Frais engendrés par le conflit étudiant – Québec et les cégeps s’entendent

Les cégeps ont puisé dans le budget des «activités socio-culturelles» ou dans celui des «projets de développement d’activités conjointes», soutient le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Les cégeps ont puisé dans le budget des «activités socio-culturelles» ou dans celui des «projets de développement d’activités conjointes», soutient le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne.

La Fédération des cégeps s’est entendue avec le ministère de l’Enseignement supérieur au sujet du montant de la compensation qui lui sera versée en guise de dédommagement pour les frais engendrés par le conflit étudiant du printemps dernier.

Le dossier traînait depuis l’arrivée au pouvoir du Parti québécois (PQ). La Fédération des cégeps avait calculé que la grève étudiante avait coûté plus de 33 millions de dollars aux établissements. Une entente avait été signée avec le précédent gouvernement libéral afin que ce montant soit remboursé aux cégeps.


Mais le PQ affirme avoir eu une bien mauvaise surprise en arrivant au pouvoir. «L’entente avait été négociée avec l’ancien gouvernement, puis il n’y avait pas les fonds quand on est arrivés», soutient Joël Bouchard, l’attaché de presse du ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.


Le ministère ne pouvait alors s’engager à rembourser que 15 millions de dollars aux cégeps, au lieu des 33 millions prévus. Finalement, le ministère et les fédérations sont parvenus à un accord après plusieurs mois de négociations, en effectuant des ajustements comptables, explique Jean Beauchesne, le président de la Fédération des cégeps. «Il n’y a pas d’argent neuf, on a simplement négocié avec le ministère des réaménagements de programmes qui ont été décalés dans le temps, parce qu’on voulait absolument s’entendre dans nos établissements afin de ne pas avoir de litiges avec nos enseignants», explique-t-il.


Les cégeps ont puisé dans le budget des «activités socio-culturelles » ou dans celui des « projets de développement d’activités conjointes», soutient M. Beauchesne. À titre d’exemple, environ deux millions de dollars proviendront de l’enveloppe consacrée aux équipements des laboratoires. Selon les projections comptables, cette somme était destinée aux laboratoires, mais n’allait pas être utilisée d’ici la fin de l’année. En temps normal, ce surplus est reversé au Trésor. Mais le ministère a accepté que la fédération des cégeps puisse le garder, explique M. Beauchesne.


«On a bien pris soin de ne pas prendre des enveloppes dédiées aux services aux étudiants, […] le fait qu’il y avait 15 millions qui manquaient, cela hypothéquait l’embauche de nouveaux enseignants pour les prochaines années, alors nous, on ne voulait pas ça», soutient-il. L’accord avec le ministère n’étonne toutefois pas M. Beauchesne. «On s’y attendait, ça fait plusieurs semaines qu’on en discutait avec le ministère», affirme-t-il.


Le syndicat des enseignants craignait surtout que le ministère n’en profite pour réduire le nombre d’enseignants dans les années à venir, ou pour éliminer certains services aux étudiants. Mais la vice-présidente de la Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN), Michèle Thibodeau, est désormais rassurée. «Il n’y aura pas d’enseignants de moins pour continuer le travail dans les sessions et les années à venir […] On est très satisfaits de la conclusion», dit-elle. La FNEEQ, affiliée à la Confédération des syndicats nationaux, devait diffuser un communiqué lundi matin à ce sujet.

18 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 février 2013 04 h 10

    Différents gouvernements

    En deux phrases, voici la différence fondamentale des deux gouvernements nationaux :

    PLQ : L’entente avec l’ancien gouvernement, «il n’y avait pas de fonds.»

    PQ : le ministère et les fédérations sont parvenus à un accord, «On est très satisfaits de la conclusion».

    La souplesse. Va falloir s'habituer à ce nouveau genre de gouvernance.

    La politique peut être autre chose que du conflit. À part dans le lit, la rigidité n'est pas requise.

    Merci.

    • François Robitaille - Inscrit 18 février 2013 08 h 35

      C'est le temps qui a arranger les choses, pas le gouvernement en place. Il n'y avait pas vraiment d'autre solution, on parle de deux branches du gouvernement qui tire la couverture (CEGEP et Exécutif du gouvernement). Il n'y avait pas 36 solutions.

  • Julie Voyer - Inscrite 18 février 2013 05 h 02

    Les enseignants!!!!

