Le Sommet sur l'enseignement supérieur en direct (1)

Le Sommet réunit quelque 350 personnes, dont une soixantaine de partenaires de l'enseignement supérieur et de la société civile, aux côtés de la première ministre Pauline Marois et du ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Sommet réunit quelque 350 personnes, dont une soixantaine de partenaires de l'enseignement supérieur et de la société civile, aux côtés de la première ministre Pauline Marois et du ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne.

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12h24

Sitôt terminé le premier volet des échanges du Sommet sur l'enseignement supérieur portant sur la gouvernance, le ministre Pierre Duchesne a exprimé sa satisfaction quant au déroulement de la plénière.

Il croit qu'une loi-cadre sur les universités peut être rapidement adoptée, si elle fait consensus au Sommet. Interrogé sur l'un des sujets absents du débat, soit la démocratie étudiante et son corollaire, le droit de grève, M. Duchesne a indiqué qu'il serait attentif à la suite des échanges. «Nous allons voir comment les choses évoluent cet après-midi, et sur ce thème de la démocratie étudiante, nous verrons quoi faire.»

Cet après-midi et en début de soirée, trois autres thèmes sont au menu du Sommet: la recherche, le financement des universités, et enfin l'accessibilité, ces deux derniers sujets étant sans grande surprise les plus attendus et ceux qui contiennent le plus grand potentiel de division et de discorde.

11h50

La CREPUQ ne s'oppose pas à l'idée de fond du Conseil national des universités, a précisé l'un de ses membres, le recteur de l'Université de Montréal (UdeM) Guy Breton. Mais cet organisme ne doit pas être «bureaucratique, pas contraignant», a dit M. Breton. «C'est pas juste un organisme pour gérer le trafic là! Le gouvernement doit continuer à assurer la coordination et à l'améliorer.»

Le recteur de l'UdeM a aussi demandé qu'on songe à une vigie des meilleures pratiques de ce qui se fait ailleurs dans le monde. «Ce n'est pas en nous comparant à nous qu'on va améliorer nos pratiques, mais en regardant ce qui se fait partout ailleurs.»

Quant aux nombreux appels formulés en matinée par les syndicats et les étudiants, pour une participation accrue des membres internes de la communauté universitaire aux modes de gouvernance, le recteur a souhaité formuler une précision. «Je pense qu'il y a un peu de démagogie quand on dit que ça doit se faire en collégialité, comme si ça ne se faisait pas déjà. Je regrette, la collégialité est présente à l'université.» Guy Breton se désole aussi qu'on «démonise» les gens qui viennent du secteur financier, souvent pointés du doigt lorsqu'on parle de la composition des conseils d'administration des universités.

11h33
Le droit de grève étudiant doit être mieux encadré. C'est la mise au point percutante qu'a faite Luce Samoisette, rectrice de l'Université de Sherbrooke, aussi présidente de la Conférence des recteurs et principaux d'université du Québec (CREPUQ), toujours dans le volet portant sur la gouvernance des établissements d'enseignement supérieur. Aucune discussion formelle n'est prévue sur la démocratie étudiante dans le cadre du Sommet, ce que déplore Mme Samoisette. «Le gouvernement doit clarifier la situation. Les étudiants s'affrontent sur nos campus, il faut que cette situation-là cesse!»

11h29

«Nous sommes envahis par la reddition de comptes!» C'est par ce cri du coeur que Stéphane Godbout, directeur général du Cégep de Rosemont, a commenté la proposition gouvernementale au nom de la Fédération des cégeps. Celui-ci n'a pas remis en question la volonté de mieux encadrer la reddition de comptes, mais a tenu à préciser que le travail de direction d'un établissement d'enseignement supérieur comportait déjà d'imposantes responsabilités de gouvernance. La CSST, la Loi d'accès à l'information, l'attribution des contrats, les comptes rendus de tables interordre, voilà des exemples de documents déjà exigés.

«On est obligés de se doter de secrétariats généraux «gros» parce que oui, c'est important la reddition de comptes, mais ce n'est quand même pas notre mission principale», a précisé M. Godbout.

11h20

Françoise Bertrand, présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec, a réitéré l'importance de conserver la diversité des établissements universitaires, soulignant ses craintes à cet égard quant aux effets potentiels d'une «loi-cadre», proposée par Québec.

«Une chose qui serait vraiment dommageable serait que parce qu'on a une loi-cadre, nous serions obligés de diminuer la diversité de nos établissements universitaires», a indiqué la présidente de la FCCQ, dont le conseil d'administration s'est réuni jeudi dernier pour prendre position en vue du Sommet.

