Martine Desjardins serait une députée «extraordinaire», selon Marois

Le mandat de Martine Desjardins à la tête de la FEUQ prendra fin le 30 avril.
Photo: Agence France-Presse (photo) Francis Vachon Le mandat de Martine Desjardins à la tête de la FEUQ prendra fin le 30 avril.

Martine Desjardins « serait extraordinaire » comme députée, a lâché samedi Pauline Marois alors qu’elle était invitée à commenter les rumeurs qui envoient la leader étudiante au Parti québécois (PQ), rumeurs que la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a « catégoriquement » niées.

La première ministre, qui assistait à la cérémonie de commémoration nationale de Richard Garneau à la Maison symphonique de Montréal, a toutefois refusé de commenter davantage ce dossier.

Son ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, a pour sa part fait valoir qu’il serait « prématuré » de parler d’une telle candidature et précisé qu’« à sa connaissance », aucune démarche n’avait été entreprise en ce sens.

Le député péquiste de Rosemont a néanmoins fait remarquer que les leaders étudiants avaient toujours eu leur place dans les rangs du PQ, citant notamment les anciens ministres Claude Charron et André Boisclair et la nouvelle recrue Léo Bureau-Blouin, qui était à la barre de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) avant de faire le saut en politique aux dernières élections. « Mais pour Mme Desjardins, ce n’est vraiment pas le moment », a-t-il ajouté.
 
Trop hypothétique

La principale intéressée abonde dans ce sens. En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, elle a balayé du revers de la main les informations véhiculées dans le quotidien La Presse samedi matin. « Je nie catégoriquement [avoir été pressentie], tous partis politiques confondus », a tranché Martine Desjardins.

« Je pense qu’on essaie, à une semaine du sommet [sur l’enseignement supérieur], de mettre plus de pression sur les acteurs qui y seront, mais il ne faudrait pas non plus véhiculer de fausses rumeurs. »

Martine Desjardins reconnaît d’emblée qu’une carrière en politique l’intéresserait. Elle ne s’en cache pas et l’a d’ailleurs évoqué dans plusieurs entrevues au cours des derniers mois. Mais la leader étudiante juge insultant que certains laissent entendre qu’elle tente de tirer profit de son actuelle position à la tête de la FEUQ pour se « monnayer une carrière politique ». Le mandat de Mme Desjardins à la tête de la fédération étudiante prendra fin le 30 avril.

Et si par la suite, elle devait effectivement se lancer dans l’arène politique, elle refuse de préciser sous quelle bannière elle le ferait — et ce, même si les positions qu’elle défend se rapprochent davantage des valeurs du PQ que de celles des autres formations politiques à l’Assemblée nationale.

« C’est vraiment hypothétique comme question, je n’y répondrai pas », a lancé Mme Desjardins, signalant au passage qu’elle était « contente qu’on reconnaisse ses compétences en matière d’éducation » lorsqu’on lui a rapporté les propos de Pauline Marois.
24 commentaires
  • Louka Paradis - Inscrit 18 février 2013 02 h 07

    Encore une rumeur

    Une autre rumeur pour tenter de discréditer, cette fois-ci, la porte-parole de la FEUQ. On essaie vraiment de nuire à ce sommet de tous bords tous côtés. Pas une journée ne se passe sans qu'un titre, de façon explicite ou sous-entendue, ne jette un pavé dans la mare. Quand ce n'est pas aux principaux acteurs que l'on s'en prend, c'est à l'ordre du jour non publié, au possible déroulement ou aux questions qui seront débattues. Ou encore, on dramatise les compressions temporaires pourtant inévitables pour cette année. On en fait le procès avant même qu'il n'ait lieu. Pourquoi tant d'acharnement à vouloir faire dérailler ce Sommet si important pour l'avenir de l'enseignement supérieur et partant, de la prospérité du Québec ? Je ne vois pas à qui cela pourrait profiter, y compris le parti de l'ex-gouvernement libéral : tout le monde y serait perdant. Je réitère ma demande d'hier : un peu d'esprit positif et de bonne foi SVP ! Et je ne parle pas de l'impartialité qui devrait avoir cours dans le merveilleux monde médiatique...J'ajoute que je ne peux qu'admirer la sagesse et l'intelligence de Martine Desjardins qui sait rester objective et qui ne verse jamais dans les attaques sournoises ni les jugements de valeur. Un véritable modèle pour tous, incluant les médias.
    Louka Paradis, Gatineau

    • Solange Bolduc - Inscrite 18 février 2013 09 h 19

      Même si ce n'est que rumeur, et je le crois, Mme Desjardins ferait une très bonne politicienne, je n'en doute aucunement.

