Moisissures: des parents font pression sur Québec

L’école Saint-Gérard, dans le quartier Villeray, a été fermée en janvier 2012.
Photo: - Archives Le Devoir L’école Saint-Gérard, dans le quartier Villeray, a été fermée en janvier 2012.

Les parents d’enfants qui fréquentent les écoles montréalaises touchées par les problèmes de moisissures commencent à en avoir ras-le-bol des négociations qui n’aboutissent pas entre la Commission scolaire de Montréal et le ministère de l’Éducation. Tant et si bien que ceux dont les enfants vont à l’école Saint-Gérard demandent d’écarter la CSDM du processus afin de faire pression directement sur le ministère.


« On s’est rendu compte à quel point la CSDM n’a aucun pouvoir décisionnel sur ces cas-là, ni aucun pouvoir de persuasion », a dit Alex Benjamin, le président du Conseil d’établissement de l’école Saint-Gérard. « D’un autre côté, c’est le silence radio total de la part de Québec alors qu’il devrait pourtant nous parler à nous, les parents. C’est nous qui devrions être les interlocuteurs. »


Selon M. Benjamin, il faut que la partie de ping-pong entre les deux instances prenne fin. « C’est exaspérant de se faire renvoyer de l’un à l’autre, a-t-il avancé. Ils ne peuvent plus renvoyer la balle à la CSDM en disant qu’ils donnent déjà de l’argent pour rattraper le déficit d’entretien. »


Quatre écoles


Lors de la reddition de comptes de la CSDM mercredi soir, le président, Daniel Duranleau, a assuré que les négociations étaient « très intenses » entre son organisation et le ministère, laissant même entendre que le sort des quatre écoles montréalaises concernées (Saint-Nom-de-Jésus, Baril, Hochelaga et Saint-Gérard) allait être bientôt scellé.


Il n’a pas écarté la possibilité que certaines écoles ferment au profit de la reconstruction d’une école plus grande, qui regrouperait les élèves de plusieurs écoles. « Il y aura de l’enseignement primaire de proximité de qualité dans Hochelaga bientôt. On va regarder la meilleure forme. Est-ce en nombre d’écoles ? On va regarder ça », a dit M. Duranleau.


Même discours


Pour M. Benjamin, il est hors de question que Saint-Gérard ferme et que les enfants demeurent à l’école secondaire Georges-Vanier. Dimanche, plusieurs parents et élèves de son école, et d’autres des autres écoles contaminées, ainsi que des résidants de Villeray participeront à un pique-nique polaire dans la cour de l’école Saint-Gérard pour souligner « l’inaction » du gouvernement dans le dossier de cette école fermée depuis plus d’un an en raison de la présence de moisissures.


Jeudi, le ministère de l’Éducation n’a pas changé d’un iota son discours et maintient que la CSDM doit prendre ses responsabilités et se débrouiller avec la subvention de 59 millions que lui donne le gouvernement pour l’entretien de son parc immobilier. « Les commissions scolaires sont responsables de leur parc immobilier et doivent l’entretenir », a souligné Mathieu Le Blanc, l’attaché de presse de la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy. Selon la CSDM, la réfection ou la reconstruction des quatre écoles contaminées coûtera bien plus cher.


La CSDM a confirmé mercredi soir qu'elle avait été informée par la Direction de la santé publique (DSP) que l’école Louis-Riel, qui accueille temporairement les élèves de l’école Baril, était aussi contaminée. La DSP a recommandé que soient nettoyés les conduits d’aération, opération qui a commencé lundi dernier. Pour l’instant, il n’y a eu aucune directive exigeant le déménagement des élèves.

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Ce texte a été modifié après publication.
 

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