Droits de scolarité: il faut définir le concept de gel, croit le ministre Duchesne

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche ainsi que de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, annonce une aide financière au Consortium de recherche et d’innovation en technologies médicales du Québec. On le voit ici avec Jacques Millette, de Siemens.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche ainsi que de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, annonce une aide financière au Consortium de recherche et d’innovation en technologies médicales du Québec. On le voit ici avec Jacques Millette, de Siemens.

Après avoir écarté la gratuité au chapitre des droits de scolarité, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, estime maintenant qu'il faut définir le concept de gel de ces droits.

De passage à l'École de technologie supérieure de Montréal, mardi, pour une annonce, le ministre a indiqué que l'option du gel des droits de scolarité est toujours sur la table en vue du Sommet sur l'enseignement supérieur, mais il n'a pas voulu dire si la totalité des sommes versées par les étudiants demeureraient alors inchangées.

«Le gel fait partie des options à discuter, à exprimer, de voir qu'est-ce qu'on entend exactement par gel. Il y a des groupes qui veulent exprimer tout ça. Je leur demande [de venir nous l'expliquer]», a indiqué le ministre.

M. Duchesne a également invité les tenants de cette option, en l'occurrence les Fédérations étudiantes collégiale (FECQ) et universitaire (FEUQ) du Québec, à exposer du même coup les conséquences d'un tel modèle.

Parmi les autres options, celle de l'indexation semble intéresser le ministre au plus haut point, mais là encore, il s'agit d'une option à choix multiples, selon le ministre.

«Lorsqu'on parle d'indexation, il y plusieurs modèles: selon le revenu familial, selon le revenu disponible, selon l'investissement que le gouvernement peut mettre dans les budgets de fonctionnement.»

Quant au concept de modulation, avancé la veille par le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, Pierre Duchesne n'a pas caché qu'il avait peu de sympathie pour l'idée de créer des catégories d'universités. «La modulation sera discutée. Ce que je dis à M. Legault, c'est de nous expliquer quel type de modulation.»

«Il semble vouloir créer un statut plus favorable pour les grandes universités. Il définit des petites universités. Il y aurait des universités qui auraient droit à un espèce de statut de classe mondiale. Les autres universités, ce serait quoi? De seconde classe? Je demande qu'il nous explique», a déclaré M. Duchesne, invitant du même souffle le chef caquiste à venir se faire entendre au Sommet.

Cependant, le concept de modulation en tant que tel n'est pas à écarter, selon le ministre, qui a parlé de la possibilité d'appliquer une modulation des droits avant les études, ou après que celles-ci aient été complétées.
11 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 29 janvier 2013 15 h 22

    Beaux débats à venir!

    Quand on commence à vouloir définir les choses!De beaux débats en perspective! Je me demande bien ce que va donner finalement cette bouillabaise. Disons que je suis plutôt sceptique! Chaque jour, le ministre en ajoute à la perplexité! Sa devise: complexifions plutôt que simplifions!

    • Solange Bolduc - Abonnée 29 janvier 2013 17 h 34

      Si vous comprenez tous les sens des mots qu'on utilise ou comprend à tort ou à raison, c'est vrai que ça fait une méchante bouillabaise !

      Mais, si vous êtes capable de m'expliquer clairement le concept de "gel des droits de scolarité", je vous en serai très reconnaissante! Et le concept de modulation, également ?

      Quand on veut comprendre le vrai sens d'un mot, il faut souvent se référer à son contexte, mais parfois on s'embrouille aussi !

      C'est ça la sémantique ! Ça prend parfois des experts pour nous aider à débrousailler tout ça...

      Le Sommet est là pour éclaicir certains concepts, et discuter de l'avenir de nos universités, de leur financement, etc. Un peu de modestie et d'écoute de ce que les gens du milieu auront à nous apprendre, cela ne pourra nous faire de tort ! Je crois qu'on a besoin à ce moment-ci de notre histoire de faire le point sur l'Éducation supérieure, et les manifestations du printemps érable nous y invitaient indirectement!

  • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandière - Inscrit 29 janvier 2013 15 h 36

    Indexer, oui mais...

    Allons au bout d'une certaine logique, puisque personne parmi les étudiants n'est d'accord pour payer... Une proposition intéressante : à chaque naissance, créer une taxe à verser tous les ans qui permettra pendant plusieurs années de financer les éventuelles études que l'enfant pourrait faire plus tard. Évidemment, cette taxe sera prélevée même si le jeune ne fait pas d.etudes plus tard! Je pense que cette proposition est intéressante, elle a le mérite de diminuer le poids d'une facture universitaire déjà très lourd...

    • Georges Washington - Inscrit 29 janvier 2013 16 h 14

      Pourquoi compliquer la vie quand elle est déjà simple? Les frais de scolarité ne devraient être vus que comme un espèce de ticket modérateur, pas comme un moyen de financement des universités. Aujourd'hui, la large part des budgets sont payés à même les impôts des contribuables. Et ces impôts-là sont déjà modulés en fonction du revenu pour tous, incluant ceux qui ont fait des études en médecine, ingénierie ou autres. La répartition du coût du diplôme universitaire est déjà indirectement modulé par la perception des impôts une fois les étudiants sur le marché du travail.

