Une saison pour façonner son savoir

Normand Thériault Collaboration spéciale
L’École internationale d’été de Percé permet aux participants d’explorer le monde de l’architecture, de la peinture, de la calligraphie, de l’illustration, de la philosophie et de l’agroforesterie.
Photo: Marie-Andrée Doran Université Laval L’École internationale d’été de Percé permet aux participants d’explorer le monde de l’architecture, de la peinture, de la calligraphie, de l’illustration, de la philosophie et de l’agroforesterie.

Ce texte fait partie du cahier spécial Été 2013: écoles et camps

Que vous soyez petit ou grand, l’été venu, il n’y aura point de place pour l’ennui. Non, le temps des vacances n’est pas forcément un temps mort où on est condamné à ne rien faire, sinon se reposer. Car qui veut que l’été soit rempli, que ne cesse pas l’activité, qu’elle soit physique, mentale ou intellectuelle, doit savoir que les universités, les musées et le secteur des camps de vacances ont à coeur de combler ses attentes. L’offre est telle que le choix qui fera de son été un moment « actif » est devenu quasi difficile.

À elle seule, l’Université Laval met à son calendrier estival 63 écoles d’été. Et le CÉRIUM, à l’Université de Montréal, se désole d’une offre moindre qu’il explique par les compressions budgétaires qui frappent le monde universitaire : il n’y aura cette année que cinq écoles offertes, et non huit, comme l’année dernière.


Mais ce n’est pas tout : l’Université de Sherbrooke et l’UQAM sont aussi de la partie, en proposant une offre où, par exemple, les futurs avocats et toute autre personne s’intéressant au monde légal trouveront matière à étudier. On pourra même, au terme de ses études dans l’établissement estrien, étalées sur deux étés, décrocher pas moins de 36 crédits à inscrire à son dossier universitaire.


Les choses ne s’arrêtent pas là. Les jeunes aussi profitent d’une offre qui fait de l’été une saison où il fait bon apprendre.


Au camp !


En ces soirs de juin ou juillet, le soir venu, plus d’un parent se réjouira d’entrer à la maison : le rejeton n’aura-t-il pas rapporté en bandoulière de quoi nourrir toute la famille ? Voilà en effet le sort ce qui attend celle ou celui qui inscrit son enfant à l’Académie culinaire. Le jour durant, non seulement on y apprend à se nourrir intelligemment, mais on cuisine, si bien que la journée finie, le repas du soir, sur la table familiale, sera bien garni.


On le voit, le monde des camps de jour s’est diversifié. Pour vous en convaincre, allez faire un tour vers le site Internet de l’Association des camps du Québec. Vous constaterez que, certes, le camp traditionnel proposant baignades et autres activités de loisir est toujours là, mais qu’il côtoie aussi les camps où séjours linguistiques et activités culturelles sont à l’honneur.


Et les musées montréalais ne sont pas en reste. Le musée McCord ne transforme-t-il pas la rue Victoria en place publique, tandis que le musée Pointe-à-Callière envahit la place Royale ? Pour sa part, le Musée des beaux-arts de Montréal donne l’occasion de s’initier à des activités artistiques (et, surprise, on apprend que les plus nombreux à fréquenter de tels ateliers sont, tenez-vous bien, les visiteurs de l’extérieur de Montréal !).

 

À l’université !


Cependant, là où le paysage estival s’est le plus transformé, c’est sans doute dans les universités ou leurs prolongements hors de leurs campus habituels, ces derniers se situant même en Scandinavie, en Allemagne, en France, au Canada, francophone ou anglophone, et même en Asie, quand ce n’est pas tout bonnement au Québec : l’école d’art est ainsi un lieu que « squatte » l’été l’Université Laval.


Si l’École internationale d’été de Percé permet aux participants d’explorer le monde de l’architecture, de la peinture, de la calligraphie, de l’illustration, de la philosophie et de l’agroforesterie, il faudra toutefois se rendre en Colombie, plus précisément à Villa de Leyva, pour suivre « Traits des espèces : pour une approche fonctionnelle de la biodiversité ».


Et des déplacements sur la planète, c’est la moindre des choses pour qui veut suivre les enseignants que recrute l’Université Laval. Ainsi, sa Faculté des sciences de l’administration offre cet été des séjours d’étude au Mexique, au Pérou, à Kennesaw, dans l’État de Georgie, ou encore en Chine.


Des étudiants présents


Des cours denses sont ainsi offerts. Et la formule plaît, à en croire un Jocelyn Coulon, devenu directeur intérimaire au CÉRIUM de l’Université de Montréal, qui a pris le relais d’un Jean-François Lisée, rendu ailleurs. Parlant de ces écoles qu’organise l’établissement, ne dit-il pas : « Que ce soit auprès de la société civile ou des étudiants, le nombre d’inscriptions se maintient en général d’année en année. Pour aller passer six jours pendant les vacances à l’université de 9 h à 17 h, il faut vouloir ! De plus, souvent, nous réalisons que les gens reviennent d’année en année parce qu’ils veulent assister à des écoles d’été sur des thématiques différentes » ?


Tout le réseau universitaire se félicite de cette formule qu’est l’école d’été. Quand on se penche sur le nombre d’étudiants que celle-ci attire, le résultat obtenu est étonnant : à la seule Université Laval, il y aura cet été plus d’étudiants inscrits qu’il y en avait à l’Université de Montréal durant les trimestres d’automne et d’hiver il y a cela moins d’un demi-siècle.


Parlerons-nous d’un tel état de fait lors du Sommet de la semaine prochaine consacré à l’enseignement supérieur ?

À voir en vidéo