Compressions budgétaires en recherche - Le gouvernement Marois corrige le tir


	Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne dit avoir trouvé 26,5 millions $ à distribuer aux trois fonds de recherche et consortiums de recherche.
Photo: Le Devoir
Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne dit avoir trouvé 26,5 millions $ à distribuer aux trois fonds de recherche et consortiums de recherche.
Les compressions budgétaires en recherche passent de 63 à 38 millions $
 
Québec — Le gouvernement Marois recule devant le tollé et réduit les coupes exigées cette année au secteur de la recherche.
 
L'effort demandé aux chercheurs est ramené de 63 millions $ à 38 millions $, a annoncé mercredi le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.
 
En grattant les fonds de tiroirs, le gouvernement a trouvé 26,5 millions $ à distribuer aux trois fonds et consortiums de recherche. De ce montant, 8 millions $ iront au Fonds de recherche du Québec en santé (FRQS), rayant du même coup 80 $ de la coupe de 10 millions $ initialement imposée par Québec à cette filière.
 
Les chercheurs en santé, à l'origine d'une campagne-choc contre les compressions mettant en vedette une femme souffrant de cancer, ont salué en point de presse ce nouveau recul du gouvernement.
 
«Le gouvernement nous a écoutés, il a été sensible à nos demandes et nos demandes n'étaient pas énormes, ce ne sont pas des sommes importantes. On demandait simplement de reconduire nos budgets pour essayer de poursuivre nos activités de recherche sans coupes majeures», a dit le directeur du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec, Serge Rivest.
 
Compliqué

Sur les 26 millions $ alloués par le gouvernement pour réduire les compressions, 15 millions $ proviennent du fonds consolidé, 6,5 millions $ du ministère du Développement durable et le reste du ministère de l'Enseignement supérieur.
 
«On fait un bout de chemin, mais c'est très compliqué», a avoué le ministre Duchesne en faisant référence au contexte budgétaire dans lequel est plongé le gouvernement.
 
L'effort demandé aux chercheurs était «peut-être trop grand», a pour sa part admis la première ministre Pauline Marois en Chambre.
 
Accusée par l'opposition d'agir dans l'improvisation, Mme Marois a défendu le droit de son gouvernement de revoir ses décisions au gré des circonstances.
 
«Qu'en cours de route on soit capable d'être à l'écoute, on soit capable de comprendre que certains choix pouvaient être modifiés, qu'on pouvait apporter des améliorations, moi, je trouve qu'on devrait se réjouir de notre attitude plutôt que de la condamner», a-t-elle lancé.

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