Le Sommet sur l'enseignement supérieur en direct (2)

Martine Desjardins, de la FEUQ, devant la première ministre Pauline Marois.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Martine Desjardins, de la FEUQ, devant la première ministre Pauline Marois.

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18h58

La modulation des droits de scolarité en fonction des domaines d'étude, inscrite à l'étonnement général dans la liste des sujets à discuter dans le chantier «financement», risque fort de ne pas se retrouver dans la liste finale des objets consensuels. Le rejet de cet objet de discussion, à la table des partenaires, fut quasi unanime. Au point où en clôture de cet atelier portant sur le financement des universités, la première ministre Pauline Marois a noté l'absence totale de ralliement autour de cette idée.

«Sur la modulation, à l'évidence, ça ne semble pas rejoindre une majorité, en tout cas sûrement pas un consensus», a-t-elle affirmé, ajoutant que cette hypothèse avait été placée aux fins de discussion. L'idée pourrait donc être retirée des questions que Québec souhaite voir abordées dans le chantier destiné à revoir la formule de financement des universités.

Au nombre des mécontents, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, ne comprenait pas comment une telle idée, si impopulaire, s'était retrouvée parmi les propositions de discussion. Pas plus tard que vendredi dernier, lors d'un entretien avec Le Devoir, le ministre Pierre Duchesne disait pourtant qu'il était hors de question qu'il s'aventure vers ce terrain.

«Il n'y a pas personne qui voulait ça, on a beaucoup de difficulté à comprendre comment ça s'est retrouvé là», a expliqué Mme Desjardins.

17h23


Québec propose une forme de retour aux «contrats de performance», en suggérant de lier une portion du réinvestissement promis aux universités à des ententes particulières liant le ministre de l'Enseignement supérieur à chacun des établissements. Ces ententes seraient conclues d'ici décembre 2013.

L'approche mise de l'avant par Québec, et qu'il qualifie de «financement stratégique», en est une de financement sur une base «projet par projet», l'entente conclue avec chacun des établissement étant liée à la mission particulière de chacun d'entre eux.

Sur un montant de 1,4 milliard de dollars — jusqu'en 2018-2019 —, le gouvernement de Pauline Marois songe à investir 50 % de la somme en reconnaissance de l'atteinte d'«objectifs nationaux»: embauche de professeurs, soutien à la qualité de l'enseignement, taux de diplomation d'étudiants de première génération, de clientèles en difficulté, offres de service en région, collaboration entre les établissements. 25 % de l'enveloppe serait allouée à l'amélioration du soutien à la recherche, 13 % à la philanthropie institutionnelle et 12 % à l'adoption de meilleures pratiques de gouvernance.

Le gouvernement s'engage aussi à revoir la politique de financement des universités, jugée par plusieurs obsolète. Cela fera d'ailleurs l'objet d'un important chantier de travail qui devra scruter diverses questions: meilleure adaptation du financement au coût des disciplines, la juste contribution des «étudiants non-résidents du Québec», la révision des enveloppes particulières, et «la possibilité de moduler les droits de scolarité en fonction des domaines d'étude».

Cette dernière ouverture a reçu la vive désapprobation d'un représentant des professeurs d'université, Michel Umbriaco, et aussi de la présidente de l'Université du Québec, Sylvie Beauchamp.


16h53


Le sous-financement des universités s'est manifesté différemment dans les universités du Québec. C'est ce que soutient Yves Beauchamp, qui dirige l'École de technologie supérieure, membre du réseau de l'Université du Québec. Ainsi, si pour certaines cela s'est traduit par l'alourdissement de déficits cumulés, pour d'autres, l'équilibre budgétaire a été atteint mais au prix de coûteux choix.

À l'ETS par exemple, le ratio prof étudiants est de un pour 31 étudiants équivalents temps plein. «C'est le pire ratio dans les écoles de génie, mais c'est inévitable pour nous», a-t-il dit, faisant écho au discours précédent de son homologue Robert Proulx, recteur de l'UQAM, plaidant pour un investissement permettant l'embauche de professeurs additionnels, en accord parfait avec une augmentation de la clientèle universitaire.

16h48

Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, croit que le sommet est une perte de temps. «Pour l’instant, on peut dire que c’est une perte de temps, je ne vois aucune décision dans celles qui ont été prises à présent qui est pour améliorer le sort des universités», a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

Dans des déclarations pour le moins incendiaires, M. Legault a laissé entendre qu'un Conseil national des universités était inutile. «Pensez-vous que c’est la priorité au Québec d’avoir un Conseil national des universités? Moi, j’avais mis en place en 2000 des contrats de peformance où on demandait des redditions de compte, ça faisait la job. […] On est dans la stucturite et on ne règle aucun problème pour ce qui est de la qualité et l’excellence de l’éducation», a dit M. Legault.

