La CSDM est invitée à ouvrir ses écoles aux enfants sans-papiers

Pour le collectif Éducation sans frontières, l’éducation est un droit fondamental, et il est inacceptable de priver les enfants sans-papiers d’un accès à l’école.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pour le collectif Éducation sans frontières, l’éducation est un droit fondamental, et il est inacceptable de priver les enfants sans-papiers d’un accès à l’école.

Une trentaine de personnes ont manifesté mercredi soir devant les bureaux de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour rappeler que les portes de l’école sont fermées aux enfants sans-papiers.

Le fils d’Alvaro a dix-sept ans. Le père, inquiet, ne peut donner son vrai prénom : lui et sa famille tentent depuis six ans, sans succès, de régulariser leur situation.


En attendant, leur adolescent fréquente une école secondaire. Mais faute de code permanent, il ne peut obtenir de bulletin, encore moins de diplôme. « Il ne pourra pas non plus aller au cégep », s’inquiète son père. Depuis quelque temps, la commission scolaire lui demande de lui faire parvenir les papiers d’immigration de l’adolescent. Faute de quoi, il faudra payer la scolarité…


Difficile d’estimer combien de jeunes se retrouvent dans la même situation. Selon le collectif Éducation sans frontières, de 30 000 à 40 000 personnes sans-papiers vivraient dans la métropole, dont de nombreuses familles. Invisibles, la plupart vivent dans la peur d’être retracées par l’immigration si leurs enfants fréquentent l’école, dit la porte-parole du collectif Romina Hernandez.

 

Un droit fondamental


« L’éducation est un droit fondamental : nous demandons l’éducation gratuite pour tous, de la maternelle à l’université », a lancé Mme Hernandez quelques minutes avant le début du Conseil des commissaires.


« Les chartes internationales garantissent le droit à l’éducation pour tous », rappelle Francis Lagacé, vice-président au conseil central de la CSN et responsable du dossier éducation.


Mais scolariser les sans-papiers de la métropole est un problème qui dépasse la juridiction de la CSDM. « La commission scolaire est très sensible à ce problème », a expliqué Normand Paris, coordonnateur au Bureau de l’organisation scolaire. Avec des collègues, il a d’ailleurs invité les manifestants à venir assister à la rencontre des commissaires. Selon M. Pari, la CSDM connaît quelques dizaines de cas, mais la plupart des parents ne se rendent même pas jusqu’aux portes de l’école. La commissaire Louise Mainville assure que la CSDM est ouverte à accueillir « tous les enfants ». Mais tant que Québec ne leur accorde pas de code permanent, la marge de manoeuvre reste très, très mince.

8 commentaires
  • Francois Parent - Inscrit 21 février 2013 08 h 17

    Illégale sur toute la ligne

    Ils revendiquent des droits dont ils ne possèdent même pas. Une personne illégale ne peux pas bénificier des droits du pays si elle est illégalement entré au pays. Comment subviennent-ils leurs besoins de base ? Travail t-il au noir ? Receçoive t-il de l'aide social et assurance maladie ? Comment voulez-vous recevoir un code permanent quand vous n'avez pas de papier pour prouver votre identité ?

    • Jean-Marc Chevalier - Abonné 21 février 2013 10 h 02

      On peut toujours discuter des responsabilités des adultes, mais dans cet article, il est question d'enfants qui sont déjà ici.

  • Cous Cous - Inscrit 21 février 2013 09 h 27

    La vie humaine

    Je tiens à faire remarquer à M. Parent les implications de ses propos. Des chartes des droits fondamentaux des êtres humains ont été créés afin de justement éviter ce genre de discours, et ça me désole que l'on n'en soit encore à les entendre de nos jours.

    Ces ententes avaient pour but de reconnaître des droits à tout être humain pour la bonne et simple raison qu'il est un être humain, et reconnaît entre autres le droit à la vie, à l'opinion politique, à l'association, et j'en passe énormément.

    Les manifestants se battaient donc pour que le droit à l'éducation ne soit pas brimé chez des êtres humains, car ils, tout comme d'ailleurs bien des gens, considèrent ce droit comme un droit fondamental, qui ne doit, qui ne peut être brimé, peu importe la situation. Les droits fondamentaux ne s'appliquent pas uniquement à ceux qui rentrent dans les normes, au contraire, si nous prenons l'exemple du droit à la vie, il s'applique surtout aux criminels, afin de leur reconnaître leur humanité, peu importe le jugement que nous pouvons porter sur eux. Encore là, il y a évidemment place au débat, mais refuser à des possibles immigrants illégaux des droits fondamentaux sous le prétexte qu'ils sont entrés illégalement au pays, probablement pour fuir le leur où les conditions de vies sont horribles, ça frôle largement la folie et, pour être honnête, ce sont des paroles dégoûtantes et répugnantes.

    Je veux bien comprendre que du haut de votre belle qualité de vie vous ne puissiez comprendre la lutte constante que de telles personnes maintiennent afin de ne serais-ce que vivre, mais de là à vouloir brimer leurs droits fondamentaux... Je n'ai sincèrement pas de mots pour exprimer ma tristesse de voir qu'il est même imaginable d'avoir un tel raisonnement, et de penser en plus avoir raison et agir dans le bien.

    Renseignez-vous avant d'énoncer des stupidités, s'il vous plaît. Merci.

    • Richard Laroche - Inscrit 21 février 2013 11 h 05

      Il y a une différence fondamentale entre immigrer pour "sauver sa vie" et immigrer pour obtenir de meilleures conditions de vie.

      C'est immoral de laisser quelqu'un mourir en lui interdisant l'accès à notre pays.

      C'est aussi immoral de vouloir délaisser ses concitoyens sans raison valable, simplement dans le but individualiste d'accéder à de meilleures conditions de vie que les autres sans participer à un effort collectif.

  • Richard Laroche - Inscrit 21 février 2013 09 h 54

    Abuse pas

    La souveraineté d'un pays et le contrôle des frontières est un droit fondamental, nous demandons des papiers vérifiés pour tous les citoyens bénéficiant de services publics.

    A part de ça, un parent qui retarde et met en péril l'éducation de ses propres enfants afin de couvrir ses manoeuvres douteuses d'immigration, c'est totalement immoral.

  • André J. Chrétien - Inscrit 21 février 2013 12 h 40

    la loi doit être respectée par tous

    Les lois et les règlements de notre pays doivent être respectées par tous, même par nous qui sommes ici depuis notre naissance! Les immigrants qui viennent ici doivent se soumettrent aux règles d'ici! Ce sont les parents de ces enfants qui ne sont pas corrects. Parce que nous sommes un pays démocratique, certains croient qu'ils peuvent baffoués nos lois comme bons leurs semblent! ça suffit la désobéissance! respecter notre droit, pensons à tous ceux qui viennent ici et qui sont respectueux des lois du pays!

  • Albert Descôteaux - Inscrit 21 février 2013 16 h 03

    Ecoles surpeuplées

    Que fait-on avec ces enfants "illégaux" qui résident dans des quartiers où les écoles sont déjà surpeuplées, où il y a des tirages au sort pour obtenir une place pour les élèves (bien légaux) hors-territoire? Il y a un monde entre l'idéal et la réalité. Ceux et celles qui ont des enfants dans les écoles de la CSDM savent bien que les ressources sont souvent limitées et d'admettre sans limites des illégaux augmenterait sérieusement la pression sur ces écoles.