Sommet sur l’enseignement supérieur - L’ASSE lance un ultimatum à Duchesne

Si la gratuité scolaire ne retourne pas sur la planche à dessin du Sommet sur l’enseignement supérieur, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) promet que des milliers d’étudiants enclencheront une grève le 26 février. Si l’indexation des droits de scolarité demeure l’option choisie au terme de cette rencontre de la fin février, il est déjà prévu qu’une « escalade des moyens de pression » surviendra.

Ce sont les avertissements que lance l’ASSE après son congrès de la fin de semaine, à Saint-Félicien, où l’organisation de 70 000 membres a passé une journée entière à discuter fiévreusement de sa participation - ou non - au Sommet sur l’enseignement supérieur, organisé par le Parti québécois pour résoudre une portion du conflit gangrené du printemps dernier. En a résulté une « position de compromis », a noté lundi l’un des porte-parole de l’ASSE, Jérémie Bédard-Wien. Le groupe lance un ultimatum au ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, en lui demandant de répondre à trois conditions, faute de quoi l’ASSE jouera les absents au Sommet.


Elle demande que la gratuité scolaire soit l’un des scénarios envisagés par le gouvernement, alors que Pierre Duchesne semble avoir plutôt écarté cette option ; que les modes de contribution étudiante envisagés lors du Sommet excluent toute hausse, l’indexation en étant une ; enfin, que des mécanismes d’assurance qualité ne puissent pas être reconnus au sein d’un éventuel Conseil des universités. Au cabinet du ministre, on a indiqué que celui-ci réagirait mercredi à cet « ultimatum », peu avant le début du Conseil des ministres.


Une journée de grève


Si le gouvernement demeure sourd à ces revendications, l’ASSE promet d’abord une journée de grève le 26 février, pour la tenue de la manifestation nationale Au Sommet de l’indexation, manifestons pour une éducation libre, accessible et gratuite. Trois associations membres ont déjà obtenu un mandat de grève d’une journée : les associations étudiantes du Cégep de Saint-Laurent, de la Faculté de musique de l’Université de Montréal et de l’École de service social de l’Université de Montréal.


Au cours des prochains jours et semaines, de nombreuses autres associations sonderont le coeur de leurs membres pour les convier à entrer dans la danse. « Si le ministre ne répond pas à l’ultimatum, il y a aura des milliers d’étudiants en grève le 26 février », prédit Jérémie Bédard-Wien.


Escalade de la tension


Dans le document de réflexion proposé par le conseil exécutif de l’ASSE pour alimenter le débat de la fin de semaine, on pouvait lire que « afin de construire un rapport de force assez grand pour convaincre le gouvernement de plier à nos demandes, nous devons mettre en oeuvre des moyens d’action combatifs qui ont déjà fait leurs preuves d’efficacité par le passé ».


Interrogé sur la perspective d’une grève générale illimitée du printemps 2013, M. Bédard-Wien réplique : « Je vous rassure, nous ne sommes pas en train de décréter la grève générale illimitée. » Il ajoute toutefois que le congrès de la fin de semaine s’est entendu pour une escalade des moyens de pression au cas où le Sommet ne déboucherait que sur des positions contraires à la gratuité scolaire ou prônant la marchandisation de l’éducation.

16 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 5 février 2013 08 h 15

    Un peu de calme!

    Le ministre doit certainement avoir peur, très peur! Que L'ASSE retrouve un peu de modestie!

    • Solange Bolduc - Abonnée 5 février 2013 21 h 33

      Le ministre est assez intelligent pour voir venir les coups, sans paniquer comme vous semblez le faire valoir, et cela pour le diminuer comme vous le faites constamment. Votre attitude à son endroit est outrancière !

      Le comportement et les menaces de l'ASSE étaient à prévoir ! Quand on passe son temps à menacer, c'est qu'on n'a aucune autre arme que celle-ci pour se défendre, et qu'on a bien du temps à perdre, et à faire perdre à ceux qui n'en sont pas conscients, hélas !

      Quand je pense que QS les encourage !!

  • Benoit Toupin - Abonné 5 février 2013 09 h 29

    La fin ou le moyen

    Il me semble que la position de l'ASSE l'enferme et risque de l'isoler inutilement. La gratuité des frais de scolarité étant un des moyens mais, non le seul, d'assurer l'accessibilité au savoir; l'accessibilité étant l'objet, la fin, de toute cette démarche de revendication étudiante. Prendre une position ferme sur un moyen d'atteindre l'essentiel c'est faire obstacle à la créativité d'un consensus porteur d'espoir.