Selon lui, le Québec manque d’ambitition et n’a pas le courage de financer différemment les universités entre elles. «Voyons donc, est-ce que quelqu’un en privé peut vous dire qu’il pourrait avoir 18 universités de classe mondiale? Quand c’est rendu que même le Parti libéral, avec Jean-Marc Fournier, dit qu’il ne faudrait surtout pas opposer les régions, Montréal et Québec, je me dis qu’il n’y a rien à faire. Même le PLQ est dans le nivellement par le bas», a-t-il souligné. «Tout le monde a l’air résigné sur son BlackBerry ou i Phone en train de faire autre chose en attendant que ça passe», a-t-il dit.

(mise à jour de Lisa Marie Gervais)

16h42
La présidente de la Conférence des recteurs et principaux d'université du Québec, Luce Samoisette, s'explique mal comment une université ayant reçu des sommes additionnelles en guise de reconnaissance pour ses étudiants dits de «première génération» (les premiers d'une famille à fréquenter l'université) pourra faire plus pour recruter davantage de cette clientèle plus fragile.

«En quoi le fait de subventionner plus les universités qui reçoivent plus de ces étudiants va les aider avec leur clientèle de première génération? Ces étudiants ne coûtent pas plus cher une fois rendus à l'université. Ma compréhension, c'est que c'est au secondaire et au cégep qu'on doit faire des efforts financiers.»

Cette interrogation suivait la déclaration d'intention du gouvernement sur le thème du financement des universités.

16h04
Lise Bissonnette ne confirme ni n'infirme cette nouvelle selon laquelle elle coprésiderait un éventuel chantier menant à la création du Conseil national des universités. «Je n'ai strictement rien à déclarer. Le ministre est en train de travailler sur ses chantiers, et c'est à lui à annoncer ses chantiers», a dit l'ancienne directrice du Devoir interrogée par quelques journalistes.

«Accepteriez-vous si on vous le proposait ?» a-t-on demandé. «Je ne répondrai absolument pas à cette question-là. Ce n'est pas du tout à moi à confirmer, ni à infirmer, à vous dire à quoi ça ressemble...»

16h00

Le deuxième volet de discussion portant sur la recherche s'est conclu sur la promesse de faire plus et mieux pour la recherche au Québec. «Il faut assurer une meilleure répartition possible et ça veut dire, ne pas faire de saupoudrage. Il est impératif de faire des choix en fonction de principaux enjeux économiques et sociaux auxquels le Québec est confronté», a dit le ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne en guise de conclusion au deuxième bloc de discussion portant sur la recherche.

Le ministre Duchesne suggère que le financement s'étire sur le long terme, «pour que les chercheurs et les étudiants puissent savoir à quoi ils seront confrontés». «Ce qui me rassure c'est qu'il y a vraiment une convergence des points de vue autour de la table sur la recherche», a dit Pauline Marois en guise de conclusion au deuxième bloc de discussion. «Il y a parfaitement consensus sur l'ordre des moyens, qu'on voudrait plus grands. Il faut commencer quelque part.»

15h15

Le Devoir a appris que Lise Bissonnette sera nommée au chantier créé par le gouvernement de Pauline Marois pour donner forme au Conseil national des universités, l'une des propositions issues des échanges de ce matin, et transformée en annonce en fin de matinée.
 
Lise Bissonnette, qui vient tout juste d'être nommée membre du conseil d'administration de l'UQAM, pourrait donc vraisemblablement ensuite siéger au sein de ce même Conseil.

14h38
Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec, Ghislain Picard, a remercié la première ministre Marois de lui avoir fait une place à la table des discussions. «Je veux remercier la première ministre de sortir des sentiers battus et de permettre la participation de nos communautés à cet exercice.»

L'essentiel de son message a porté sur les protocoles de recherche développés au sein des communautés autochtones elles-mêmes, mais aussi sur le soutien aux étudiants, un aspect indispensable pour une population dont la participation aux études supérieures est encore très faible. «La majorité des étudiants autochtones ont besoin qu'on les soutienne pour qu'ils vivent la meilleure transition possible vers les établissements d'enseignement supérieur», a dit M. Picard. «Il faut savoir que la première semaine et la deuxième semaine sont cruciales. Ça va demander une grande ouverture, du doigté aussi pour que cette transition-là se fasse de manière harmonieuse.»