    Ceux et celles qui encourageaient les étudiants à faire la grève (dans mon livre à moi, le droit de grève est accordée à ceux et celles qui sont syndiqués et à ce que je sache, les étudiants ne le sont pas), qui ont été payés à ne rien faire, qui sont même partie dans le Sud pour certains, ces enseignants-là auraient des comptes à rendre!!! Je me demande qui va rembourser les millions que ça a coûté à la Ville de Montréal? Qui va payer pour les hausses de prime d'assurance des commerçants, des propriétaires de voitures brisées? Ces derniers même qui ont subit des dommages encore une fois j'imagine?

    • Simon Lanctôt - Inscrit 18 février 2013 10 h 10

      Madame Voyer,
      Étiez-vous, vous-même cégepienne, au printemps dernier, pour affirmer que des profs ont encouragé des étudiantes et étudiants à faire la grève? Ils n'avaient pas besoin de nous: nous leur avons dit de s'informer et d'aller voter, mais aucun prof qui se respecte ne leur a dit quoi voter. Pas dans mes groupes, pas autour de moi, et pas un collégien à qui j'ai parlé ne s'est fait dire par ses profs quoi penser.
      Quant à votre livre sur le droit de grève, il n'est pas à jour. Faut-il être syndiqué pour faire la grève de la faim? Si votre livre était le dictionnaire, vous y verriez "grève étudiante", comme quoi c'est quelque chose qui existe.
      Ensuite, quant aux comptes à rendre: saviez-vous que dans plusieurs collèges, les professeurs ont travaillé pendant que les élèves étaient dans la rue? Réunions, comités et ainsi de suite, ça n'était pas leur grève et ils n'ont pas fait la grève. Quant à ceux qui seraient partis dans le sud, il faudrait que vous soyez plus précise pour que votre propos dépasse la médisance...
      De plus, vous voulez que les professeurs aient des comptes à rendre. À qui, à vous? Les profs sont-ils responsables des dommages que la ville a subie? N'oublions pas ce qui s'est passé, madame Voyer, ce ne sont pas les profs qui ont mis de l'huile sur le feu: les responsables des dommages sont le Parti Libéral du Québec, à cause de ses choix politiques et son entêtement, et le SPVM, à cause de sa délicatesse.
      Enfin, je tiens à vous faire remarquer que vous montez sur vos grands chevaux pour quelques vitrines et une ou deux voitures abîmes, pourquoi ne dites-vous rien des yeux crevés, des dents arrachées et de toutes ces côtes fêlées, qui va rembourser ça? qui sera imputable? Comme vous trouvez les profs coupables pour avoir soutenu les étudiants, êtes-vous responsable des violences physiques, vous, qui soutenez les libéraux et la police dans ce dossier?

    • Gabriel Auclair - Inscrit 18 février 2013 10 h 16

      Techniquement parlant, le droit de grève est retiré au travailleur non-syndiqué.

  • Marc Bégin - Inscrit 18 février 2013 06 h 08

    Et encore

    90 millions en sécurité publique ,maintenant 33 millions de plus pour les cours perturbés,plus des dizaines de millions en troubles sociaux et perte touristique.Tout ça pour créer un climat pour faire réélire les libéraux.Par contre,le gouvernement Charest a su économiser en retardant la commission sur la construction et les milliards$ en fraude de toutes sortes.Et cela a failli marcher!!!

    • Marc Bégin - Inscrit 18 février 2013 13 h 14

      Et j'ajouterais les coûts sociaux,les frais de cour,d'avocats,et pour nombre de jeunes les importants inconvénients d'un dossier judiciaire qui va les suivre longtemps.Faute en bonne partie d'un pouvoir manipulateur qui exacerbait les frustrations pour discréditer les oppositions.

  • Michel Lebel - Abonné 18 février 2013 08 h 22

    Le dindon!

    Tout le monde est content! Sauf le cochon de payeur de taxes qui est toujours au bout du compte le dindon de la farce! Ainsi va le Québec!

    • Solange Bolduc - Inscrite 18 février 2013 09 h 24

      Mais, M. Lebel, le PLQ avait même dit qu'il les payerait ces millions, avec un chèque sans fond !!

    • Michel Lebel - Abonné 18 février 2013 10 h 10

      Le PQ n'est pas obligé de suivre le PLQ! Diable! Mais le dindon de la farce demeure le contribuable, on n'en sort pas. Une stupidité demeure une stupidité, peu importe qui la fait!

      Michel Lebel

    • François Robitaille - Inscrit 18 février 2013 14 h 36

      M. Lebel a raison, c'est nous qui sommes au bout de la chaine de la machine à saucisses. On a beau accuser Joe à gauche ou Paul à droite, c'est nous qui payons.

  • André Michaud - Inscrit 18 février 2013 09 h 08

    Quel gaspilage

    Tout ce argent des contribuables aurait du logiquement aller pour améliorer l'éducation, pas pour la boycotter...!!