11h10

«Beaucoup de mots ont pris une lourdeur idéologique», a expliqué Pierre Duchesne, en faisant une allusion au mouvement étudiant du printemps où des combats sémantiques se sont joués notamment sur les concepts de boycottage et de grève, ou de désobéissance civile, par exemple.

«Quand on parle d'assurance-qualité, on doit bien sûr tenir compte de la particularité de notre modèle universitaire québécois», a précisé le ministre de l'Enseignement supérieur en réaction à certaines inquiétudes exprimées par des syndicats quant au concept d'assurance-qualité. «Les universités ne sont pas faites sur un modèle d'entreprises, je tiens à la préciser. Nous avons cela en tête.»

10h43

La Conférence des recteurs et principaux d'université du Québec (CREPUQ) souhaite davantage une politique qu'une loi-cadre sur les universités, car elle craint le manque de nuances et l'application tous azimuts de principes ne tenant pas compte de la diversité des missions universitaires. C'est ce qu'a précisé Denis Brière, recteur de l'Université Laval, parlant au nom de la CREPUQ.

«Mais une loi-cadre ne pourrait-elle pas inclure des éléments de politique qui ne sont pas du mur-à-mur?», a demandé Pauline Marois au recteur.

«Une loi-cadre qui viendrait faire ces nuances-là au niveau de la gouvernance des universités, peut-être», a répliqué Denis Brière. «Mais vous savez, les politiciens et les gouvernements se suivent, et une loi-cadre à cet égard peut peut-être manquer de nuances.»

10h39

«On ne serait pas présents ici sans l'important soulèvement du printemps dernier», a indiqué la députée de Gouin, Françoise David, de Québec solidaire (QS), en ouverture de son premier commentaire. «On a appelé crise, le printemps érable. Je préfère l'appeler mouvement.»

QS espère que le Conseil national des universités ne deviendra pas une instance d'évaluation des programmes, une responsabilité qui doit revenir selon elle à chacune des universités. «Nous rejetons l'idée qui veut qu'une bonne gouvernance nécessite une majorité de représentants du milieu des affaires au sein même des conseils d'administration des universités», a dit Mme David, en rappelant que toute une série de scandales financiers, et jusqu'aux témoignages entendus à la commission Charbonneau, démontraient que «certains milieux d'affaires ne sont pas exempts de choix discutables». «Notre position, c'est que les conseils d'administration doivent être majoritairement formés de membres à l'interne», a conclu Françoise David.

10h19

La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a soulevé des questionnements et émis quelques réserves par rapport à la proposition gouvernementale, mais la première ministre y a en partie répondu immédiatement.

Sur la création du Conseil national des universités, Mme Desjardins s'interroge sur le coût de l'opération, compte tenu du fait qu'existent déjà le Conseil supérieur de l'éducation de même qu'un conseil semblable sur l'accessibilité financière.

«Je ne vous cacherai pas que du côté des étudiants, nous aimerions faire partie de ces nouveaux comités», a dit Mme Desjardins, en s'étonnant en outre de voir que le gouvernement n'a pas demandé au vérificateur général de surveiller la gestion universitaire.

Pauline Marois a tout de suite répondu à certaines réserves. «La création d'un conseil national des universités ne modifie en rien le mandat du Conseil supérieur de l'éducation, ni non plus celui du Comité consultatif sur l'aide financière aux études», a précisé Mme Marois. Elle a en outre offert un élément de réponse important en expliquant que des mandats actuellement sous la responsabilité de la CREPUQ seraient transférés littéralement vers ce Conseil des universités, «de telle sorte qu'on devrait être capables d'arriver à coût nul», a précisé Mme Marois.

10h10

Toujours dans cette première période d'échanges liés à la proposition en trois volets formulée par le gouvernement Marois, le président de la CSN, Jacques Létourneau, a rappelé le fait que les étudiants, au printemps dernier, «n'étaient pas dans la rue pour remettre en question la qualité de l'enseignement».

«Il faut réaffirmer haut et fort que l'enseignement supérieur au Québec c'est un service public. Il faut rappeler que nous avons encore des rattrapages importants à faire en matière d'accessibilité au Québec», a-t-il souligné, en insistant aussi sur le fait que toute modification à la gouvernance des établissements devrait se faire en tout respect du caractère collégial de l'administration, en ne négligeant pas les premiers acteurs des universités et collèges, soit les employés.

10h04
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a rappelé le fait que les universités étaient sous-financées, ce qui milite pour une annulation immédiate des compressions de 124 millions imposées aux universités pour la présente année financière. «Si on avait gardé les contrats de performance, il n'y aurait pas eu l'îlot Voyageur, pas les dérapages qu'on a connus», a-t-il lancé, en faisant allusion aux défunts contrats de performance qu'il avait lui-même lancés à l'époque où il était ministre de l'Éducation, au tournant des années 2000.

