ici et là, surtout chez les étudiants qui doivent avaler une indexation des droits de scolarité, c'est une habile sortie de crise que le gouvernement de Pauline Marois a réussi en concluant sans accroc majeur son Sommet sur l'enseignement supérieur.

«La crise sociale est derrière nous», a dit la première ministre Marois en concluant le Sommet qui a réuni à l'Arsenal, dans le quartier Griffintown, quelque 70 acteurs de l'enseignement supérieur et 350 observateurs et médias. Québec a survolé en deux jours quatre thèmes d'importance liés à l'avenir des collèges et des universités, et retourné à cinq chantiers de travail le mandat de creuser les questions à la fois les plus litigieuses et les plus complexes, comme la révision de la formule de financement des universités.

Toutefois, il a tranché dans le dossier le plus crucial, à l'origine de la crise étudiante du printemps 2012: les droits de scolarité seront indexés de 3 %, en accord avec la croissance du revenu des familles, dès l'automne 2013, ce qui a provoqué un vif mécontentement chez les groupes étudiants, particulièrement la FEUQ. D'ailleurs, au moment de quitter la salle principale, la présidente de la FEUQ Martine Desjardins a été rejointe par Mme Marois pour la poignée de main scellant l'accord, mais celle-ci fut d'une extrême froideur... À la proposition d'un photographe de réunir les deux femmes pour la photo de clôture, Mme Desjardins a dit: «Non, non. Ça n'arrivera pas.»

En dernier droit du Sommet, les étudiants avaient pourtant réussi à soutirer du gouvernement la promesse d'ajouter au chantier de travail sur le financement des universités un dossier important: celui des frais institutionnels obligatoires (FIO), dont l'augmentation a été fulgurante dans certains établissements depuis les années 1990.

Des chantiers se pencheront sur l'accessibilité aux études, la création d'une loi-cadre sur les universités et la reddition de comptes, un futur Conseil national des universités, l'offre de formation collégiale et la révision de la formule de financement des universités.

27 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 26 février 2013 14 h 31

    Après l'avoir attisée

    Mme Marois essaie de mettre derrière nous cette crise étudiante. Mais en fait, qu'est-ce que Mme Marois a retiré de cette crise? Elle a pu débarquer Jean Charest du pouvoir car elle aussi voulait le pouvoir. Et pour se faire, elle s'est jointe aux étudiants.

    Mais a-t-elle pensé aux milliers d'étudiants qui ont abandonné leurs cours dû au printemps érable? J'imagine que cela ne doit pas trop la préoccuper. Pourtant, c'est un fait bien réel. Plusieurs milliers d'étudiants et d'étudiantes ont quitté les maisons d'enseignement par découragement.

    Pourquoi ces étudiants devraient payer pour un goût immodéré du pouvoir?

    • Paul Crête - Abonné 26 février 2013 15 h 13

      Mme Marois a annulé la hausse des libéraux,elle a désamorcé la crise sociale et recréer un dialogue permanent.Elle écoute le consensus québécois sur l'indexation.Je crois que le débat continue sans crise sociale.Tout un revirement vs M.CharestLe pouvoir est un outil essentiel du progres social lorsque sagement utilisé.

    • Louka Paradis - Inscrit 26 février 2013 15 h 21

      La crise du printemps dernier, tout le monde sait que c'est l'entêtement de Charest et de sa troupe de jocrisses qui l'ont concoctée et provoquée. Inutile de tenter de réécrire l'histoire, tout le monde a bien vu et compris ce qui s'est passé. Bel essai, mais coup d'épée dans l'eau...
      Louka Paradis, Gatineau

    • Benoit Toupin - Abonné 26 février 2013 15 h 38

      Mme Marois n'est pas la source du printemps érable. Le bris de confiance, qui a servi de sève à la suite des événements, était à l'endroit du gouvernement Charest. Tout le reste n'est qu'une triste suite de manipulation de l'opinion publique...Mais à quoi bon ressasser le passé... Le printemps érable a eu lieu et c'est Mme Marois qui est maintenant resposable de nous amener ailleurs malgré les opinions trop durement cristallisées de part et d'autres. Il faut reconnaître que Mme Marois vient de nous aider à franchir un pas vers une situation grandement meilleure. Plutôt que de n'y voir que le goût du pouvoir, pouvons nous aussi y reconnaître une recherche du bien commun. Pourquoi ces procès d'intention gratuits et démoralisants? Pouvez-vous me dire qui aurait mieux fait ou qu'est-ce qui aurait pu être mieux fait?

    • Richard Bastien - Inscrit 26 février 2013 16 h 04

      Voyons, Carole! Où étiez-vous au printemps 2012? Tout le monde Sur terre ( au moins au Québec) sait très bien que le grand responsable de la crise de 2012 n'a qu'un nom et c'est Jean Charest! Son intransigeance, son arrogance et sa très mauvaise lecture de la réalité étudiante nous a entrsiné dans une des pires crises sociales de notre histoire. Mme Marois, est loin d'avoir attisée la crise, au contraire, car c'est grâce à son appui que les étudiants ont réalise qu'ils pouvaient espérer des changements...sinon cela aurait été encore pire. Et malgre, ce que vous pensez, l'appui du PQ lui a fait perdre des votes, et lui a probablement coûté la majorité!! Un à plus tard, même le nouveau chef pressenti du PLQ (Couillard) admet que la position du PLQ était une erreur, et est lui-même en faveur de l'indexation. Bravo Mme Marois.

  • Lise St-Laurent - Inscrite 26 février 2013 14 h 34

    Victoire?

    Pas si vite madame Marois, le printemps érable est peut-être derrière vous mais il y a une manifestation qui s'ammorçe aujourd'hui et GND sera présent. On n'en sait encore rien des 2 autres associations, auront-ils des pressions de la part de leurs membres? Reste à voir avant de crier victoire.

