Les recteurs crient à l’impossible

Les recteurs estiment qu’il leur sera « impossible » de faire l’effort budgétaire demandé par Québec. La présidente du conseil d’administration de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Luce Samoisette, a déclaré que couper 124 millions en cours d’exercice, soit le montant des compressions qu’on leur impose jusqu’à la fin de leur année le 30 avril, affectera profondément la qualité des universités.

« Les dépenses pour les huit premiers mois sont déjà engagées, et en janvier, on a déjà pris nos engagements. On peut toujours faire des choses, mais pas de cette ampleur-là », a dit Mme Samoisette, au sortir d’une rencontre du C. A. avec tous les recteurs. « Faire un effort dans une fin d’exercice, c’est impossible. » Le montant des coupes des budgets de recherche demeure toujours inconnu, a-t-elle précisé.


Sans toutefois aller jusqu’à boycotter le Sommet sur l’éducation supérieure, les recteurs ont indiqué qu’ils allaient consulter leurs conseils d’administration respectifs et tous les partenaires de la communauté universitaire pour décider de leurs moyens d’action. « Ça pourrait être des actions concertées », a souligné Mme Samoisette sans en dire plus.


L’inquiétude des recteurs est d’autant plus grande que la situation risque d’empirer l’an prochain, selon ce qu’ils se sont fait dire par Québec. Le climat de la rencontre du Sommet sur l’éducation la semaine prochaine sera « teinté » du mécontentement provoqué par les compressions. « C’est bien évident que ça va revenir sur la table la semaine prochaine », a-t-elle noté. Les représentants étudiants voient dans ces coupes des signes que les dés sont pipés pour les discussions à venir.


Voyant que plusieurs ministères sont dans le même bateau, l’effort à faire « prend une coloration différente », admet le président du Syndicat général des professeurs de l’Université de Montréal, Jean Portugais. Et puisqu’il y a effort à faire, il se dit convaincu que des économies qui peuvent être réalisées dans l’administration, qui représentait 48 millions dans le dernier budget (2011-2012) de l’université, dont 5,7 millions pour le rectorat. « Ça me renverse », a dit M. Portugais.


La présidente de la CREPUQ prétend qu’il n’y a aucun gras à couper dans les administrations des universités qui sont « à l’os ».

 

Les cégeps aussi touchés


L’effort demandé aux collèges pour l’exercice en cours est de 21,5 millions (jusqu’au 30 juin), ce qui engendrera « des décisions déchirantes », selon Jean Beauchesne, président-directeur général de la Fédération des cégeps.


Il s’inquiète des coupes à venir pour le prochain budget 2013-2014. « On nous dit qu’il y a une augmentation des budgets de 1,5 %, mais juste pour payer les augmentations salariales prévues aux conventions collectives, ça prendrait 1,74 % de majoration. Et je ne parle même pas des bâtiments », a dit M. Beauchesne.


Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, aurait consenti à payer la moitié des sommes supplémentaires encourues par la grève et pour le rattrapage des cours, tant pour les cégeps que pour les universités, ce que déplore Mario Beauchemin, président la Fédération des enseignants de cégeps.

2 commentaires
  • Rodrigue Guimont - Inscrit 7 décembre 2012 09 h 00

    un début...

    Les recteurs et doyens de plusieurs universités québécoises pourraient commencer par couper court à des voyages en groupes dans le sud en hiver sous prétexte de recruter des étudiants étrangers.

  • Marc O. Rainville - Abonné 7 décembre 2012 10 h 37

    Couper dans le gras

    Je recommande aux recteurs de se présenter avec leur boîte à lunch au prochain Sommet sur l'instruction publique. M. Guimont leur reproche à raison d'effectuer des voyages dans le Sud sur le bras. Josée Boileau en éditorial mentionne leur rénumération excessive. J'ajouterais à la liste de la honte, ceci : Comptes de dépenses leur permettant de fréquenter quotidiennement les meilleures tables de la métropole, allocation de transport, abonnement institutionnel à un et parfois deux clubs privés, prime de séparation, régime de retraite. J'aurais pu ajouter un qualifiactif à chacun de ces privilèges d'un autre âge. J'engage la CREPUQ à s'abstenir de parler de l'os ou du gras. Il y a des propos qui sont comme des gifles, de la provocation.