9h55
Les échanges sont officiellement ouverts après la présentation de cette proposition gouvernementale en trois volets, faite par la première ministre. Sur le souhait du gouvernement d'avoir une loi-cadre sur les universités, de créer un Conseil national des universités et de revoir la reddition de comptes, c'est la Conférence des recteurs et principaux d'université du Québec, représentée par Heather Munroe-Blum, qui a ouvert le bal.

«Soyons réalistes: en ce moment, nous ne faisons pas ce qu'il faut en ce qui a trait à la qualité. Nous devons mieux la financer, mieux la mesurer», a indiqué la principale sortante de McGill, qui avait durement critiqué la tenue de ce Sommet, l'associant même à une «farce» lors d'un passage récent au Devoir. «Nous proposons de créer des mesures incitatives liées au rendement.»

«Nous appuyons la création d'un organisme indépendant pour conseiller le gouvernement», a dit Mme Munroe-Blum, tout en donnant trois conditions: ce devrait être un organisme conseiller, respectant la mission propre à chacune des universités, et respectant aussi l'autonomie des universités. «Nous refuserons toute action qui remettrait en question tout mandat, responsabilité des conseils d'administration des universités.» La CREPUQ se dit en accord avec toute mesure destinée à alléger le processus de reddition de comptes.

9h42

Une suggestion de discussion vient d'être déposée par la première ministre Pauline Marois, pour lancer les échanges. «Nous déposons sur la table trois propositions», a-t-elle dit. L'adoption d'une loi cadre sur les universités, la création d'un Conseil national des universités et la révision de la reddition de comptes des universités.

9h37

La première ministre Pauline Marois s'est adressée aux participants du Sommet sur l'enseignement supérieur en exposant sa vision du sens de cet événement. «Nous avons une responsabilité collective envers tous les Québécois. Nous avons tous ensemble une obligation de réussite. À l'issue du Sommet, nous devons être en mesure d'aller de l'avant.»

Mme Marois avait un autre message à divulguer, insistant sur le fait que «pour aller de l'avant nous devons mettre l'accent sur ce qui nous unit. Cet exercice ne vise pas à tout régler en quelques heures», a-t-elle dit.

Le gouvernement Marois compte «assurer l'accessibilité et réduire l'endettement des jeunes». «En annulant la hausse des droits de scolarité, nous avons atteint une partie de nos objectifs. Nous sommes déterminés à augmenter l'accessibilité des étudiants, ceux de première génération en particulier.»

Enfin, elle a invité tout le monde à «faire preuve d'ouverture.» «Fixons-nous des objectifs communs et ambitieux pour qu'après le sommet on passe à une autre étape.»

Tout juste avant l'ouverture de l'événement, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, avait indiqué qu'il fallait «sortir des droits de scolarité pour avoir une discussion sinon, je vous le dis, on risque de tourner en rond aujourd'hui». «Il va falloir parler financement, gouvernance, qualité de l'éducation, des objectifs et des besoins.»

9h20

Le ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne a officiellement ouvert le Sommet sur l'enseignement supérieur, qui se tiendra à Montréal lundi et mardi, avec quelque 70 participants à la table de discussion, et quelque 350 observateurs et médias.

«S'il y a une chose dont je suis convaincu, c'est que les collèges et les universités ne doivent pas être instrumentalisés par quelque idéologie. Ce dont je suis certain aussi, c'est que nos collèges et universités ne doivent pas être des champs de bataille.» «Il faut donner un sens à ce qui s'est passé et à ce que nous allons décider ici. [...] N'oublions jamais que l'université n'est pas une entreprise, mais une institution. Une entreprise peut faire faillite, mais pas une institution.»

Devant la première ministre Marois, tous les participants et des observateurs de renom tel le professeur Guy Rocher, signataire du rapport Parent cité en exemple, le ministre Duchesne a invité les acteurs de l'éducation à «donner un sens à ce que nous entreprenons aujourd'hui».

9h12

N'entre pas qui veut à ce Sommet sur l'enseignement supérieur, dont le coup d'envoi est sur le point d'être donné à l'Arsenal, dans le quartier Griffintown de Montréal. Pour accéder au centre d'arts qu'a choisi le gouvernement Marois pour tenir cette rencontre de deux jours, les 350 observateurs, participants et médias doivent traverser plusieurs points de sécurité surveillés par un dispositif policier imposant. Les craintes d'un débordement, faisant suite à la crise sociale du printemps dernier, conjugué peut-être au fait que l'élection de la première ministre Pauline Marois fut teintée par un événement très violent, expliquent sans doute la quantité de vérifications effectuées à l'entrée — entrée seulement pour les accrédités, vérification des sacs, fouille.