1420 Mont-Royal: l’UdeM ne vend plus à Catania

L’Université de Montréal a toujours l’intention de vendre l’ancien couvent des soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, mais ce n’est pas le Groupe Catania qui s’en portera acquéreur. Visiblement dans l’embarras, le Conseil de l’Université a fait savoir vendredi qu’il avait décidé de ne pas prolonger au-delà du 31 décembre l’entente avec Construction Frank Catania Associés, qui voulait faire des condos de luxe dans ce bâtiment patrimonial, situé au 1420, boulevard Mont-Royal, à Outremont.


L’Université de Montréal explique qu’elle annule l’offre d’achat parce qu’elle a perdu espoir que la transaction se conclue, en raison de procédures judiciaires qui bloquent la vente. « La décision a été prise en raison des incertitudes soulevées par les procédures judiciaires intentées par différents groupes », a dit le porte-parole de l’UdeM, Mathieu Filion.


Il ne nie pas que le non-renouvellement de contrat soit lié aux soupçons de corruption qui pèsent sur le Groupe Catania, dont les liens avec la mafia ont été mis au jour à la commission Charbonneau. « Les allégations, ça fait partie des éléments, mais c’est l’ensemble des éléments qui nous a fait prendre cette décision », a précisé M. Filion. La Presse avait révélé le mois dernier que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) s’intéressait actuellement au dossier de vente avec Catania.


Le prix de vente convenu avec Catania était de 28 millions. Mais un calcul tenant compte des rénovations partielles et de l’entretien et des mensualités versées par l’entrepreneur à l’Université montre que cette dernière aurait fait une perte d’environ 10 millions, ce que nie l’UdeM. « C’est difficile à dire s’il y a eu des pertes. […] On va voir le prix qui va être offert par d’autres groupes », a dit M. Filion. D’ici là, l’Université devra débourser 55 000 $ par mois rien que pour chauffer la bâtisse qui héberge un groupe de recherche scientifique. Le coût total de l’entretien aurait été évalué à plus d’un million par année.

 

Toujours en vente


Malgré un manque d’espace, l’UdeM compte toujours se départir le plus vite possible de cet ancien couvent et va de l’avant avec son projet de campus à l’emplacement de la gare de triage à Outremont. Elle estime qu’il ne serait pas économique de rénover l’édifice du 1420 Mont-Royal pour en faire un pavillon des sciences.


Michel Seymour, professeur de philosophie militant au sein du groupe qui souhaite que l’UdeM conserve l’édifice du 1420 Mont-Royal, ne se dit pas surpris que l’entente avec Catania prenne fin. « Malheureusement, ils maintiennent la décision de poursuivre avec la vente et nous croyons qu’ils se trompent », a-t-il soutenu. Selon des calculs que des architectes de son groupe ont effectués, l’Université « ment » en prétendant qu’il en coûte plus cher de rénover que de construire à neuf.

11 commentaires
  • Denis-Émile Giasson - Abonné 8 décembre 2012 08 h 52

    L'Université de béton

    Quand l'appétit insatiable en béton et en expension territoriale des universités québécoises aura-il de cesse? Vous habitez Montréal et vous voulez étudier à l'université Laval, pas de problème son campus de St-Eustache au Nord-Ouest de Montréal vous ouvre ses portes. L'université de Sherbrooke vous titille la curiosité, pas plus de problème vous n'avez qu'à aller à Longueil. Et c'est comme cela partout. Pourtant le montréalais a 4 grandes universités et nombre de grandes écoles nationales à portée de métro.
    Il semblerait que ces universités qui multiplient les campus hors campus se disent exangues? Ne seraient-elles pas mal gérées, pratiquant une sorte de réseautage non pas interuniversitaires mais plutôt associé au type de développement des affaires du type grandes surfaces, une «walmartisation» de l'enseignement supérieur de premier cycle, où ces pseudo bâtisseurs de savoir se dotent à prix d'or de petits royaumes si rémunérateurs. Il est temps que cela cesse car elles finiront par tuer le cochon d'or payeur de taxes.

    • maxime belley - Inscrit 9 décembre 2012 19 h 08

      ben là les gars de l'institut économique voulaient de la compétition dans l'offre de service, le problème c'Est que quand des institutions publiques entrent en competition c'est toute la population qui paie une surenchàre aussi nuisible qu'innutile

  • Louis Bourque - Inscrit 8 décembre 2012 09 h 28

    Se soulager moralement

    L'université de Montréal est liée par obligation morale (?contractuelle) aux cessionnaires du bâtiment, les Soeurs grises. Ce bâtiment fut cédé sous condition de servir à des fins éducatives.

    L'université devrait rétrocéder le 1420 Mont-Royal à la communauté religieuse. De bonne foi, il est à parier qu'elle en fasse elle-même une école, une résidence étudiante ou une mission destinée à aider les personnes moins favorisées à s'accomplir.

    Du reste, l'appétit de l'Université de Montréal pour les plus-values foncières doit être mis en cause. Les universités jouissent de pouvoir d'expropriation dans un périmètre restreint entourant leur campus. Il est inadmissible que ce pouvoir (affectant les conditions d'indemnisation) serve à fommenter des opérations foncières sans rapport avec la mission des universités.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 8 décembre 2012 14 h 13

      Cette communauté est celle des Soeurs du Nom de Jésus, et non les soeurs grises.

    • Gilles Théberge - Abonné 8 décembre 2012 22 h 29

      On commence à avoir l'impression que les universités sont des agents d'immeubles. Et il semble qu'il ne sachent pas compter. C'est sans compter justement que mine de rien ils sont en train de dilapider une partie de notre patrimoine au profit d'entrepreneurs véreux pour des condos.

      Est-ce qu'on peut encore descendre plus bas vous pensez ou bien sommes-nous en train de toucher le fond du baril de l'incompétence?

  • Serge Grenier - Inscrit 8 décembre 2012 09 h 48

    Plus aucune confiance

    Je ne vois pas comment on peut continuer d'accorder quelque crédibilité que ce soit à la direction de l'Université de Montréal.

    Au lieu de défendre ses étudiants, elle leur a envoyé l'escouade anti émeutes. Au lieu de défendre son patrimoine, elle veut le brader à la mafia.

    On s'en fout des millions quand l'oligarchie nage dans les trillions.

  • Roland Guerre - Inscrit 9 décembre 2012 01 h 08

    Pour la vocation universitaire du 1420

    Une étape est franchie. Mais elle demeure insuffisante au regard des besoins de l'Université, des possibilités qu'ouvre la réhabilitation de ce patrimoine inestimable. Le "1420" doit garder sa vocation universitaire et culturel. Pourquoi ne pas développer la part accordée aux équipes de recherche, implanter la bibliothèque universitaire dans cet ensemble ? Pourquoi ne pas donner une part plus importante à l'imagination au sein du conseil qui administre l' Université ?

  • martin grenier - Inscrit 9 décembre 2012 09 h 30

    catania

    Ça commence a se réveiller on ne vend plus a catania