Guy Rocher «outré» de l'absence des professeurs au Sommet sur l'enseignement supérieur

«Tous les recteurs sont là, tous les représentants étudiants sont là, mais les syndicats de profs ne sont pas là et je suis outré de cela», a dit le sociologue Guy Rocher en entrevue au Devoir.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir «Tous les recteurs sont là, tous les représentants étudiants sont là, mais les syndicats de profs ne sont pas là et je suis outré de cela», a dit le sociologue Guy Rocher en entrevue au Devoir.

Le sociologue Guy Rocher, aussi l’un des auteurs du rapport Parent, se dit «outré» que la voix des enseignants soit si peu entendue au Sommet sur l’enseignement supérieur. Hormis le droit de parole octroyé à la Fédération québécoise des professeurs d’université (FQPPU), aucun représentant du corps professoral n’est présent.

«Tous les recteurs sont là, tous les représentants étudiants sont là, mais les syndicats de profs ne sont pas là et je suis outré de cela», a dit M. Rocher en entrevue au Devoir.

Selon lui, ce ne sont pas les recteurs «qui passent vite» et les étudiants «qui passent encore plus vite» qui promeuvent la qualité universitaire, mais bien les professeurs qui restent au-delà de 40 ans dans les établissements, a-t-il déclaré. «Moi, comme invité du ministre, j’ai un droit de parole, alors que les syndicats des professeurs de l’Université de Montréal et de l’Université Laval qui sont ici comme observateurs, par exemple, n’ont pas ce privilège. C’est ma déception», a déploré Guy Rocher.

Des réformes… de structure

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, ne cache pas son ambition de vouloir donner un coup de barre au réseau universitaire par des réformes majeures. Pour M. Rocher, qui a été à l’origine de la grande révolution dans le milieu de l’éducation à l’aube des années soixante, le sommet n’aura pas la même portée.
 
«J’espère qu’on est à un véritable tournant, mais je ne m’attends pas à de très grandes réformes. Il va y avoir des réformes de structure, avec le Conseil des universitaires notamment, mais pas sur les enjeux de fonds. C’est ce que je remarque», a-t-il indiqué.

Il trouve par ailleurs que les débats sont «bien engagés» en cette première journée de discussions et salue la présence de la première ministre Pauline Marois. «Elle n’est pas passive. Elle est plutôt très active. Elle pose des questions et prend des notes», se réjouit-il. «C’est à mes yeux un gage qu’il y aura des actions qui vont être prises et des chantiers mis en route.»

Guy Rocher espère que le sommet tiendra compte de l’explosion des étudiants au 2e et 3e cycle et des ressources, notamment des professeurs, qu’il faudra mobiliser. Il souhaite que le métier de professeur soit réellement valorisé. «Il faut que la profession devienne attrayante. En ce moment, devant la crise qu’il y a dans les universités, je constate que plusieurs de mes étudiants de maîtrise et doctorat se demandent si ça vaut la peine de devenir prof.»

 
7 commentaires
  • Jean Brunet - Inscrit 25 février 2013 15 h 22

    Opinion

    Pour que la profession soit attrayante il faudrait que la tâche d'enseignement soit différente selon que l'on fait beaucoup, peu ou pas de recherche pourquoi que les dégrèvements administratifs sont les mêmes indépendamment de la tâche réelle.... Pourquoi que les frais de scolarité.... Pourquoi que ce qui compte est le (la) politique..... Pourquoi le silence des professeurs.....

  • Marc Bourdeau - Abonné 25 février 2013 16 h 08

    Une communauté...

    Depuis le Moyen-Âge, on considère l'Université comme une communauté. Comprenant aussi les enseignants-chercheurs.

    Que le gouvernement se rende presque sourds aux professeurs est un symptôme d'um mal profond de notre société.

    Les gens d'affaires sont représentés comment, eux?

    • Denis-Émile Giasson - Abonné 25 février 2013 17 h 35

      Les gens d'affaires compteraient de plus en plus sur l'Université à la fois pour la formation «clef en main» de leurs spécialistes de haut niveau, pour la recherche fondamentale qu'ils subventionnent en partie et pour la recherche appliquée qu'ils se payent «in situ» universitaire ou en industrie. Faudrait-il comprendre que les dirigeants universitaires soient d'abord tournés vers la recherche tout azimut, même au détriment d'une formation académique solide?

  • Jean Brunet - Inscrit 25 février 2013 16 h 21

    Opinion

    Les professeurs absents? Les syndicats synonymes? Pourquoi les tâches d'enseignement les mêmes quelque soit la performance en recherche? Pourquoi les dégrèvements administratif sont les mêmes quelque soit la tâche réelle? Pourquoi le plafonnement par le bas est-il la règle?......

  • Albert Descôteaux - Inscrit 25 février 2013 19 h 12

    Tout à fait, M. Rocher

    Ceux et celles qui générent les connaissances et qui les transmettent, qui forment les étudiants, donc ceux et celles qui sont au coeur même de la mission des universités, ce sont les professeurs. Il est en effet regrettable que seule la FQPPU les représente, car la position de cette organisation n'est certainement pas représentative de la diversité de points de vue des professeurs.

  • ROCH AMYOTTE - Inscrit 26 février 2013 00 h 16

    Le Sommet des corporations

    On a oublié la corporation des professeurs.... Que c'est triste. Pas besoin d'avoir la corportation des professeurs pour entendre qu'il manque de professeur et que la profession est dévalorisée... Tout comme on aurait pas eu besoin de toutes ces corporations qui ne sont pas là pour parler d'éducation, mais pour parler de leur nombril et de leur besoin corporatif... Faut juste lire les revendications de tous ces invités: les étudiants: gel et gratuité. Les recteurs: plus d'argent. Les chercheurs: plus de chercheurs et ainsi de suite... Personne n'est vraiment intéressée à parler d'éducation. Excusez l'expression, c'est à vomir. Je pense sérieusement que 50 citoyen pris au hasard, comme pour un jury par exemple, aurait fait un meilleur travail, car il saurait qu'au bout de la ligne, c'est lui qui assumerait le tout: financièrement, socialement, politiquement, culturellement,...