Accès à l’information - McGill: des étudiants nourris par l’esprit de vengeance?

Le torchon brûle entre l’Université McGill et certains de ses étudiants, qu’elle soupçonne d’avoir coordonné un acte de vengeance en l’inondant de demandes d’accès à l’information.

Les sommes débloquées pour recruter un nouveau principal, les frais de déplacement des administrateurs et le contenu du réfrigérateur de la direction sont autant d’informations que 14 étudiants désormais fichés dans une motion déposée à la Commission d’accès à l’information (CAI) ont souhaité obtenir. Le 7 décembre, McGill a demandé à la CAI l’autorisation de refuser de traiter certaines demandes d’accès, qu’elle juge trop nombreuses et systématiques. En 2011, le nombre de demandes était de 37; en 2012, il est passé à 170.


Olivier Marcil, vice-principal aux affaires externes à McGill, affirme avoir observé une «forte hausse des demandes» [...] «après les deux occupations [des bureaux de l’administration] et la grève étudiante». Il ne fait aucun doute que les demandes formulées sont abusives et s’inscrivent dans un geste concerté. «Ils savent pertinemment que leurs demandes sont trop larges, dit-il. Il y a une procédure à suivre pour permettre à un employé de répondre à la demande dans les délais prévus par la loi. Mais quand une demande est trop large, évidemment, c’est plus difficile. Ce n’est pas qu’on ne veut pas, mais c’est difficile.»


Christopher Bangs est l’un de ces 14 étudiants. Il recense depuis octobre les demandes d’accès qu’il publie ensuite sur son site Web, McGillileaked. Il nie tout acte de vengeance. «Je ne sais même pas de quoi ils parlent. Ce sont des gens [qui envoient les demandes] qui ne travaillent pas de concert. Il n’y a pas de conspiration, ces personnes-là sont simplement désireuses d’en savoir davantage sur McGill», lance-t-il.

5 commentaires
  • Robert Henri - Inscrit 22 janvier 2013 07 h 21

    :P

    McGill veut stopper ces demandeurs mais avec sa demande, elle veut probablement avoir plus de moyens de refuser de transmettre de l'information à laquelle tout le mone de droit. J'invite tous les lecteurs à transmettre quelques cinq, dix demandes d'accès à l'information chacun à McGill. Il faut battre le fer quand il est chaud.

    • Jean-Philippe Dion - Inscrit 22 janvier 2013 12 h 24

      Innonder McGill de demandes d'accès à l'information? Je doute de la démarche.. Cela ne ferait que donner des arguments en faveur de l'Université et l'obligerait à ignorer des demandes pertinentes.

    • Gilles Théberge - Abonné 23 janvier 2013 00 h 05

      L'université est tout de même tenue d'observer la loi monsieur Don. Comment et sur quelle base juridique peut-elle refuser de répondre?

  • Jean Guy Nadeau - Abonné 22 janvier 2013 12 h 14

    Toujours les mêmes cachoteries

    "Leurs demandes sont trop larges", dit le vice-principal aux affaires externes. C'est vrai: elles concernent: "Les sommes débloquées pour recruter un nouveau principal, les frais de déplacement des administrateurs et le contenu du réfrigérateur". Très large, en effet.

  • Richard Laroche - Inscrit 22 janvier 2013 12 h 42

    La guerre de l'information

    Ne faites jamais confiance à celui qui prétend vous tenir dans l'ignorance pour votre bien.

    Le 4ème pouvoir en plein terrain de bataille. On assiste au rééquilibrage, un rappel à l'ordre après une longue dérive d'oligarchie. L'action des étudiants est symbolique.

    Au 18ème sciècle, après les grandes révolutions, le citoyen avait non seulement le droit, mais le devoir de se mêler des affaires publiques et d'avoir accès aux informations. Même les fils diplomatiques étaient diffusés publiquement dans les journaux.

    Le monde a bien changé. Depuis quelques années, l'État tente d'entrer dans la vie privée des citoyens et favorise confidentiellement certains groupes à travers le corporatisme.

    Il est temps que les affaires publiques redeviennent publiques pour chaque sous de nos taxes, pour chaque mot de nos lois et traités.