Duchesne tranche: la gratuité ne sera pas à l'ordre du jour du Sommet

Québec — La gratuité scolaire ne sera pas à l'ordre du jour du Sommet sur l'enseignement supérieur, a tranché mercredi le ministre Pierre Duchesne.

Les tenants de la gratuité réunis au sein de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) pourront néanmoins faire valoir leurs arguments, a assuré le ministre de l'Enseignement supérieur en point de presse.

«S'ils veulent en parler, s'ils veulent développer et en faire la promotion, ils auront l'espace pour le faire, on n'a jamais empêché aux gens de pouvoir parler, on a multiplié les lieux de rencontres», a dit M. Duchesne avant la réunion hebdomadaire du conseil des ministres à Québec.

En outre, il a invité l'ASSÉ à présenter ses arguments sur la page Facebook conçue à cet effet.

«S'ils veulent discuter de plusieurs sujets, dont la gratuité, ils peuvent déposer des documents, des études, on a même une page Internet où la population peut déposer des mémoires et tout ça», a lancé le ministre.

Pour M. Duchesne, la gratuité n'est tout simplement pas envisageable dans un avenir prévisible compte tenu des moyens dont dispose le Québec.

«La proposition, ou je dirais l'approche du gouvernement là-dessus, est de dire qu'on ne peut pas se payer la gratuité d'ici le Sommet, c'est évident», a-t-t-il.

À la question d'un reporter qui lui demandait si la gratuité pouvait être envisagée à moyen terme, le ministre a répondu: «nous, je pense qu'on ne peut pas aller dans cette direction dans le cadre du Sommet».

L'épineuse question des droits de scolarité à la rencontre des 25 et 26 février à Montréal fera l'objet d'un éventail de propositions, mais la gratuité, l'ASSÉ devra s'y faire, ne figurera pas parmi elles.

«Entre la gratuité et des hausses excessives comme l'ancien gouvernement a imposé, il y a une autoroute à quatre voies. Il y a un paquet de suggestions qui peuvent être discutées: ça va du gel aux différentes formes d'indexation, aux modulations des frais de scolarité avant et après les études selon les disciplines. Il y a beaucoup de propositions sur la table», a dit le ministre.

L'ASSÉ pourrait fort bien claquer la porte, mais il ne s'agit pas du seul joueur à mettre en doute la validité de la «grand-messe» sur l'éducation annoncée lors de la dernière campagne électorale en réponse au « Printemps érable ».

Dans une sortie fracassante, la rectrice sortante de l'Université McGill, Heather Munroe-Blum, a qualifié l'exercice de «farce» et de «théâtre» où les débats sont «chorégraphiés à la minute près».

«J'espère que la blague est drôle», a laissé tomber M. Duchesne en guise de réplique aux propos de la rectrice.

«Je ne commenterai pas beaucoup là-dessus parce qu'il faudrait demander à tous ceux qui ont participé à l'exercice depuis le début ce qu'ils en pensent. Les gens ont participé, tous les partenaires étaient là, le dialogue est installé et il avance», a-t-il dit.

Par Martin Ouellet

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