La vague de désaffiliation à la FECQ se poursuit

La présidente de la FECQ, Éliane Laberge
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La présidente de la FECQ, Éliane Laberge

La crise de confiance au sein de la Fédération étudiante collégiale (FECQ) prend de l’ampleur. Après les départs des étudiants des cégeps de Granby et de Rimouski, c’est maintenant au tour de ceux du cégep de Saint-Hyacinthe, qui était le fief de l’ex-président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, de décider par voie de référendum s’ils demeurent affiliés à leur fédération. Cette décision a été prise mercredi lors d’une assemblée générale du Regroupement des étudiants du cégep de Saint-Hyacinthe (REECSH).

Les étudiants du cégep de Rosemont, un autre château fort et fief de la présidente actuelle de la FECQ, Éliane Laberge, pourraient aussi se désaffilier. « On avait des discussions pour le faire jusqu’à ce que Rimouski nous montre l’exemple que c’était possible », a dit Luis Aranguiz, étudiant en sciences de la nature au cégep de Rosemont, à la tête d’un groupe externe à l’exécutif de l’association étudiante qui plaide pour la désaffiliation.

 

Pas pendant la grève


Selon lui, l’insatisfaction à l’égard de la FECQ ne date pas d’hier, mais les associations étudiantes n’ont pas voulu se désaffilier pendant la grève pour ne pas affaiblir le mouvement. « Pendant la grève, la FECQ n’était pas à l’image de ce qu’on vivait comme étudiants. Ils ont signé des chèques en blanc à Juripop, ont mis des bâillons et tenu des réunions à huis clos », a poursuivi M. Aranguiz, visiblement mécontent.


Pour le moment, il dit faire de la publicité pour que les étudiants soient nombreux à l’assemblée générale du 12 décembre afin de pouvoir voter pour tenir un référendum au cours des prochains mois, ce qui provoque certaines frictions sur le campus. Les règlements et statuts de l’association, qui compte 20 000 étudiants de Cégep@distance, en plus de ses quelque 3000 étudiants, ne rendraient pas la désaffiliation facile.


Selon Émilie Joly, présidente de l’Association générale des étudiants du Collège de Rosemont, la campagne sur un référendum de désaffiliation ne peut pas commencer avant que cette proposition n’ait été entérinée.


La menace plane dans d’autres collèges, notamment à l’École nationale en aérospatiale (campus du cégep Édouard-Montpetit) et au cégep de Chicoutimi, où des référendums se tiendront prochainement. Une assemblée est par ailleurs convoquée le 12 décembre au cégep Édouard-Montpetit pour décider de la tenue d’un référendum.


La présidente de la FECQ ne s’inquiète pas de ces menaces de départs. « Il y en a qui ont le goût de poser des questions et sont frustrés, c’est correct. Ce sera aux étudiants de décider si ça vaut la peine de tenir un référendum [et de se désaffilier] », a dit Éliane Laberge.

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