      En fin de semaine, je suis tombée sur "Belle et Bumà Radio-Québec" , et j'y ai vu Léo Bureau-Blouin qui chantait et a joué du piano. Remarquable en tout ce jeune homme ! Et quelle classe !

    • J-F Garneau - Inscrit 18 février 2013 09 h 54

      Madame Paradis, j'ignore pourquoi vous qualifiez cette nouvelle de "rumeur"?
      "Martine Desjardins « serait extraordinaire » comme députée, a lâché samedi Pauline Marois..."
      ... et "Le député péquiste de Rosemont [Lisée] a néanmoins fait remarquer que les leaders étudiants avaient toujours eu leur place dans les rangs du PQ"

      Avouez qu'une situation pareille sous l'ancien gouvernement, et bien des commentateurs en ces pages seraient montés aux barricades! J'entend déjà les commentaires... tentative d'influencer, retour d'ascenseur promis.

      Madame Marois a possiblement raison que Mme Desjardins ferait une bonne députée (sous-entendu pour le PQ) le moment était peut-être mal choisi pour le clamer haut et fort. Je ne crois pas que ce soit jeter un pavé dans la mare que de rapporter l'histoire. Mme Desjardins a plutôt bien réagi à la situation. Mais c'est Mme Marois elle même qui a créé de toutes pièces cette histoire.

      Je suis par ailleurs entièrement d'accord avec vous, et il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur, et garder un esprit positif, peu importe de quel côté de la proverbiale clôture nous nous trouvons.
      Bien que ce sommet, promis et tant attendu, soit rendu un exercise plutôt rapide d'une journée et demie, il faut absolument en tirer le maximum, et si le momentum nous permet de continuer ce débat fondamental bien après le sommet, ce sera toujours bien ça de gagné.

      "Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté." -Churchill

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 février 2013 05 h 19

    C'est vrai

    C'est vrai que Martine ferait une très bonne députée, mais comme je le dirait à ma propre fille :« Laisses-toi pas faire, c'est toi qui choisi !»

    • Serge Marchand - Inscrit 18 février 2013 12 h 27

      Je ne crois pas que le qualificatif d'une députée «extraordinaire a déjà été utilisée pour Mme Marois. Je crois cependant que Martine Desjardins serait plus qualifiée comme première ministre que Mme Marois. Je crois aussi qu'elle redonnerait confiance en la politique.

    • Gilles Théberge - Abonné 18 février 2013 20 h 03

      Je n'irai pas aussi vite ni loin que monsieur Marchand, ne brûlons pas les étapes.

      Je crois néanmoins qu'il y a de la graine de chef en puissance dans cette jeune femme.

  • Michel Bédard - Inscrit 18 février 2013 08 h 48

    Carotte ou bâton...

    Le PQ, l'art d'empâter les tireurs de ficelles ou d'essayer de neutraliser ceux qui sont potentiellement dérangeants pour le pouvoir.

  • René Racine - Abonné 18 février 2013 08 h 52

    Échange de bon service, un poste politique avec ça !

    Martine n'a jamais appris à compter, à additionner, à soustraire, à multiplier, mais elle a appris à diviser... le mouvement étudiant en contrepartie d'une promesse électorale, une carrière politique. Et ce n'est même pas fait dans la subtilité.

    Tout un retour d'ascenseur si elle est fine, fine, fine, avec le parti québécois au pouvoir et son ministre de l'éducation. L'offre partisane monnayable pour sa bonne servilité est sur la table, sans aucune gêne devant public; et on parle de corruption des autres, mais celle par la mafia.

    Quelle tentative de corruption, au grand jour à part ça!

    Le travail d'un prochain gouvernement sera d'élargir la Commission d'enquête de la juge Charbonneau jusque dans le bureau de madame Pauline Marois pour connaitre les autres entourloupettes cachées, pour services rendus ou à rendre.

    Tout nous porte à croire que Martine Desjardins va vendre sa peau au plus offrant comme son ami Léo.

    • Jacques Boulanger - Inscrit 18 février 2013 10 h 01

      «Quelle tentative de corruption, au grand jour à part ça!» Contrairement au parti Libéral où tout se fait dans le plus grand secret et à l'insu de tous !

    • Christian Montmarquette - Abonné 18 février 2013 10 h 03

      À René Racine,

      C'est bien triste à dire, mais je suis bien d'accord avec vous Monsieur Racine.

      Et c'est d'autant plus consternant, quand on sait que Matine Desjardins s'était apitoyée sur le sort de Line Beauchamps, alors que le Parti libéral avait vargé à coups de matraques, de gaz et balles non létales sur les étudiants durant la grève.