      Il ne sert donc absolument à rien de constituer une cagnotte pré-études en essayant d'anticiper les coûts. Ce qui est plutôt odieux, c'est de voir ceux qui sont actuellement les payeurs de taxes et qui ont bénéficié de l'éducation bon marché exiger que les prochaines générations doivent payer plus qu'eux parce qu'ils veulent payer moins d'impôts.

      La recette de la CAQ ne fonctionne pas, le système d'éducation supérieure américain est en crise à cause de ça et la prochaine bulle boursière risque fort bien d'être constituée de tous ces prêts consentis à des étudiants qui une fois sur le marché du travail peine à joindre les deux bouts pour rembourser leur dette. La somme en jeu est colossale. Des étudiants se sont lourdement endettés et ne peuvent espérer un revenu conséquent.

  • Edouard Mercure - Inscrit 29 janvier 2013 15 h 38

    Modulations

    Sans connaitre les détails de l'idée d'une "modulation" des université de M.Legault, je trouve l'idée d'une "décentralisation de l'éducation" excellente. Quoi de mieux pour donner un plus grand accès tout en gardant un niveau d'éducation de renommée mondiale?

    • Georges Washington - Inscrit 29 janvier 2013 16 h 20

      La question qu'il faut plutôt se poser c'est pourquoi faut-il attirer des chercheurs de calibre international si pour le faire ce sont les étudiants qui doivent payer?

      En principe, ces chercheurs sont supposés attirer des subventions des organismes de financement de la recherche et des capitaux privés des entreprises. Ils sont supposés rapporter de l'argent à l'université, pas le contraire. Comment se fait-il que pour entretenir le modèle de M. Legault il faille aller chercher de l'argent dans les poches des étudiants?

      Et sachez qu'un chercheur de calibre international n'est pas automatiquement un pédagogue de calibre international dans son propre domaine. J'ai vu de nombreux professeurs de calibre international être de piètres enseignants.

      Alors, quand nous parlons de «niveau d'éducation de renommée mondiale», faudrait savoir qu'en réalité ce n'est pas du tout d'éducation qu'il est question ici, mais de recherche.

    • Georges Washington - Inscrit 29 janvier 2013 16 h 20

      La question qu'il faut plutôt se poser c'est pourquoi faut-il attirer des chercheurs de calibre international si pour le faire ce sont les étudiants qui doivent payer?

      En principe, ces chercheurs sont supposés attirer des subventions des organismes de financement de la recherche et des capitaux privés des entreprises. Ils sont supposés rapporter de l'argent à l'université, pas le contraire. Comment se fait-il que pour entretenir le modèle de M. Legault il faille aller chercher de l'argent dans les poches des étudiants?

      Et sachez qu'un chercheur de calibre international n'est pas automatiquement un pédagogue de calibre international dans son propre domaine. J'ai vu de nombreux professeurs de calibre international être de piètres enseignants.

      Alors, quand nous parlons de «niveau d'éducation de renommée mondiale», faudrait savoir qu'en réalité ce n'est pas du tout d'éducation qu'il est question ici, mais de recherche.

  • Philippe Fortin - Inscrit 29 janvier 2013 16 h 26

    Un sommet inutile ?

    Il me semble qu'il serait plus intelligent de commencer par trouver un point d'entente AVANT de commencer à parler de financement. Il a maintes fois été proposé de définir la mission des universités québécoises. Le faire, devrait permettre de trouver une base à laquelle ramener toutes les discussions et propositions. Ainsi, si une proposition va à l'encontre de l'objectif visé, elle peut être écarter facilement et selon des arguments rigoureux autre que : je peux pas faire ça.

    En débattant encore une fois sur la place publique avant le sommet... on va vite se rendre compte que le sommet était encore une fois une façon pour le gouvernement de gagner du temps et de revenir en arrière sur ses positions.

    • Solange Bolduc - Abonnée 29 janvier 2013 17 h 41

      Pas du tout d'accord avec vous, M. Fortin! J'ai plus confiance que vous en la sincérité du ministre Deschesne !

      Mais chacun a droit à ses propres perceptions! Je donne la chance au coureur en me disant qu'il ne peut que sortir du positif de ces rencontres et discussions au Sommet!

      L'éducation et la santé sont deux choses fondamentales dans nos vies, il vaut la peine qu'on s'y arrête sérieusement pour réfléchir aux emnjeux pour notre société et l'avenir de nos jeunes !

  • François Ricard - Inscrit 29 janvier 2013 16 h 47

    Le concept de gel

    Pourquoi les frais de scolarité, M. Duchesne, ne suivraient pas les saisons?
    Gel en hiver; dégel au printemps; fonte à l'été et regel à l'automne.