    • Éric Alvarez - Inscrit 26 février 2013 15 h 17

      :) Amusant comment un jeune de 20 ans à réussi a se faire connaître par son seul acronyme et à inspirer la terreur (excessive à mon humble avis). Je lui lève mon chapeau!

    • Louka Paradis - Inscrit 26 février 2013 15 h 22

      On dirait que vous souhaitez une crise : la partisanerie n'a d'égale que l'inconscience.
      Louka Paradis, Gatineau

    • Richard Bastien - Inscrit 26 février 2013 16 h 06

      Aux dernières nouvelles, 1000 à 2000 personnes de l'Assé!! Toute une manifestation monstre....oui, c'est la victoire du bon sens...et même Jean Lapierre, vite sur la gâchette habituellement, a déclaré ce matin que Mme Marois avait gagné son pari!!

    • Benoit Toupin - Abonné 26 février 2013 16 h 25

      La dissidence est une des facettes de la démocratie qui a le droit de s'exprimer... C'est vrai pour la dissidence des autres comme pour la nôtre. Il faut vivre avec cette réalité. Espérant que les dissidents sauront se comporter en démocrates une fois la dissidence exprimée.

  • Michel Lebel - Abonné 26 février 2013 14 h 43

    Aveu!

    Ce n'était pas un Sommet sur l'Enseignement supérieur, mais un Sommet sur une sortie de crise. Mme Marois vient de l'avouer! Tout est dit.

    • Denis Therrien - Inscrit 26 février 2013 15 h 03

      Sur ce point, vous semblez avoir entièrement raison. La suite de la sortie de crise, en fait, qui a eu lieue lors de leur élection.

    • Éric Alvarez - Inscrit 26 février 2013 15 h 15

      Ce qui était essentiel après la crise du printemps dernier. Et avec les "chantiers" en cours, les débats vont se poursuivre. Mais il fallait bien asseoir tout le monde à la même table avant de pouvoir avancer de nouveau de concert.

    • Benoit Toupin - Abonné 26 février 2013 16 h 18

      Est-ce que l'un empêche l'autre. Un processus est en cours pour réviser la politique sur les études supérieures. Espérons que la politicaillerie, dans le contexte d'un gouvernement minoritaire, ne viendra pas nuire à l'implication des intervenants du milieu. Jusqu'à maintenant les parti d'opposition ont été plus souvent qu'autrement déprimants à souhait.

  • Denis Therrien - Inscrit 26 février 2013 14 h 59

    Le couvercle sur la marmite

    Je crois plutôt que le gouvernement Marois n'a fait que mettre le couvercle sur la marmite en attendant la prochaine crise. Et à voir cela rapidement, il n'y a pas eu de véritable Sommet mais non juste un suivi sur la sortie de crise qui a suivi l'élection des péquistes.

    Les problèmes de fond vont rester mais le PQ était perçu par les étudiants et plusieurs autres comme le moins injuste à leur égard parmi les trois grands partis, les deux autres étant le PLQ et la CAQ.

    Donc, pas de solution à long terme de trouver et pas de mise en commun des idées de tous les partis et de tous les milieux pour faire de l'éducation supérieure un lieu d'excellence au Québec.

    Mais c'est quand même moins pire que la stratégie du PLQ de Charest qui ne menait qu'à la confrontation et l'affrontement.

    C'est dommage mais les Québécois ou plutôt ceux ayant les facultés d'influencer ne sont pas mûrs pour travailler ensemble à la résolution des problèmes.

    Alors, on laisse cela un peu comme c'était avant la propostion des libéraux et avec une indexation. Je crois que la grande majorité des étudiants ne crieront plus au meurtre mais les universités et surtout les études et les diplômes risquent de continuer à se dévaloriser. Et c'est cela, la vraie tragédie pour beaucoup d'étudiants, plus que les frais de scolarité ou l'endettement mais c'est ultra-lié.

    Peut-être, un jour, on règlera cela comme il faut mais pour le moment, il n'y a aucun parti politique, aucune association étudiante et aucun recteur, aucune chambre de commerce qui sont arrivés avec des idées réellement bonnes ou complètement bonnes. Bien non, car ils arrivent tous avec leurs idées conçues avec leurs amis, les gens de leur tribu. Peu importe votre gang si la société n'est pas capable à partir de ses membres d'en faire une synthèse intelligente, vous ne pouvez qu'avoir des solutions temporaires de rapiécage, vous mettez un plaster sur votre tuyau qui fuit plutôt que d'appeler le plombier.

  • Robert Morin - Inscrit 26 février 2013 15 h 23

    Passons à d'autres choses

    Les étudiants ont gagné quant à l'augmentation des libéraux. L'indexation est le maximum d'un compromis acceptable pour la grande majorité de la population. Bravo Mme Pauline Marois pour nous avoir sorti de ce bourbier libéral.

    • François Bélanger Boisclair - Abonné 26 février 2013 17 h 07

      Faux, vous devriez regarder le documentaire «La France est-elle ingouvernable?». Vous verriez les avantages de proposer des solutions comme certains pays nordiques d'Europe. Nous aurions moins de chômage et donc plus de revenu pour l'État dans le long terme.

    • Lydia Anfossi - Abonnée 26 février 2013 20 h 40

      Et pourquoi est-ce le maximum d'un compromis acceptable? La gratuité a été démontrée comme économiquement rentable, c'est quoi le problème. Si tous les salaires étaient automatiquement indexés de 3%, je pourrais adhérer, mais vous en connaissez beaucoup de gens vous qui ont une augmentation automatique de 3% par année???
      C'est donc une augmentation systématique des frais de scolarité! Et qui peut vraiment se la payer??