  • Jacques Patenaude - Abonné 5 février 2013 09 h 43

    Que restera-t-il à L'ASSE si elle n'obtient pas gain de cause?

    « afin de construire un rapport de force assez grand pour convaincre le gouvernement de plier à nos demandes, ..... ».

    Pour construire un rapport de force, l'ASSE serait mieux de convaincre la population de la justesse de ses revendications. Pour celà il faut des dossiers bien montés. Où sont-ils ces dossiers? manifestement elle ne trouve pas celà important. Si la population n'est pas convaincue de justesse de sa solution que lui restera-t-il comme alternative après la prochaine grève?

    Pour moi c'est sur le plan du débat public que l'ASSE a lamentablement échoués. Bientôt ils ne leur restera plus d'autres choix que de tenter d'imposer ses idées à la population.

  • André Michaud - Inscrit 5 février 2013 09 h 56

    Menaces et ultimatum encore et encore

    Rien de nouveau chez l'ASSE, toujours concentrés sur les menaces et les ultimatums aux élus des citoyens. Une poignée de gens croyant avoir une mission révolutionnaire contre les élus des citoyens!!!

    Pour eux l'avis des citoyens et de leurs élus n'a aucune valeur, ce sont eux les porteurs de La vérité, et malheur à ceux qui pensent autrement que leur petit groupe.

    Une petite nouvelle pour eux, les citoyens sont pour au moins l'indexdation, et ils vainqueront!

    • Rodrigue Guimont - Inscrit 5 février 2013 15 h 34

      Curieux tout-de-même!

      Jérémie Bédard-Wein, "camarade", porte parole et secretaire aux finances au sein de l'ASSÉ aurait même en mai dernier réclamé une hausse de cotisations aux membres-étudiants de l’ASSÉ «histoire de permettre la diffusion massive de matériel d’information et la représentation à l’extérieur de Montréal alors que l’ASSÉ prend de nouvelles proportions».

      http://www.bloquonslahausse.com/wp-content/uploads page 11). Plus d'argent pour plus de propagande.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 5 février 2013 09 h 58

    Hilarant

    Il faudra alors que notre classe intello-médiatique s'interpose à nouveau entre le ministre Duchesne et les étudiants, proposant le sacro-saint compromis, comme au printemps dernier, alors qu'elle s'arrogeait le rôle d'un contre-pouvoir, ou d'un quatrième pouvoir (Radio-Canada). On proposera alors de couper à nouveau la poire en deux, quelque part entre l'indexation et la gratuité...
    Voilà la belle logique où nous mène le psychodrame des carrés rouges. Dans un cul-de-sac politique et social.
    Viive le pouvoir de la rue, diront nos plus éclairés comme Michel Seymour, en continuant de s'appuyer sur des philosophes comme John Rawls (Théorie de la justice) sans trop l'avoir compris, ou en ayant négligé de le lire complètement. Rawls insiste énormément sur le consensus dans "Libéralisme politique". Je comprends que ce consensus dépasse amplement le cercle des intellectuels de l'UQAM.

    • Jérémie Poupart Montpetit - Abonné 5 février 2013 20 h 12

      l'idéal de la gratuité scolaire est une noble cause, mais les moyens pour l'Atteindre sont un sujets à la critique.

      Quoi que je ne cautionne pas votre billet un peu trop cynique et désagréablement tendencieux (je suis un de ces fameux "intellectuels de l'UQAM", et je ne m'identifie pas du tout à l'ASSÉ dont notre association étudiante ne fait pas partie), il est vrai que l'ASSÉ semble se prévaloir d'une logique de justice et d'équité, tout en tentant des stratégies dignes de dictateurs (menace à tout vent, apparence de consensus alors que ce n'est qu'une frange des étudiants qui sont d'Accord, etc.).

      Peut-être faudrait-il entâmer un réel dialogue avant de discuter de menaces ? mais de grâce Mr. Saint-Cyr, ne jetez pas de l'huile sur le feu en qualifiant un grandiose mouvement social de "psychodrame des carrés rouges" et en associant l'ASSÉ à tout ceux qui se réclame de l'université "du peuple"...

      Jérémie poupart Montpetit