      Christian Montmarquette
      Montréal

      Référence :

      «Les leaders étudiants ont été «très, très durs» avec Line Beauchamp, reconnaît Martine Desjardins


      http://www.ledevoir.com/societe/education/357063/l

    • Solange Bolduc - Inscrite 18 février 2013 17 h 47

      Je ne comprends pas cette mentalité ? On attaque la crédibilité d'une jeune femme sans aucun scrupule ! On voudrait détruire son nom et sa carrière qu'on ne pourrait faire mieux ! Qu'est-ce qui justifie tant de méchanceté gratuite ? A-t-on peur à ce point de Mme Desjardins et surtout qu'elle décide d'aller au PQ ?

      Mme Desjardins ne peut-elle pas être d'accord ou en désaccord sur bien des points avec un parti, une association, ou un individu, sans être obligée de l'être en tout?

      Pourquoi Mme Desjardins ne pouvait-elle pas dire qu'elle reconnaissait que les leaders étudiants avaient été durs avec Line Beauchamp, ce qui pouvait l'impliquer elle-même (?), si elle le pensait? Elle n'aurait pas le droit de s'exprimer franchement ? Remarquable de la part de Mme Desjardins d'avoir eu le courage de le dire !

      Il se peut aussi qu'avec le recul elle ait ressenti de la compassion envers Mme Beauchamps ? Pourquoi pas ? Et qu'est-ce qui empêche ce sentiment bien humain ? Faut-il passer son temps à garder rancune à quelqu'un, sans égard aux qualités ou à la sensibilité d'une personne comme Mme Beauchamps ?

      C'est quoi ce silence qu'on impose quand ça fait pas notre affaire ? C'est quoi cette idée de passer son temps à se méfier de tout et de rien ? Désolante mentalité !!!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 février 2013 05 h 59

      Mme Bolduc, les niveleurs vers le bas s'y trouvent déjà et n'ecceptent pas ce qui les dépasse. Ils se sentent menacés. «Désolante mentalité» et petitesse d'esprit.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 18 février 2013 09 h 50

    Persévérance universitaire: il y a eu maldonne

    Tout un message: Nadeau-Dubois devenu bureaucrate syndical, Léo-Blouin apprenti-député sans diplôme universitaire, et maintenant Martine qui serait "extraordinaire" avant même d'avoir mis à l'épreuve ses "théories" dans le milieu du travail.
    Comme encouragement à la persévérance au développement du savoir, on aura vu mieux.
    En réalité, c'est que le printemps-érable n'était pas un combat pour les études supérieures, mais l'action larvée de lobbys puissants (syndicats enseignants, le PQ populiste et tous les ayants-droit de l'État providence).

    • Louka Paradis - Inscrit 18 février 2013 10 h 45

      Et si c'était le parti qui vous appuyez qui attirait ces beaux jeunes, instruits, bien articulés et excellents communicateurs, vous en feriez l'éloge ; et vous féliciteriez votre parti de savoir attirer de si précieuses recrues. Le scandale est souvent dans l'oeil de celui ou celle qui regarde... Il ne faut pas voir des complots et des manigances partout : chacun a le droit à ses convictions et aux choix de ses causes. Nous sommes en démocratie, n'est-ce pas ?
      Louka Paradis, Gatineau

    • Laurence Cabanié - Inscrite 18 février 2013 11 h 47

      Bien dit madame Paradis.

    • Michel Bédard - Inscrit 18 février 2013 12 h 54

      @Louka: "Nous sommes en démocratie, n'est-ce pas ?" De l'aveuglement volontaire ou quoi ?

    • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 18 février 2013 13 h 42

      Mesdames, je ne leur demande pas de passer au parti libéral ou à la CAQ, mais je m'attendrais à une certaine cohérence. Les études universitaires, c'est super important, disaient-ils. Enfin, à travers la langue de bois, c'est ce que je pensais avoir compris.

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 février 2013 15 h 01

      Depuis quand faut-il un diplôme universitaire pour être député? René Lévesque n'en avait pas: il avait décroché de ses études de droit.

    • Solange Bolduc - Inscrite 18 février 2013 17 h 52

      C'est exactement ce que je viens d'écrire avant de vous lire ! Terrible mentalité !

    • Gilles Théberge - Abonné 18 février 2013 20 h 08

      Monsieur Saint-Cyr, elle ne pourrait pas passer à la CAQ ou au PLQ, cela signifierait qu'elle manque de jugement.

      Or c'est exactement le contraire qu'elle démontre depuis que la crise l'a mise en lumière. Beaucoup d'applomb, beaucoup de maturité, un jugement sur.

      Évidemment qu'elle ne pourrait pas passer à la CAQ ou au PLQ...