Une école «Waldorf» pourrait devoir fermer

« On n’a pas pu observer que le programme de formation de l’école québécoise était appliqué dans sa totalité à l’école », a expliqué au Devoir Patrick Mendez, directeur général adjoint de la Commission scolaire des Patriotes. « Les enseignants étaient davantage préoccupés par le curriculum Waldorf, et les enseignements du programme du ministère n’étaient pas perçus comme les plus pertinents et prioritaires. »


Des exemples ? En 4e et 5e année, en univers social, on accordait une trop grande importance à l’histoire ancienne comparativement à celle du Québec et du Canada. Le cours d’éthique et culture religieuse donnait peu de place à la dimension « éthique » et les ordinateurs n’étaient pas utilisés pour l’apprentissage.


Dès le début des années 2000, le ministère de l’Éducation avait commencé à signaler à l’école de la Roselière des lacunes dans l’enseignement du programme. En 2010, un directeur adjoint et un conseiller pédagogique ont été embauchés dans le but d’aider l’école à se conformer, sans succès, a constaté la commission scolaire, qui a finalement décidé de ne pas demander le renouvellement du permis au ministère de l’Éducation.


Fondée en 1997, l’école de la Roselière compte environ 150 élèves à qui elle enseigne selon la méthode initiée par le philosophe autrichien Rudolph Steiner, qui demeure controversée au Québec. Cette pédagogie vise le développement de l’enfant en mettant l’accent sur les arts (chant, poésie, dessin), les travaux manuels, l’eurythmie et la spiritualité.

 

En pleine explosion


Outre l’école de la Roselière, il existe au Québec trois autres écoles à pédagogie Waldorf, deux publiques et une privée. « C’est très triste ce qui arrive, car le Québec est l’un des endroits au monde qui n’arrive pas à accueillir ces démarches pédagogiques. Je ne comprends pas, parce que partout dans le monde, c’est en pleine explosion », a dit Irène François, spécialiste de cette approche et fondatrice de l’école Rudolph Steiner de Montréal en 1978.


Mme François s’étonne que la réforme, qui promettait d’être davantage en phase avec une telle approche, fasse la vie dure aux écoles Waldorf. « C’est un grand mystère », dit-elle. « Plus récemment, les choses se sont cristallisées dans le menu détail des objectifs, et il me semble que nous n’avons plus notre place. »


L’école de la Roselière sera encore ouverte à l’automne, mais la pédagogie Waldorf n’y sera plus enseignée. Une consultation sera tenue ultérieurement pour décider de son sort, qui pourrait être la fermeture, a confirmé la commission scolaire.

À voir en vidéo