Le ministre Pierre Duchesne a salué cette présence: «Je veux exprimer tout notre intérêt à ce qu'il y ait une collaboration avec les Premières Nations qui ne soit pas juste théorique. Quand je parle de diplômés de première génération, il y en a beaucoup, beaucoup du côté des Premières Nations. J'en profite pour inviter M. Picard aux assises que nous tiendrons en avril.»

13h58

Stupeur et incompréhension chez les recteurs, qui ont interrogé le gouvernement Marois sur la série de montants contenus dans les propositions émises à ce jour par Québec et qui, selon eux, réduisent d'autant le réinvestissement promis.

«Est-ce qu'on est en train de faire une formule de financement à la pièce et est-ce que cet après-midi on aura d'autres annonces qui vont venir diminuer le réinvestissement?», a demandé Luce Samoisette, présidente de la CREPUQ et rectrice de l'Université de Sherbrooke. La rectrice était la première à prendre la parole immédiatement après le laïus d'introduction de la première ministre Marois.

La rectrice se demande combien, de l'enveloppe de 1,7 milliard $ promise en réinvestissement aux universités d'ici à 2018-2019, restera après la série de montants annoncés dans l'ensemble des propositions du gouvernement. «Vous avez parlé de 210 millions réaffectés au déficit, de 340 millions en recherche, de 8,3 en soutien aux étudiants, à cela on doit aussi soustraire le 250 millions de compressions», a dit Mme Samoisette pour illustrer son propos.

Le ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne a tenté de fournir une explication, mais la rectrice Samoisette a conclu: «On ne comprend toujours pas l'utilisation de ce montant.»

13h49

«Nos objectifs sont de renforcer la capacité de recherche des établissements, pour que le Québec ait tout ce qu'il faut pour être dans le peloton de tête», a dit Pauline Marois en ouvrant la discussion sur le deuxième thème du Sommet sur l'enseignement supérieur, soit la recherche.

Le gouvernement vise trois objectifs: renforcer la recherche, renforcer la collaboration et renforcer le soutien aux étudiants.

La première ministre a fait allusion aux récentes compressions imposées aux fonds de recherche québécois, atténuées par la suite par Québec à la suite de très vives critiques de la part des principaux intéressés. «On a corrigé un tant soit peu le tir, mais surtout, nous nous engageons dans la rédaction d'une nouvelle politique de l'innovation.»

12h36

Québec veut investir 15 millions de dollars sur un meilleur arrimage entre cégeps et universités. Cette somme, qu'il met au jeu dans le cadre de la discussion qui doit se tenir cet après-midi sur la recherche et la collaboration entre collèges et universités, serait disponible à compter de 2014-2015.

Le gouvernement veut aussi ouvrir un «chantier» sur l'offre de formation collégiale, dans le but de permettra aux 48 cégeps de développer leurs spécificités et leurs spécialités, en accord parfait, par exemple, avec la réalité de leur région. Dès décembre 2013, Québec attend un premier rapport préliminaire sur cet objet d'analyse, et un rapport final en juin 2014.

Le gouvernement de Pauline Marois compte tenir en avril prochain des Assises nationales de la recherche et de l'innovation. Il confirme en outre les réinvestissements promis pour la recherche, un retour d'argent qui survient après l'annonce de coupes imposantes dans les trois principaux fonds de recherche québécois.

Les participants font une pause pour l'heure du repas, et sont attendus de nouveau à la table des échanges vers 13h30.

12h24
Sitôt terminé le premier volet des échanges du Sommet sur l'enseignement supérieur portant sur la gouvernance, le ministre Pierre Duchesne a exprimé sa satisfaction quant au déroulement de la plénière.

Il croit qu'une loi-cadre sur les universités peut être rapidement adoptée, si elle fait consensus au Sommet. Interrogé sur l'un des sujets absents du débat, soit la démocratie étudiante et son corollaire, le droit de grève, M. Duchesne a indiqué qu'il serait attentif à la suite des échanges. «Nous allons voir comment les choses évoluent cet après-midi, et sur ce thème de la démocratie étudiante, nous verrons quoi faire.»

Cet après-midi et en début de soirée, trois autres thèmes sont au menu du Sommet: la recherche, le financement des universités, et enfin l'accessibilité, ces deux derniers sujets étant sans grande surprise les plus attendus et ceux qui contiennent le plus grand potentiel de division et de discorde.

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Consultez la première partie de notre couverture



 
1 commentaire
  • Georges Washington - Inscrit 25 février 2013 12 h 54

    Un meilleur arrimage?

    Les CEGEPs ont, à l'origine, été créés pour faire un meilleur arrimage entre le secondaire et l'université ou entre le secondaire et les métiers techniques.

    Ça sonne comme «bonbon» cette histoire de meilleur arrimage à 15 millions de dollars.