MEDTEQ - Un consortium en technologie médicale voit le jour

Caroline Rodgers Collaboration spéciale
Plus de 600 entreprises et près de 15 000 employés œuvrent dans l'industrie québécoise des technologies médicales.
Photo: Agence France-Presse (photo) Kenzo Tribouillard Plus de 600 entreprises et près de 15 000 employés œuvrent dans l'industrie québécoise des technologies médicales.

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation/Recherche universitaire

Il y a quelques semaines, le gouvernement du Québec annonçait une aide financière de 2,5 millions sur deux ans pour la création du MEDTEQ, le Consortium de recherche et d’innovation en technologies médicales du Québec. Une trentaine de partenaires, universités, instituts de recherche, centres hospitaliers universitaires et entreprises s’unissent pour favoriser le développement de ce secteur en plein essor au Québec.


«Cela fait cinq ou six ans qu’on y travaille », dit Sabin Boily, directeur de l’innovation et des relations avec l’industrie à l’École de technologie supérieure (ETS). L’établissement fait partie, avec Polytechnique, des membres fondateurs du consortium.


« Avec la population vieillissante, les besoins sont grandissants. C’est un regroupement essentiel pour le Québec. Et pour une faculté de génie comme la nôtre, avoir des centres hospitaliers et des entreprises autour de la même table est fondamental pour développer des technologies et les transférer vers l’industrie. Toute la chaîne des acteurs impliqués sera présente : ceux qui développent des solutions, ceux qui les commercialisent et ceux qui les appliquent auprès de la population. »


Parmi les autres membres, outre l’ETS, on compte l’Université du Québec à Montréal, l’Université Laval, l’Université de Sherbrooke, Concordia, McGill, l’Université de Montréal, le CHU Sainte-Justine, le CHUM, le CUSM et une dizaine de PME du secteur.


Au Québec, plus de 600 entreprises et près de 15 000 employés oeuvrent directement dans l’industrie des technologies médicales. Les sommes investies généreront un minimum de 4,25 millions de dollars en projets de recherche effectués dans les établissements publics, selon le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. D’autres sources de financement compléteront le budget du MEDTEQ. Environ le tiers de ce budget sera fourni par les entreprises membres.


Les autres sources de financement sont des organismes subventionnaires fédéraux et provinciaux, comme les programmes du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, des Instituts de recherche en santé du Canada, ainsi que les Fonds de recherche du Québec en nature et technologies et en santé.

 

Objectifs


Les buts sont nombreux. « L’un des objectifs premiers du consortium est d’améliorer la qualité de vie des patients. On parle ici de sciences appliquées à court et à moyen terme pour les prothèses, l’imagerie médicale, les implants, les biomatériaux, les appareils et les outils diagnostiques, entre autres », dit M. Boily.


Ses autres buts sont de développer les connaissances, d’accélérer la recherche, de faire accepter les nouvelles technologies par le milieu et de créer de nouveaux marchés. Pour le milieu universitaire, il facilite le développement de la relève scientifique en formant du personnel qualifié. « Nous avons besoin de cette relève dans nos hôpitaux et dans le milieu industriel. Le meilleur transfert technologique qu’une université peut faire, c’est celui de ses cerveaux. À l’ETS, 75 % de notre budget vient de l’industrie, alors que la moyenne nationale avoisine les 18 %. Cela nous permet d’être à la fine pointe et d’attirer de nouveaux étudiants qui iront travailler dans le milieu. À l’ETS, certaines de nos équipes de recherche sont basées directement dans les centres hospitaliers universitaires. Et le fait d’être près de l’industrie permet à nos diplômés d’effectuer leurs stages en entreprise. Des regroupements sectoriels de ce genre sont extrêmement importants pour les universités. »

 

Besoins des patients


La synergie créée par ce maillage permettra de mieux servir les besoins des patients, croit M. Sabin. Au XXIe siècle, la multidisciplinarité est la clé pour résoudre les problématiques complexes. « Tous les domaines du génie peuvent être utiles dans le domaine médical. Prenons, par exemple, la logistique. On peut l’appliquer au secteur de la santé, pour réduire le temps d’attente dans les hôpitaux. »


Les entreprises du secteur en profitent également. « C’est important pour le Québec de développer des regroupements comme celui-ci dans des secteurs stratégiques et en plein essor. Pour les entreprises locales et les PME innovantes, cela peut servir de tremplin vers les autres marchés. Après avoir développé, testé et homologué leurs produits ici, elles peuvent ensuite les commercialiser à l’international. Nous pouvons être fiers de ce qui se fait ici en recherche et développement, et nous sommes bien positionnés pour tirer notre épingle du jeu dans le monde grâce à nos innovations. Avec le consortium, tous les ingrédients sont réunis. »


 

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